‹ Cours d'histoire ancienne: Introduction à l'histoire de l'Asie OccidentaleChapitre 12 sur 45 · SM · texte numérisé non relu

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bres de sa famille est presque le seul que Ton pourrait citer d'un marchand ou d'un laboureur quittant le comptoir ou le champ paternel pour marcher à la conquête du monde. Les Cincinnatus de Rome ou les héros de notre révolution , qui se sont à la fois recrutés dans la population robuste des champs, ou parmi les habitant étiolés de nos villes , ces résultats tout simples de notre état social , seraient en Orient de véritables prodiges,

2. L'homme des déserts de sable est certainement plus guerrier que celui des champs cultivée ou des villes , et même son activité d'ordinaire se consume en une suite de guerres intestines. Mais le désert du midi a pour son habitant un charme de liberté qui l'empêche de songer à s'établir sur un sol en apparence plus favorisé de la nature , et Ton ne remarque en lui rien de cette passion instinctive, aiguisée par le besoin, qui pousse sans cesse l'homme des contrées glacées vers les terres du Sud.

Ce serait une étude curieuse et qui n'a pas , je pense , été tentée , que celle des éléments dont se composaientles premières armées dellslamisme, et j'avoue que, pour mon compte, j'ignore si danfc le partage des habitants de la Péninsule arabique en trois populations, des villes, des campagnes et du désert (populations dont la limite flotte souvent in- , certaine) , l'élément des villes , par exemple , au* quel appartenait le famille du réformateur , dominait ou n'occupait à l'armée qu'une place numériquement inférieure. Nous ne pouvons songer à résoudre ici ces problèmes de détails; mais ce qu'on doit reconnaître, c'est combien vite cette premier

poussée religieuse s'arrêta dans ses développements militaires. Quelques générations suffirent pour transformer les guerriers arabes en Iraans et en Mollahs. Dans les premières tentatives de morcellement du grand empire des Khalifes , nous remarquons, il est vrai , quelques fractions arabes qui se détachent du pouvoir central et tendent à s'éle- Ter, non-seulement jusqu'à l'indépendUnoe politique , mais encore jùsqu a l'asservissement du maître nominal de l'empire : des Soffarides qui préludent derrière lés lignes de FOxus à la domination bien plus solidement fondée par les Samanides; une famille arabe dèHamadan , qui , dans le voisinage même des Khalifes, brave leurempire et tient pendant quelque temps leur personne captive. Mais ces rôles, eh quelque sorte indiqués v par la situation , ne commencent réellement à prendre une importance digne de l'histoire , que quand lès aventuriers du Nord entrent dans cette route de révolte et d'indépendance. Alors l'influence militaire des Arabes cesse entièrement. Si quelques royaumes indépendants se forment et se maintiennent parmi eux , tels que ceux d'Oman et de l'Yémeù, ce n'est qu'à la faveur des déserts qui protègent ces heureuses provinces contre toute invasion étrangère. L'Afrique seule ouvre encore son théâtre à ceux des Arabes qui n'ont pas désappris à manier le glaive d'Amrou. Mais peu à peu le torrent des aventuriers du Nord, plus ou moins contenu dans son cours vers les confins de l'Afrique, s'infiltrera dans cette nouvelle con? trée, non pour y étouffer tout-à-fait, commeen Asie,

(93) l'influence arabe, mais pour y balancer cette influence dans une assez juste proportion.

C'est à dater du neuvième siècle de notre ère, que le rôle des aventuriers commence à se prononcer dans l'Asie occidentale. En peu de temps, toutes les nuances de physionomie que peut présenter cette vaste famille, se montrent sous des couleurs menaçantes. La Boukharie fournit ses Samanides, dont les historiens arabes n'indiquent pas l'origine précise, mais qui , désignés comme des conducteurs de chameaux, doivent être sortis de quelques-unes des bandes Turkmènes par lesquelles est sillonné le désert de ces contrées. Les Bouïdes, restaurateurs du trône de Perse, descendent des montagnes de l'Hyrcanie ; Les Turks à eux seuls occupent déjà toutes les avenues du pouvoir; en Egypte, les Turks Ikchidides succèdent à la famille turque de Touloun , dans sa soumission purement nominale à l'autorité des khalifes ; les Turks Ghâznévides s'assoient dans le Kaboul, sur le trône du fabuleux Roustam ; d'autres Turks descendent danà l'Inde et y fondent un empire sur lequel nous, ne possédons que des données incertaines.

