‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 10 sur 329 · LT:Ç0N II. L'ÉGLISE AVANT JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LT:Ç0N II. L'ÉGLISE AVANT JÉSUS-CHRIST

se multiplièrent alors et reçurent une organisation plus régulière. On les nommait Synagogues, et on en établit dans toutes les villes. On y faisait la prière publique, on y lisait et expliquait la loi; ce qui faisait des synagogues autant d'oratoires ou chapelles et d'écoles. Le peuple s'y réunissait plusieurs fois le jour en certains jours dé la semaine et dans les fêtes, sous la présidence des anciens et des chefs. Il y avait encore, outre ces chefs, dont les noms et l'autorité étaient divers, des ministres subalternes pour les différents services de la synagogue. Ces services n'avaient rien de commun avec ce qui se faisait dans le temple, c'est-à-dire avec les sacrifices et l'ordre lévitique et sacerdotal. — Les anciens avec leurs présidents formaient encore un conseil d'administration, et comme un tribunal pour les causes inférieures et de discipline. Les peines qu'il prononçait avaient trois degrés . la censure, ou répréhension particulière; l'excommunication temporaire, ou séparation pour un temps; enfin la grande excommunication ouranathème,qui excluait entièrement de la synagogue. Tel était, hors du temple de Jérusalem, l'ordre du culte, de l'enseignement et du gouvernement ecclésiastique chez les Juifs, dans lest^. derniers siècles avant Jésus-Christ*.

Ainsi la religion, à sa naissance dans le monde, est toute patriarcale. Tout en elle, enseignement, culte, discipline, revêt une forme domestique : l'Église est dans la famille. Elle prend une forme sociale depuis Moïse chez les Hébreux.

4. Sur le sanhédrin et les synagogues, et sur le gouvernement des Juifs, yoir Bible d'Avignon, Dissert, sur la police des Hébreux^ t. Il, p. 550. — Bacchini, De ecclesîasticx hierarchix origin. Dissert., part. I, § 9 sqq.— Les auteurs sui- Yants sont protestants : Selden, ses savants traités sur les Hébreux, — Basnage, Hist. des Juifs, IIy. VI. — Buxtorf, Synagoga judaica, où l'on aperçoit un peu d'amertume contre les Juifs. — Prideaui, Uv. VI, t. Il, p. 405, liv.XV, t. V> p. 3119. — Léon de Modène, Cérémonies et coutumes des Juifs, traduit de l'ilalien par le P. Richard Simon. Léon de Modène était rabbin de Venise. — On peut Toir encore Fleury, Moeurs des Israélites, et les Essaie historiques, 11* part., ch. X, p. 107 et passim. Voyez aussi IVganisalion judiciaire faite par le roi Josaphat, II Paralip., xix.

Page 1