‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 9 sur 329 · LEÇON II. L'ÉGLISE AVANT JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LEÇON II. L'ÉGLISE AVANT JÉSUS-CHRIST

tains obtinrent de lui la permission de bâtir un temple sur le mont Garizim, sous la direction du prêtre Manassé, qui corrigea les plus grossières superstitions, et donna à leur religion plus d'unité et de régularité. Dès lors le judaïsme^ mais un judaïsme incomplet, devint la religion dominante des Samaritains. Ils n'admirent des sajntes Écritures que le Pentateuque , conservèrent les anciens caractère§ hébreux, et rejetèrent les traditions des docteurs pour 3'e^ tenir au texte littéral de la loi. Ils succombèrent dans 1^ persécution d*Antiochus Épiphane, mais ils revinrent, après sa mort, à leur culte schismatique, sans jamais varier d^n^ la haine qu*ils portaient aux Jfuifs, et qui était réciproque'» 4. Pour compléter ce tableau des sectes juives, nous devons ajouter un mot sur la Cabale. On donnait ce nom, qui signifie tradition, à une prétendue science occulte, mystérieuse et traditionnelle, cachée sous Técorçe de3 saintes Écritures. On distinguait là Cabale allégorique^ qui consistait dans les sens allégoriques, la plupart arbitraires, du texte sacré, et la Cabale artificielk,, si célèbres dans les sciences,occultes. Celle-ci consistait dans la valeur numérique et dans les symétriques combinaisons des lettres, des syllabes et des luots des livres saints. Les partisans 4§ I^ Cabale, allant d'excès eu excès, tombèrent d^ns un système d'émanation qui les rattache aux Gnostiques;.mai§ i^s u'çft vinrent là que dans les premiers siècles cbrétieu^, ce qui nous dispense d'en parler ici*.

1. Siir lei s^ctei jufveif voy. If. AlttY^tudr^» Jlist, êcci, Vet TeH*, toni» If, p. t86. — Bible d'Avignon, ton». XIII, Dh^ert, «itr U^ sççtes de^ Juifst P* SIS» r- Mamachi, Origin. Christian., lib. H, e. i, § 3, 4. I, p. ÏOÎ^ édit. 1S41, RnnicB. «^ ies Mau¥9 de» leraéUiêêf par fleupy, et les Bssait hiêtoHqwi et criques sur les Juifs, qui en «ont le •upplément. Ce dernier OUTrage, Mm Mi? rieur aux Mœurs f ne laisse pas d'êire utile et intéressant,

2. .Sur la Cabale juive, voir Sixte de Sienne, Biblioih» sanct,j lib. II. -- Bonfrérius et Valton, dans leurs Prolégomhies sur l'Écriture sainte. — le P. Morin, De exercit. biblica, exerc. il, c. v. — Bible d'Avignon, t. XVIH, Diss, sur EsdraSy W part., p. 74. — Bergier, Dtcftonfi,, y, Çab^h^ il r(epv^(H( ^r(»ut tes opinions d'un académicien, auteur d'une dissertation sur la Cabale, dans les

SANHlêDRlN. SYNAGOGUES. Il

5. Il nous reste h examiner quelle était Tadministration intérieure de la nation juive, surtout depuis la captivité de Babylone, et Tordre suivi dans le culte et la religion. Comme TÉcriture en dit peu de choses, et qu'on ne peut s'en rapporter aux rabbins qui en disent beaucoup, mais sans preuves,' et même contre toute vraisemblance, nous nous bornerons à quelques points qui résument tout ce qu'il y a de plus assuré, i^ L'ordre civil et Tordre religieux étant réglés chez les Juifs par un même code, la loi de Moïse, ces deux ordres semblaient se confondre dans Tadministration ; et comme la religion y dominait en tous points, les prêtres jouissaient naturellement d'une grande prépondérance. Même sous les rois, ils avaient la part principale dans les jugements, et faisaient partie de tous les tribunaux où se rendait la justice. Après la captivité, sous le second temple, le grand prêtre était le gouverneur tout-puissant 4q la nation, sous Tautorité suzeraine des Perses ou des Grecs. Les Machabées, après avoir affranchi leur patrie, exercèrent un pouvoir souverain. Ils établirent un grand conseil que les rabbins font remonter jusqu'aux soixante-dix anciens choisis par Moïse pour juger le peuple sous sa présidence. Ce conseil, qu'on appelait le Sanhédrin, s'éleva assez rapidement à un haut degré de puissance, qu'il perdit sous Hérode.

6. Durant la même période, les sacrifices et les autres pratiques du culte avaient lieu dans le temple rebâti après la captivité. Mais les lieux d'assemblée et les oratoires qui existaient, déjà auparavant, selon l'opinion la plus suivie^

Mémoires de V Académie dee inscriptions, etc., t, XUI, vorii, p. 58. Ces opif nions ne nous parais^nt pas justes. — Celles de Basnage, Histoire 4es Juif^^ Ht. ni, cil. 10 et suiv., le sont encore moins, surtout lorsqu'il applique le t^rme 4e cabale à l'usage des allégories chez les Pères. Sfais nous ne pouvons noi%ar* rètcr ici à le combattre, non plus que Brucker, Hist, criticçi philosophiaSf t. II, de philosophiajudaica^c. ui^ sect. 2, p. 906. — Il s'étend aussi sur les secte» iaitet. —M. Matter, Hist. du gnosticisme, liv. I, chap. viii. Nous l'apprécieronf plasba». — On peut voir encore Pluquet, y. Cabale, où il dpone, »e)on %% cpg** tume, beaucoup à la conjecture.

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