Rien de plus digne d'attention que la macche régulière que suivent les Turks en s'emparant ainsi des positions les plus importantes. D'abord , il n'est aucunement question de la nation ellemême , qui continue d'errer en hordes ob&cures datas les steppes du Nord. Seulement elle a détaché quelques éclaireurs qui viennent offrir aux Arabes ; déjà amollis l'appui de leur épée* Peu à peu les officiers de fortune qui descendaient un à un , mar-

chent par escouades * ils présentent à leurs maîtres d'abord des compagnons , puis des légions , puis des armées. Enfin l'avalanche dont s'étaient détachés successivement de légers flocons , remplacés ensuite par des masses de plus en plus redoutables, l'avalanche s'ébranle tout entière. Les hordes des Turks marchent d'ensemble à la conquête des plus belles provinces de l'Asie, et la puissante monarchie dés SeWjoukides met fin au grand empire des Khalifes dans l'Asie occidentale.

4. Depuis la formation du colosse des Seldjoukides au XI e siècle, jusqu'à la dissolution de celui des Timourides à la fin du XV e , les pouvoirs de l'Asie occidentale sont comme autant de bulles qui crèvent successivement à force de s'enfler. Trois fois sous Malek Schah, sousHoulagou, sous Schalw Rock, l'Asie occidentale put se croire arrivée au renouvellement de l'empire unique des anciens Perses , et trois fois la coutume des partages fécn daux introduite par les SeWJbuEides^èt l'audace des lieutenants ^accroissant à mesure que s'affaiblissait le pouvoir central, changèrent ces formidables puissances en une quantité de petites souveraineté^ livrées d'avance par leur faiblesse à de nouveaux conquérants.

5. Dans toutes ces révolutions , nous ne voyons la scène occupée que par deux des espèces d'hommes que nous avons distinguées dans notre second chapitre , l'homme des steppes et l'homme des montagnes* Les montagnes qui ont d'abord fourni les Bctoïdes, fourniront plus tard les Gaurides, successeurs des Ghaznévides dans l'ancienne Arié*

les Aumbkfes qui sont Kurde* , les SfrpUs d* Perse qui sont originaires de l'Arménie* De ce» familles $ la plus illustre sans aucun doute est celle d' Aïoub, qui a donné Saladin , le seul héros pur quel'isla* misipe ait produit. C'est Tunique fois dans les temps modernes que nous voyons appelée à un grand rôle la nation des Kurdes, de laquelle étaient probablement sortis les Chaldéens, conquérants de Babylone , et qui doit être aussi considérée comme s'étant apparentée arec les Hébreux, avant qu'Abraham ne passât l'Euphrate. Cette nation , trop étroitement resserrée dans ses montagnes par lesr conquérants de toute espèce dont l'Asie fut la proie , ne put d'ailleurs prendre tout le dévelop- . pement auquel son génie paraissait l'appeler. Mais si l'on rapproche la figure de Saladin , si éclatante dans nos histoires à cause des luttes directes de ce prince avec les puissances chrétiennes > de quelques traits plus confus à nos yeux des princes Bouïdes ou des Sophis, tels qu Àbbos-le-Grand , magnifiques protecteurs des arts , et accessibles à tous les progrès de la civilisation , on reconnaîtra généralement dans l'homme des montagnes une disposition sociale bien plus directe que chex l'homme des steppes, lequel ne s'adoucit que- par le mélange des générations avec des éléments d'une nature moins rebelle.

Si on voulait suivre à la rigueur dans tous ses détails l'indication que je viens de donner, je ne doute pas qu'on n'amenât les faits à parler un langage concordant sur tous les points; à prouver, par exemple, que si quelques princes Seldjoukidcs ont

montré pour les arts de la vie sociale des dispositions plus heureuses que les autres Turks , c'est que ces princes r quoique Turks , avaient en eux plus de sang japétique que le reste de leurs compatriotes. En effet, les historiens orientaux nous -parlent de la beauté des princes Seldjoukides ; or, en laissant encore à la flatterie la plus forte part d'un tel langage, qui dit beauté pour un Turk, dit empreinte du type géorgien, répandu sur tous les trônes de l'Asie par les belles esclaves dont les harems de l'Orient furent peuplés. C'est par une cause semblable qu'on s'explique aussi la beauté proverbiale des jeunes Turkomans, beauté très-difficile à comprendre , si Ton rattache purement et simplement ces peuples aux hordes de l'intérieur de l'Asie ,' ftiais très-bien expliquée par l'opinion que les Persans actuels se font de l'origine des Turkomans t produit, disent-ils, du mélange des femmes Boukhâres avec les nomades du nord de la mer Caspienne. Or, Klaproth a prouvé que les Boukhares étaient d'origine persane , par conséquent japétique.

