‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 100 sur 329 · I Timoth. v · texte numérisé non relu

I Timoth. v

4. ConsL apost,, lib. m, cap. «. -. voy. Bingham, lib. Il, cap. xxn, § 7.

ORDRES INFÉRIIURB. )95

tullien reproche vivement aux fetnmes des hérétiques d'osef s'iûgérer dans les fonctions ecclésiastiques, telles qu*etiseigner, etc., quœ audeant docere *.

5. Au-dessous des clercs, qui constituaient V ordre proprement dit, nous trouvons les laïques qu'on appelait les fidèles^ rettnoL Ils formaient la masse et comme le corps du peuple chrétien. Sous le nom de fidèles^ on entendait tous ceux qui avalent reçu le baptême, ce qui les faisait encore appeler illutninéê^ initiée. Ils avaient droit d'assister au saint sacrifice et à toutes les réunions pour les offices et Ift prière, de recevoir FEucharistie et les autres sacrements et enfin d'entendre les instructions plus avancées sur la doctrine chrétienne. Les fidèles jouissaient tous des mêmes droits et avaient les mêmes devoirs, selon leurs conditions; ce qui n'empêchait pas qu'il n'y eût encore parmi eux quelques classes privilégiées, savoir : les ascètes, les vierges, les veufs, les orphelins et les pauvres.

Les ascètes se vouaient à un genre de vie plus parfait que le commun des fidèles; ils jeûnaient plus rigoureusement, et vivaient davantage dans la prière, le recueillement et l'éloignement du monde et de ses plaisirs. — Les vierges étaient les ascètes parmi les femmes, et de plus elles vivaient dans un état de continence parfaite et de retraite plus profonde. — Les veuves^ dites ecciesiasticœ^ renonçaient aux secondes noces et s'assimilaient, à peu de chose près, aux vierges. — Ces trois classes, dont nous devons parler plus loin, étaient distinctes de la classe commune des fidèles; elles occupaient de^ places réservées dans l'église, puisqu'elles se présentaient successivement h la sainte table pour la communion avant le reste du peuple : Ascetœ^ disent les Constitutions apostoliques ^ etinfœminis diaconisscBi virgines et viduœ. — Les orphelins et les pauvres for-^

I. TeHuÛ., ^PfiwcHpI., cap. xu; deBaptitm,, èap. ztn. •«- Sar les dié-' coM4ses, voyr ei^oore QabaisUt, leo. 3«| diasert. II. t. Const. apoitoUy lib. III, cap. ix.

maient eux-mêmes une sorte de catégorie particulière par le soin que l'Église eu prenait.

Enfin, au-dessous des fidèles venaient les catéchumènes, que Ton préparait au baptême par des instructions et des exercices particuliers dont nous parlerons aussi ailleurs. Ils étaient exclus des saints mystères et ne comptaient dans l'Église que comme espérance et objet de sollicitude. — Les pénitents, privés de la communion et exclus de rassemblée des fidèles, rentraient en quelque sorte dans la classe des catéchumènes pour se préparer à l'absolution publique, comme ceux-ci au baptême.

LEÇON XXVL

1. Les divers éléments de la constitution de l'Église apparaissent peu dans les premiers monuments de la théologie catholique, parla raison toute simple qu'aucun débat ne s'élevait alors dans l'intérieur de la société chrétienne, aucun conflit entre ses pouvoirs. Il n'en fut pas ainsi do la doctrine. Les hérétiques l'attaquèrent d'une manière qui devint dangereuse vers le milieu du deuxième siècle. Dès ce moment les Pères, jugeant la discussion nécessaire, invoquèrent contre eux les Écritures et la tradition. Us ne distinguèrent pas d'abord ces deux parties de la règle de foi : vivant au sein de l'Église, ils recevaient de cette source commune le texte sacré, lé sens traditionnel, l'enseignement oral, sans en faire une distinction formelle. Tout était mêlé et en quelque sorte confondu dans la parole vivante de l'Église. Condamnés par cette parole, les hérétiques se réfugièrent dans la lettre morte, et ce fut alors aux Pères une nécessité de tirer la règle de foi de sa synthèse primitive, et de distinguer, en l'analysant, la lettre de l'Écriture

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et la tradition qui en donne le sens divin. Résumons ce qu'ils ont dit de Tune et de l'autre.

Écriture sainte^, — Tous les Pères du deuxième siècle tiennent pour inspirés et divins les livres du Nouveau comme de l'Ancien Testament. Personne ne conteste ce fait pour ceux de l'ancienne alliance; Jésus-Christ y renvoyait lui-même les Juifs. Or les Pères citent de la même manière et avec le même respect les écrits des Apôtres et de leurs disciples. — Saint Ignace d'Antioche allègue ces écrits, et déjà il le fait en intercalant dans son texte celui des Évangiles ou des Épîtres, en omettant le plus souvent de nommer l'auteur sacré ^. — Saint Justin, disputant contre les Juifs ou s' adressant aux Gentils, a dû s'appuyer principalement sur les livres de l'Ancien Testament. Toutefois il recourt aussi au texte des Évangiles, notamment lorsqu'il expose la doctrine chrétienne par les paroles mêmes de Jésus-Christ, avec cette formule ordinairement : Le Christ ou le Seigneur a dit : eîttsv ô xpiaroç^. En racontant l'histoire de l'institution de l'Eucharistie, il la tire des commentaires ou mémoires des Apôtres, qu'on appelle Évangiles; et, un peu plus bas, il nous apprend que ces commentaires étaient lus comme les écrits des prophètes : Commentaria Apostolorum, aut scripta propheiarum leguniur*. Que pouvait-il dire de plus aux Gentils? — Tatien, le disciple de saint Justin, ou peut-être saint Théophile d'Antioche, fit une concorde des quatre Évangiles, A«àT«<x<ràpwv. — Saint Irénée, réfutant les hérétiques, avait lieu, plus que les apologistes, de citer les livres du Nouveau Testament, et il le fait sans cesse. Il emprunte à l'Épître P® à

1. ?oar leB Pères du premier siècle, Toy. S. Clem. pape, Ep, ad Cor,, tv, t, xni, zzxT, ete. On y trouve beaucoup d'allusions aux textes des évangiles et des épîtres da Nouveau Testlonent, ainsi que dans le Pasteur d'Hermas, dans la lettre de saint Barnabe et dans celle de Diognète.

1. Voy. Cotelier, t. H. Voy. aussi la Lettre de saint Polycarpe aux Philippitns, les fragments d'Athénagore, el saint Théophile ad ÀfUoHcum,

a. Àpol.j l, n. 1 5, et passim,

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