‹ Cours d'histoire ancienne: Introduction à l'histoire de l'Asie OccidentaleChapitre 11 sur 45 · Un événement fatal mit fin à cette unité per · texte numérisé non relu

Un événement fatal mit fin à cette unité per

(85) sislante de la société islamique. Cet événement , le plus important, sans aucun doute; de tous ceint qui ont frappé la moderne Asie, est la destruction du khalifat par HoulagOu^ petit-fils de Gengis-Khan. Au moment où V Orieïit commençait à respirer de l'effroyable ^dévastation qui avait sigqalé L'inr vasion de l'aïeul , la prise de Bagdad et le meurtre du. khalife vinrent anéantir les espérances d'un .meilleur sort que faisaient concevoir les qualités sociales du petit-fils de Gengis-Khan. Le caractère de cette révolution , ce qui la distingue de toutes les précédentes, c'est que les Mongols, destructeurs du khalifat, appartenaient aune race toute nouvelle dans t'Asie occidentale, et qui n'avait pas épouvante Je monde de l'antique civilisation.

Pour bien apprécier tout ce que l'invasion mongole apportait d'éléments nouveaux dans la société asiatique, il faudrait, je l'avoue , mesurer jusqu'à quel point les Turks , prédécesseurs des Mongols et moins nuisibles qu'eux , quoique déjà marqués d'un sceau indélébile de barbarie, participaient, par leur origine et leur organisation , de la* race pure Japétique, seule connue à l'ancien monde. Mais ici j'ai le malheur de me heurter à une énigme que la science des orientalistes modernes n'a pas jusqu'à présent résolue. Abel-Rémusat, dansses Recherches sur les langues tariares (1), Klaproth dans ses Tableaux lùstoriques de ÏAsie (2),' ont certainement avancé la question. Nous savons au-r jourdhui que les Turks ne sont pas des Mongols

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pui* : mais nous ignorons s'ils ne tiennent pas , au moins par un côté , à la race mongole. Les traits du visage réguliers , le nez souvent aquilin nous rappellent le beau type Japétique ; les jambes courtes , le corps disposé à F obésité sont des traits de -conformité qu'ont les Turks avec les Mongols. Turks et Turkomans , tous les aventuriers de ce totàift qui ont couvert les trônes de l'Asie et qui à eux seuls ont occupé l'histoire autant que les Persans, les Kurdes, les Mamelucks réunis, nous apparaissent comme des hommes d'un caractère métis y qui à leur origine sans doute n'avaient rien de Japétique , dont le* point de départ était peutêtre la race Ouralienne ou Permienne de quelques classificateurs modernes, assez étroitement apparentée avec la Mongole, mais qui, dans le cours de leurs migrations et la durée de leurs établissements /se sont mêlés à tant de femmes du plus pur sang Japétique, qu'il en a passé, dans leur organisation morale comme dans leur constitution physique, quelques inspirations plus douces, quelque chose d'un tempérament plus propre à la civilisation.

Ainsi, par l'influence des Turks, l'antique physionomie de l'Asie éprouve quelques modifications, sans pour cela que les traits les plus essentiels en -soient effacés. Mais quand arrive le Mongol, le vieux monde s'abîme , et la barbarie brutale n'a "plusM'autre remède que la demi-civilisation Thibétaine ou Chinoise. En vain l'Asie espére-t-elle que ce flot de mort est le seul qui doive passer sur sa tête, l'invasion Mongole l'a frappée de deux coups

dentelle ne se relèvera plus. L'Asie occidentale avait une barrière de populations énergiques dans les vallées de la Transoxiane, etGengis qui tuait par millions les peuples de ees vallées, à tpaniformé la barrière des peuples en une ceinture impuissante j de diserts. Gent ans plus tard , Tamerlan , autre / chef de Mongols destructeurs, passera sans obstacles / sur les os blanchis des Khorasmiens. L'Asie a*%it un pouvoir religieux autour duquel, dans les nu* menta de danger, se groupaient les efforts de la défense commune , et le pétât-fils de Gengis, eft tuant le dernier khalife, a aboli le khatifat.

6. Et qu'on aes'imagine pas que tout le mal causé par cet acte de violence se bornât aux conséquentes religieuses de la mort du khalife; avec lui r Islamisme ne périssait pas ; il restait à cette religion plusieurs siècles encore de ferveur religieuse à parcourir* Des prince^d'une singulière t'igueurmorale, les ûl$dOt-: man, allaient se porter héritiers du Pontife , et réunissant de nouveau dans leurs mains la puissance spirituelle à oelle des armes, faire sentir de plu) prés à l'Europe les attaques des ennemis de la foi chrétienne. Mais ftvee le khalife, le dernier prestige de Bagdad était tombé; Bagdad cessait d'être capitale et passait au rang de chef-lieu dune simple province. Quand à la chute des Geftgiskba&ufcs eut auptédé celle des fils de Timour > quand les hordes <{es Turkomans > filles de tant de guerres > se fur rent entretuées, comme les Spartes de la fable thé* haine , il ne resta plus sur le théâtre de l'Asie oc* oidantale que deux ennemis en présence t les So~ pfcî» 4d:l**8? , jpàmm mr teiu» monta et feihleç