En général , pour résoudre les problèmes successifs que présentent les degrés si variés de l'éducabilité chez les Turks, on, ne doit point oublier que les Turks , quand ils ont pénétré daàs l'Asie occidentale , constituaient déjà une race mélangée d'éléments japétîques; que par conséquent les tribus de cette race ont dû présenter entre elles des différences tranchées, selon la proportion relative de l'élément que nous considérons comme le plus pur; depuis les Seldjoukides, princes comparables

(97) pour l'élan civilisateur à un Abdérame ou à un Haroun-Al-Raschid , depuis ces Toulounides sous l'influence desquels se construisait auVieux Caire le chefd'çeuvrederarchitecturearabeJusquauxOllomansqui, sur les ruines des palais de Constantinople, n'ont élevé, pour ainsi dire, que des tentés faciles à replier en un jour. Il faut en effet que ces différences d'organisation qui existent entre les Turksdes diverses tribus , soient essentielles et presque sans remède , puisque cinq siècles de harems géorgiens n'ont pu complètement effacer dans la famille d'Otman les traits de barbarie rebelle qui la rapprochent de ces destructeurs par nature et par nécessité, que Gengis et Timour traînaient à leur suile.

6. En un mot , l'espèce d'hommes à laquelle la Providence, dans ses mystérieux décrets, a dévolu l'emploi de dominer l'Asie, cette espèce est simple dans sa physionomie , si on ne la considère que sous le rapport de la puissance de destruction qui est son apanage: elle nous apparaît , au contraire, comme double et divisée en deux branches, si nous envisageons l'aptitude de cette espèce aux développements sociaux. Cette dernière distinction, on le voit , ne concerne que les résultats de la conquête j là question de savoir si la famille dominatrice est de nature il s'apprivoiser aux formes sociales r ôu si les passions du tigre et du loup continueront de germer sous le vernis que donne une vie élégante et magnifique ; cette question ne m résout guère qu'à la seconde ou à la troisième génération. Alors , on apprend si le rejeton„du conl. 7

quérant seraCambyse ou s'il deviendra Darius; si, comme Houlagou, il tuera le khalife, ou ai, comme Saladin, il rétablira l'orthodoxie religieuse; mais quant aux premières impressions que donne la conquête , quant à la physionomie des CQnqué» rants eux-mêmes, l'uniformité en est telle dans les annales de l'Orient qu'on croirait toujours lire la même histoire sous des dates et avec des noms diffé» rens. A cet égard le Mongol vaut le Turk, et le pur Indo-Germain lui-même, ce type favori delà science moderne , ne vaut ni plus ni moins que le Turk et le Mongol. Barbare pour barbare , en Europe comme en Asie , on peut laisser le chou à l'imagination , sans espérer de gagner à la comparaison quelques-unes de ces lueurs qui éclairent 1 histoire. Depuis, Alaric jusqu'à Gengis , depuis Clovis jusqu'à Timour , le conquérant sera toujours impétueux et perfide , avide et libéral , capricieux dans sa grandeur dame comme dans ses cruautés t une bête féroce devant laquelle l'espèce humaine se met à genoux, et que certaines natures privilégiée» de prêtres et de femmes ont l'adresse de dompter par intervalles.

Il semble , quand on considère cette Asie , dans laquelle les séparations territoriales ont maintenu les divisions de l'espèce humaine, qui n'a pas vu, « comme notre Europe, le* éléments les plua opposés s'amalgamer dans une vaste fusion j il semble que les moyens dont la Providence s est servie pour fonder et perfectionner la Société humaine Soient restée à nu dans leur opposition première. Spectacle merveilleux, qui nous ramène à la baserons-

tante des plus hautes spéculations historiques , -c'est-à-dire, à la comparaison de l'homme espèce et de l'homme individu ! comme si, à l'exemple de ^individu dans lequel la lutte des passions fait l'é-* quilibre et la force de l'âme , les différentes variétés humaines avaient été distribuées, chacune avec le cachet d'une passion particulière ; les unes si violentes, si rudes, qu'on dirait qu'elles n'ont d'autre service à rendre que la crainte salutaire qu'elles inspirent ; d'autres si énervées , si basses, qu'elles paraissent appelées à donner la leçon que l'es- * clave ivre donnait aux jeunes Spartiates ; d'au* très enfin, dans lesquelles il n'est point* d'excès qui ne s'adoucisse, de mollesse qui ne se fortifie, si une réunion favorable de circonstances mélange et tempère les uns par leà autres les éléments naturellement opposés. Dans ces grandes fusions , d'où sortent les sociétés fortes et durables , le barbare joue le rôle de l'élément de résistance: c'est un métal tantôt malléable ou, ductile, tantôt rebelle ou cassant. A cette épreuve on connaît la différence de l'Indo-Germain et du Mongol , de Saladin et de Gengis-Khan.

