CHAPITRE QUARANTE-DEUXIÈME
Proclamation du général Murray — Embarras eau*é par les lettres de change du gouvernement— Mesures prises pour la défense de Montréal — Jonction des trois armées de Haveland, d'Amherst et de Murray — Capitulation de Montréal— Le général Haldimand prend possession de la Tille — Les troupes françaises repassent en Erance — Mort de Mgr. de Pontbriand — M. Montgolfier, élu pour le remplacer, n'est pas agréé par le gouvernement, et donne sa démission — Mgr. Briand évêque de Québec — Les troupes anglaises achèvent de soumettre tout le pays — Etablissement ■du gouvernement militaire — Derniers revers de la flotte française à la baie des Chaleurs— Traité de 1763.
Cependant, à peine l'armée française avait-elle abandonné les environs de Québec, que le général Murray fit démolir les retranchements qu'elle avait érigés, dans la crainte qu'ils n'essayassent de s'en servir un pu plus tard. Le vingt-deux mai, il publia une proclamation dans laquelle il engageait les Canadiens à demeurer tranquilles, et menaçait des châtiments les plus sévères eeux qui se déclareraient ou travailleraient en faveur de la France (1). Il les invitait à se confier à la nation anglaise, qu'il appelait la nation la plus généreuse du monde, qui leur offrait sa protection, et qui était prête à oublier leur ancienne conduite, si, par des procédés différents, ils se montraient dignes cPune. sî grande clémence ; que le roi, quoique désireux de posséder le Canada, ne voulait pas régner sur une province désolée ; que les habitants conserveraient leur religion, leurs lois et leurs coutumes, en se soumettant à son autorité ; que, privée de resources, la France ne viendrait pas à leur secours, et que sa marine était abattue parla défaite de ses flottes ; que les lettres de change n'avaient pas encore été payées, et que le papier monnaie du pays était complètement déprécié ; que par là la colonie était condamnée à une longue suite de maux dont il lui serait difficile de se débarrasser ; que, s'ils voulaient la tranquillité et la paix, leur seule ressource était de s'unir sincèrement à une nation où abon-
(1) Le trente mai, fut pendu près de sa demeure, à Saint-Michel, le capitaine JsTadeaa.