(;W) ati-delà, suspects bailleurs au reste du monde mit* snlÉiaii, par l'hérésie Chitte qu'ils avaient embrassée ; et les Turks Ottomans, vaillants soutiens de la foi orthodoxe, mais qui de Con&tantinople , dont ils avaient fait la conquête , réagiraient sur l'ancien centre, comme aurait pu le faire une puis 1 * sance chrétienne occidentale. Cette lutte des Otto-* mans et des Sophis consomma la perte de Bagdad, fin vain cette terre abreuvée du sarigdes martyrs de l'Islamisme continuait d'être une terre sainte aux yeux des deux partis religieux; Bagdad et la Chaldée, de centre qu'elles étaient, devinrent une misérable frontière , un terrain intermédiaire sans défense, tour-à^toùr repris et ravagé par les Turksf et les Persans, selon que la fortune appelait un prince énergique au trône d'Ispahan ou à celui de Gonstantinople. Alors la culture fut abandonnée; les tribus nomades campèrent sur les digues des cdnaux qui se desséchaient , les caravanes n'arrivèrent plus à l'ancien marché de l'Asie qu'à travers les avanies et les exactions ; et ce qui restait de Suc au pays épuisé par tant tle causes de destruction , devint la proie de quelques pachas , qui, défendus par la distance contré le contrôlé du gouvernement central , n'ont cessé de se djsputefr le prix de l'avarice et de la perfidie.

!7* Alors, le malheur d'une province devint tme cause de mort pour l'Asie occidentale «dut entière) ce qui ne s'était jamais vu pendant tiflé si longue suite de siècles arriva. Jusqu'à' bette époque, toutes les grandes puissances de l'Asie avaient fait de la possession de laBabyloniecommele palladium**

leur existence: les rois Achéménides n'avaient pas de plus chère province; Alexandre, qui conçut ty grande pensée de placer la civilisation grecque à la tète de l'unité asiatique, voulut que Babylone fût la capitale de son empire ; les Séleuckies , hé* ritiérs seulement d'une partie de sa puissance^ n'abandonnèrent pas cette grande pensée, et si Babylone déchut sous leur domination , le résultat n'en fut pas sensible au dehors, puisque cette décadence ne fut que l'effet du transvasement de la population dans Séleucie, la Babylone Hellénique» Le vent des révolutions a beau souffler sur l'Asie, leur seule conséquence pour la grande capitale chaldéenneest d en faire varier le site, dans un circuit d'une vingtaine de lieues an plus. Séleucie adoptée par les Arsajcides, cède le pas à Clésiphon, création des princes de la maison de Sassan» Les Sassanides renversés, Bagdad est bâtie avec les ruinés de Ctésiphon, de Séleucie et de Babylone. Mais quand Bagdad va mourir à son tour , rien ne la remplace, et c'est aussi depuis que Bagdad tombe en ruines , que les. destinées de î'Aèie Musulmane marchent a grands pas vers leur terme.

L» grand corps a été scindé en deux parties , sans que les tronçons aient même cherché à se rejoindre. La politique européenne, désormais sani rivale , a pris racine dans les chancelleries dé l'Orient : on a semé de part;et d'autre 1$ discorde , et chaque pas vers le dénouement est compté par l'Eurçpe qui couve cette grande proie.

Que deviendra l'Asie sous l'influence des étatschrétiens? E» verra- t-on les débris disputes par

hs Russes et les Anglais ? ou bien cette dernière puissance qui essaye dès à présent ses navires sur ÎBuphrate , se sentira-t-elle assez de fotfce pour renouveler en paix les plans d'Alexandre ? Avec cette merveilleuse navigation des modernes , qui 9e joue des obstacles devant lesquels l'espèce humaine a jusqu'à présent reculé, une nouvelle Qa~ bylone, remontée au rang que la nature lui a départi , redeviendra-t-elle le centre d'un commerce cent fois plus étendu que ne le fut jamais celui des anciens Chaldéens ou des modernes Arabes, ans; époques les plus florissantes? L'avenir seul pourra résoudre de tels problèmes. Mais ce qu'il est permis dès à présent de conclure , c'est que comme dans le passé la splendeur de la Chaldée et la puis* sanee de l'Asie occidentale ont été inséparables , de même il ne saurait y avoir désormais de restauration pour la puissance asiatique, sans que la ville qui, tour-à-tour , s'est nommée Bagdad , Ctésiphon 9 Séleuoie, Babylone, ne sorte encore rajeunie de ses ruines.

IV. 4. Je viens d'indiquer une de ces lois essentielles , dans lesquelles réside l'unité de l'Asie occidentale. Si je passe à la seconde quesflfcm, celle qui concerne l'origine des maîtres militaires de l'Asie à toutes les époques, la même uniformité dans les résultats frappera nos regards. Des quatre variétés humaines que j'ai précédemment distinguées dans la population de l'Asie , il en est une à laquelle la nature parait avoir absolument refusé l'influence militaire, c'est l'homme des villes et de }a charçrue. L'exemple de Mahomet et de* mert-

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