Ainsi que nous l'avons faitvoir dans le présent chapitre (§111. "5.), la sociétéantiquea eu le bonheur de ne point connaître ces races brutales , contre lesquelles s'émousse toute influence civilisatrice. Quand Attila , dans le V* siècle de notre ère, se pro*clama le fléau de Dieu, cette folie de destruction révéla à notre espèce une maladie mentale dont elle ne devait pas se croire capable. Si la société humaine qui, dix siècles avant, élevait si laborieusement l'é-

difice de ses lois morales , avait eu affaire à un Attila, à un Gengis, l'ancien monde ne serait probablement pas aujourd'hui dans un état de civilisation plus avancé que ne l'étaient les tribus américaines, à l'époque delà découverte du nouveau continent. Il s'en est fallu de si peu<jue l'Asie moderne ne succombât entièrement sous les deux invasions mongoles, qu'on ne saurait trouver paradoxale l'opinion que nous venons démettre. Les grands coups ne sont venus que quand l'édifice de la société était déjà capable de résistance. Quand les marchands grecs des bords de la mer Noire trouvaient au pied de l'Oural les A rgippéens, aïeux des Kalmoucks, gîtant sous les arbres M) comme une tribu de singes , ils ne se doutaient guère que ces demi-animaux marcheraient un jour à la conquête et à la destruction du monde civilisé.

7. Aussi, dans le parallèle que nous conseillons d'établir perpétuellement entre l'histoire moderne et l'histoire ancienne de l'Asie occidentale, la borne devant laquelle s'arrête l'utilité de cette comparaison nous paraît marquée par l'invasion de Gengis- Khan. Jusques-là les rapprochements à établir sont perpétuels et frappants. La cause de cette ressemblance est dans l'identité de la race conquérante et guerrière pendant les deux périodes historiques , sauf la différence plus ou moins marquée que l'élément turc introduit.

Si ces observations sont fondées , si à part de

(l)Hérod.IV.23.

( 101 ) quelques circonstances tout-à-fait exceptionnelle*, telles que la propagation de l'Islamisme , l'homme qui faitla guerre par instinct, qui tient l'épée du même droit qu'un autre dirige le soc de la charrue ou suppute les chances du trafic , est le même dans tous les temps, depuis les souvenirs les plus reculés de l'histoire jusques et non compris l'invasion des Mongols dans le monde occidental , il s'en suivra que le pays où cette activité instinctive s'est exercée importe peu, et pourvu qu'on voie se développer un certain ordre défaits, on detfra en conclure que la partie de l'espèce humaine à laquelle sont dévolus les grands rôles de la guerre a dû être la cause déterminante de ces faits. Par exemple, un prince, maître de l'Egypte, a-t-il exercé une influence décisive sur les affaires de l'Asie ; de sa capitale , a-t-il étendu sa domination jusques par-delà les bords du Tigre; je remonte à l'origine de ce prince, et mon étonnement cesse quand je découvre que ce conquérant n'est point un Égyptien, mais un montagnard Kurde que la fortune a porté au trône de l'Egypte. Maintenant, si je compare cet empire de Saladin , qui résistait d'une part à des croisés tels que Richard Cœur-de-lion et Philippe-Auguste , et de l'autre gouvernait l'Asie , avec les tentatives antérieures des Fatimides, paisibles et riches possesseurs de l'Egypte, pour jouer dans les destinées de l'Asie occidentale le même rôle que Saladin , rinfériori té des Fatimides s'explique à mesyeux, par la considération que ces princes n'étaient que des Arabes africains, etque, propres aux arts de la paix, ils n'avaient rien en eux de ce tempérament hé-

«ïqiie qui assure les conquêtes. L'histoire moderna de l'Egypte a cela d'extrêmement remarquable pour la démonstration de nos idées , que linfluenoe de ses souverains sur les affaires de l'Asie a toujours été dans un rapport exact avec l'origine japétiqua de ces princes. Des esclaves dans ce pays deviennent des héros, tels que Bibarset Ka-* Jaoun, quand ces enclaves sont provenu* des mai^* §hé?de la Géorgie* On verra plus tard quel parti mw pourrons tirer de ces dernières observations t quand il s'agira d'assigner les causes des antiques conquêtes égyptiennes en Asie.

V* 1 , La troisième proposition qui me reste à trai* ter a été indiquée en théorie dans le Second chapitre de cet ouvrage (§ VI.) • Je me contenterai donc d'esqulssçi ici l'application de cette théorie aux temps mpderne$ f afin de préparer le lecteur à 1 usage bjen plus large que je veux en faire dans l'étude de l'his* Iqire ancienne. En traçant plus haut (§ IV. 6.) le portrait du barbare tel qu'il se montre à son débordement sur les terres civilisées, je n'ai point compté parmi les causes capables de le contenir dans ses l&eès, son respect pour la religion de sa race. C'est en effet un des traits distinctifs de la finesse particu* lièreaux barbares de génie, que le bon marché qu'ils font de leurs superstitions nationales. En générai la horde n'a guère decroyançes sérieuses et raisonnéesi }§ Sentiment de religiosité rêveuse propre aux peuples du Nord , plane de loin sur l'imagination du chef barbare, sans le gêner dans la moindre des actions de sa vie réelle. D'influence sacerdotale, il n'en est pas question ; ou si le prêtre a plaoe dan?

cette société tadittentaïre, son pàttvoif > assez sem* blabte à celai de* sachems de l'Amérique, est dans k dépendance dq chef de lu troupe» pour peu que ce chef ait de talent» Il est rare» au contraire, que le barbare , ai indifférent à là foi de ses pères , n'é* prouve pas, en faveur de la religion des peiiplea qu'il soumet , un sentiment de curiosité qui le dispose d'avahée à la conversion -. Sous ce rapport, le peuple vaincu à par sa religion une revanche certaine à prendre de sa défaite, et si les exemple* qu'on pourrait alléguer ne dont pas tous identiques, la différence ne porte que sur la durée de là résistance qu'oppose le vainqueur à cette contre- Gonquéte.

Je ne sais si les destinées du monde l'appellent à voir les dogtaes religieux marcher dans un sens différent de la civilisation , mais quant à ce qui est du passé, les civilisations n'ont pas eu d expression plus complète et d'agent plus actif que les systèmes religieux* Quand les Barbares fondirent sur l'Europe, l'empire romain avait adopté le christianisme , et les Barbares , que tenta la civile Sation romaine, devinrent chrétiens par une conséquence toute simple de cette nouvelle inclination. En Asie, e'eët tout de même : autant de maî^ très nouveaux qui descendent du désert ou de la montagne , autant de conversions à l'islamisme. II arrive même à cette disposition d'atteindre la première génération des conquérants , et les indifférents beaux-esprits ou esprits-forts, tels que Gengis-Khah, qui par passe-temps pouvait se permettre des boucheries oMUme celle qui fit disparaître la

izedby^ " .

population de la Transoxiane, mais dans le camp duquel , à la grande satisfaction de nos modernes philosophes , on voyait pratiquer avec une tolérance exemplaire les cultes chrétien , judaïque et mahométan, ces indifférents ne se présentent pas plus de deux fois dans l'histoire.

J'ignore si Ton s'est attaché à rechercher «quelles traces d'idées religieuses antérieures les Turks avaient pu conserver après leur entrée dans l'ancien monde ; mais je* doute que cette étude , si elle a été tentée , ait pu produire des résultats plus concluants que la même étude appliquée dans notre Europe aux vestiges des religions septentrionales conservées sous la couche chrétienne. Si l'on remarque ça et là quelques croyances plus tenaces , plus rebelles au joug des nouveaux dogmes, il suffit d'examiner avec attention la nature de ces croyances pour y reconnaître l'empreinte d'une conversion première an culte d'une civilisation plus ancienne. Ainsi les superstitions persistantes "des Scandinaves se ratfcachent par des traits indubitables aux religions de l'Asie centrale ; ainsi les Druides ne paraissent avoir laissé une impression si profonde dans l'esprit de nos Gaulois, que parce qu'ils formaient une corporation savante, instruite à l'école des Phéniciens. Les dogmes du Midi civilisé, en passant ainsi aux barbares du Nord 5 revêtent une -apparence sauvage qui en dénature la physionomie extérieure. De même qu'après un siècle de conversion , la Légende d'un saint anglo-saxon ne ressemble plus guère à celle d'un martyr des catacombes de Home ;

ainsi l'examen superficiel ne saisit plus les traité qui confondent dans une origine commune le cône de Faphos et le menhir des landes de Bretagne , le sombre Odin et le brillant Krischna. Mais* l'analyse fait justice de ces oppositions mensongères , et l'hypothèse , si chère à l'imagination des doctes Germains , des lumières religieuses et civilisatrices descendant du Nord avec* les enfants d'une innocente barbarie , cette hypothèse doit tout simplement se résoudre comme on explique aujourd'hui les Atlantica de Rudbeck, en prenant pour la conséquence ce que l'auteur donne pour être la cause.

Ces réflexions trouvent leur application sans réplique dans l'histoire moderne de l'Orient. Les seuls Musulmans qui aient altéré d'une manière sensible les doctrines du prophète, sont les Persans chiites , chez lesquels l'empreinte de la religion de Zoroastre, si vivement ranimée sous le» Sassanides, n'avait pu complètement s'effacer. Quand d'autres dynasties, telles que celles des Seldjoukides , des Orthokides , des Àtabeks de Mosoul , dévient de la ligne orthodoxe , ce n'est jamais par l'effet d'un souvenir national, mais en subissant l'influencé d'une autre civilisation , d'une autre religion que celle qui se base sur leKoran. Les Seldjoukides désobéissent au prophète en faisant figurer sur leur monnaie un thème astrologique; les Mongols de l'Inde frappent des roupies avec les signes du Zodiaque; les Àtabeks imitent grossièrement les types monétaires des rois de Syrie ou des empereurs de Constantinople ; les émirs de Malek-

AfJelbk^btt^ntlaUréwcomAedwpreiixdelàcr^ sade> Noua recctfmaiaaom là l'influence de l'astrologie dwldéenfce * de là seienee indienne* de la bivilt* affticm gçeeqttôDu de celle des Ghtétiem > mais pas une trace , il faut le dire, de la religion turque, kurde ou mongole. Aussi^ je le dis d'avance, quand l'histoire ancienne noua présentera des physionomies semblables à celle des héros de l'islamisme , qu'on se garde de croire sur parole à la piété tra* ditionnelle de ces vainqueurs» et qu'on attende, par exemple, un plus ample informé , avâût dé croira bénévolement que Nabuehodonosor* chef de nomades (suivant l'hypothèse aujourd'hui adtoise dans les éeoles de l'Allemagne) ait imposé à l'antique Babylbne, cette reine dé la religion primitive, un collège de prêtres chàldéena* formés à l'école de la rêverie , bous les tentes du désert.

2. Mais s'il est peu raisonnable de prétendre que le Barbare apporte le dogme avec la conquête > on ne peut se refuser à reconnaître la direction parûonlière que prend la religion dans lame de ces. néophytes et l'influence qu'ils exercent par leur conversion même sur le culte dont ils ont adopté, les symboles. Cette réaction est surtout claire pour nous qui pouvons comparer le christianisme à luimême, avant et après la conversion des Barbares. Je b'en saurais dire autant de l'islamisme, sans doute par ignorance des faits ; mais je ne puis croire que la pensée religieuse qui s'élance vers le ciel de dessous les voûtés d'une mosquée de Constantinople > soit précisément celle qui dictait le Korun à Mahomet. Les personnes peu initiées

aux détails de la littérature oriental* s étdnmmt de cette empreinte de vague raélaneolie qui caracté* ri&e les poésies et la musique dea Turks , et il aurait difficile de penser que cette ressemblance im* prévue qui rattache par la tournure de l'imagina* tion les Turks à la grande famille dea japétiques du Nord, n'eût pas aussi exercé quelque influence sur leur manière de comprendre et de sentir la religion. #

Nous ne prétendons pas pour cela inférer que la religion musulmane ait eu seft protestants* On dé* signe souvent , mais à tort , les Persans chutes comme les protestants de l'Islamisme, Ce rapprochement n'est exact qu'en ce que las Chiites croient autre chose que les Sunnites * quant à la tournure de la doctrine , l'hérésie des partisans d'Ali est l'antipode du Protestantisme, Je serais bien plus tenté , s'il fallait à toute force hasarder Un parai* lèle, de comparer le schisme des Persans à celui des Grecs ; mais je me hâte de reconnaître que tous ces rapprochements pèchent par la base, et qu'en général l'Islamisme , à cause du caractère matériel de ses dogmes , et de la rigueur positive de ses prescriptions , n'ouvre point à l'imagination , comme le Christianisme, ce champ illimité dans lequel se déploient les hérésies* Aussi pour deux hérésies musulmanes de quelque importance, il en faudrait citer cent qui ont bouleversé le monde chrétien. C'est ce qui fait sans doute que la prédisposition naturelle des conquérants de l'Asie apporte si peu de modifications à l'Islamisme; qqand ceux-ci l'ont embrassé.

3. La conquête religieuse et les victoires de la civilisation marchent, ainsi que je l'ai indiqué plus haut, de concert, dans la réaction qui s'opère en faveur des vaincus après leur défaite. Le signe extérieur le plus clair de la civilisation, c'est l'usage de l'écriture. On donnerait donc au besoin une confirmation curieuse des faits de l'ordre religieux que nous avons précédemment exposés, en suivant les phases de la transmission de l'alphabet des Arabes à tous les peuples qui ont embrassé l'Islamisme , et même à quelques-uns de ceux chez lesquels cette religion a cédé devant l'impression bien plus décisive du Bouddhisme. Mais cet exposé qui serait tout simple, s'il ne s'agissait que de la transmission de récriture arabe aux Persans et aux Turks , demanderait des recherches spéciales , alors qu'on voudrait déterminer la provenance de certains alphabets, dont la propagation remonte aux premiers siècles de l'hégire , tels que le Turc-Djagataï et le Tatar-Mantchou. Nous réserverons donc cette étude pour l'époque à laquelle nous aurons à examiner les problêmes de la transmission, dans tout l'ancien monde, de l'alphabet phénicien ; et alors je ne doute pas que nou$ ne trouvions un parallélisme des plus frappans et des plus instructifs entre la manière dont les choses se sont passées, quand les Phéniciens exerçaient sur le vieux monde leur propagande religieuse , et la marche conquérante de l'écriUire arabe , quand les dogmes du prophète couvrirent toute l'Asie occidentale. Aujourd'hui, je me contente d'avoir indiqué cet ordre de preuves matérielles et palpa-

blés, si précieuses à consulter, quand il s'agit d'apprécier les phases d'une transmission de l'ordre purement intellectuel. On se trouverait, en. effet, exposé à d'étranges illusions,* si en suivant, avec une préoccupation exclusive , la marche des idées , on négligeait de contrôler , au moyen de l'étude des formes matérielles de la pensée, les résultats qu'on croirait avoir obtenus.

4. Je reprends les choses au point où je les ai précédemment conduites , relativement à la réaction religieuse. Nous avons vu qu'un peu plu$ tôt, un peu plus tard , le conquérant barbare était subjugué par l'influence des doctrines et de la civilisation du peuple qu'il a soumis ; nous avons ob-» serve aussi que ce résultat inévitable atteignait son but au plus tard à la troisième génération de la conquête r et que souvent même l'influence agissait sur le premier conquérant lui-même; sous ce rap-; port , il y aurait encore un parallèle intéressant à établir entre les époques anciennes et modernes* Ainsi, dans l'ordre du progrès social , Darius est à Cyrus ce que Malek-Shah est à Thogrul (1), Houlagou à Gengis-Khan, Schah-Rockà Timoùr.

La différence consiste en ce que l'Asie moderne ayant été soumise à des phases de révolutions plus fréquentes que l'ancienne , un fait rare dans Tan-? tiquité a dû se répéter souveût aux époques ré-» centes. Il faut remarquer aussi que les conquérons anciens appartenant à une partie de l'espèce htn

(1) Fondateur de la monarchie des Turks Seldjoukides.

mained'nne nattmsplus perfectible, ceqtii, chez des homme» tels que les Mongols, ne devait être qu'un replâtrage imparfait, offrit dan» les âges antiques le spectacle d'une belle réforme religieuse. Ainsi tes nti&bces qu'on cherchait vainement tout -à-» l'heure à saisir au profit de l'Islamisme dans sa transmission aux peuples du Nord , nous les verrons se prononcer d'une manière assez claire, mal-* grêla pauvreté des documents, dans la reforme que les conquérants chaldéens firent subir à la religion de Babylone* Nous verrons aussi cette même reli-* gion , déjà éptirée par les Chaldéens , se transformer encore au profit des idées morales , date la révolution religieuse qu'opéra Zoroastre ; soit que ce législateur appelât à son aide un système déjà perfectionné par une première civilisation bâctrienne, soit qu'il ne fît qu'employer les dispositions natives , mais informes , des Bactriens , au remaniement de la religion chaldéenne. Là , sané dotïte, si nos déductions ne sont point er* ronnées, nous démêlerons cette tendance protestante , qtie nous avofis inutilement deman* dée à l'Islamisme, et la part de génie austère qtie îiousregafdtffls cOffltae le privilège de la race ïndogerihâifla, Sera bien plus aisée à définir dans les phases du culte antique, qtie dans la propagation des dogmeê de l'Asie moderne.

6. Mais le rôle que , dans cette partie si impoN tânté de l'histoire de l'esprit humain, jotte le conquérant soumis à la réaction religieuse, ne se borne pas à une tendance plus ou moins prononcée vers une réforme morale de la religion, dominatrice.

Awc la conquête du dogme «# développe et aao* croit la puissance temporelle du prêtre ; de là > dans l'esprit du conquérant religieux, s'établit un combat entre le respect de sa foi ou les. terreurs de sa superstition, et l'ombrage tout humain que lui porte l'autorité sacerdotale. Souvent le conquérant trouve dès son arrivée la théocratie toute- puissante* Après la première secousse de la conquête , les choses ne peuvent reprendre leur équilibre , sans que le prêtre ne remonte au rang qu'il occupait avant l'invasion; souvent aussi la victoire que la religion vient de. remporter sur le souverain tourne au profit temporel du sacerdoce , et le prêtre, pour \e& intérêts de son influence, trouve mieux son compte auprès du barbare qui le faisait trembler la veille , qu'auprès d'un souverain plus doux , m^is contre lequel la force des armes religieuses se sera depuis long-temps émoussée. Ainsi le voisinage du prêtre et du soldat est une cause puissante de discorde , si la politique de l'un ne sait se dissimuler sous des formes extérieures de flatterie et d'humilité, ou si l'autre ne recule devant une prépondérance dangereuse pour *a propre influence. Ce dernier cas est le plus fréquent de tous , et c'est ce qui fait qu'on retrouve, dans presque tous les temps et presque tous les empares, la ville royale séparée de la ville sacerdotale» Le morcellement d'états de notre moderne Europe a amené chez noils un résultat un peu différent. Nom avons bien Rome et Genève, tes villes sacerdotales ) mais à ces chefs-lieux du culte répond Un certain nombre de capitales politiques. Néan~

1 moins , si Ton ertf re dans le détail des souverainetés, on trouve presque partout la ville religieuse en regard de la ville guerrière. Pour la France le primat des Gaules n'était pas à Paris, mais à Lyon ou à Vienne, Pierre-le-Grand a bâti Pétersbourg loin de Moscou, la ville des prêtres; l'Espagne a Tolède et Madrid; le Portugal , Lisbonne et Coïmbre ; l'Angleterre , Londres et York ou Cantor- béry; l'Ecosse, Edimbourg et St.-André. A quelque étroites limites que la cité se réduise , Texpression de cette antinomie continue de se manifester. Chez les Grecs les deux capitales se touchaient , mais elles étaient distinctes. Voyez Sparte et Amyclae, Thèbes et Lébadée, Athènes et Eleusis. L'Asie , dans la vaste proportion de ses états , nous montre l'application de la même loi sur une grande échelle: témoins les deux capitales du Thibet etdu Japon; on a retrouvé des faits analogues jusque dans les ébauches informes de la société américaine. La partie de l'histoire ancienne qui nous occupera bientôt nous fournira une application directe du principe que nous venons d'exposer, et nous reconnaîtrons que dans ce mode de conciliation de la puissance royale et de celle des prêtres , le caractère et la tendance des religions importent peu; car il est malheureusement un point par lequel les prêtres de tous les cultes se ressemblent, c'est leur inclination à exploiter au proût de leurs intérêts temporels l'influence que la religion leur donne.

7. Chez les Assyriens, Ninive est la ville royale et Babylone continus d être la capitale religieuse. Dans le cours historique de l'Asie moderne , la né-

(113) cessité locale a, pendant quelque temps, rétabli les mêmes positions. Pendant que Bagdad , la Babylone moderne, obéissait au Khalife, les Atabeks établirent à Mosoul , sur les ruines même de Ninive , un pouvoir militaire qui de loin balança l'influence politique des Khalifes. Il ne manqua aux Atabeks qu'une plus haute fortune, et aux Khalifes qu'une intelligence anticipée de la puissance toute spirituelle vers laquelle ils marchaient, quand l'invasion mongole vint les anéantir , pour que la proportion des faits dans les temps modernes, répondît à la parité des situations.

Mon imagination s'est souvent arrêtée sur ce dernier rapprochement, que d'autres peut-être envisageront comme purement fortuit. En observant combien la dissolution de l'empire des Seldjoukides, quoiqueayant donnéaux Khalifes de dangereux voisins par l'indépendance des Atabeks, aiguisa néanmoins la politique des lieutenans du prophète; s'il estvraimêmequecefut cette lutteavec les souverains de Mosoul qui éclaira les Khalifes sur la nature de leurs véritables ressources; quand d'ailleurs aucun empire puissanj ne contrariait ce développement d'influence, «quand aussi le génie et les vertus des derniers Khalifes s'appropriaient admirablement au rôle que les circonstances leur avaient appris à jouef , je ne puis m'empêcher de songer à l'orage qui se formait de nouveau contre l'Europe déchirée par les guerres religieuses ; et le terrible accident qui fit déborder les hordes de Gengis-Khan sur l'Asie occidentale, m'apparaît» malgré 'moi, comme le salut de l'Europe. Il faut convenir que c'était l. 8

aussi Taris de sai%t Louis, qui, taû pàt 1 utie espérance vague de la conversion du grand Khan, mais aussi par un sentiment assez jtiste des intérêts de la politique européenne , entretenait auprès de là cour nomade des missionnaires ambassadeurs. On peut Voir les détails de ceS négociations , dont noiifc possédons les pièces originales, dans les curieuses et Spirituelles recherches d'Àbél Rémusat (1). Que serait-il arrivé, si l'activité destructive des Mongols eût continué de s'exercer sur le centré et l'orient de l'Asie, sans se déverser sur l'occident ; si le pape de Bagdad eût grandi en regard du pape de Rome ; si l'égale activité de ces foyers religieux eût nourri la lutte de l'Europe et de l'Asie ; si la lîgUe, mieux disciplinée et plus habile à là guerre des Orientaux d'alors, eût été alimentée par les richesses des Khalifes, studfôrix protecteurs de l'agriculture et du commerce dans la contrée la mietix pourvue par le ciel de ces deui mamellds nourricières de la société humaine? L'esprit se perd dans ces conjectures où, néanmoins, la balance parait toujours pencher en faveur de l'Asie. Mais la Fortune , qui brisa le* vaisseaux de Xêrxèfr aux ro^ chers de Salamine, s'est toujours jouée des tem* pétes qui ont si souvent menacé d'engloutir le foyer de la liberté , de la morale , de la raison en te monde.

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