SlrOf»., lib. VI. § 17, p. «00. — Cf. § 15 et pasêim
200 LEÇON XXVI. ÉTAT DE L'ÉGLISE AU II» SièCLE.
sumus, hoc sunt Scripturœ ab initio^. La tradition nous a transmis la loi, la discipline, ou plutôt la constitution chrétienne et 1(îs Écritures. Toutes ces choses, sorties de la même source et comme du même moule, reproduisent le même corps de doctrine et de société : elles se donnent un appui mutuel et demeurent inséparables*. Il y a seulement cette différence pour les saintes Écritures, qu'elles sont venues les dernières, lorsque l'Église marchait déjà dans les premiers temps des Apôtres; qu'elles sont venues comme par occasion, successivement, et que grand nombre d'églises ont encore marché plus ou moins longtemps, sans les posséder que par parties, et même en étant tout à fait privées, comme saint ïrénée le rapporte de nations barbares qui étaient chrétiennes et ne possédaient aucune Écriture*. Ainsi les Écritures, nécessaires pour donner du corps et quelque chose d'immuable à l'enseignement oral pour la durée des siècles, ne le sont pas absolument pour la foi; tandis que la forme traditionnelle demeure dès l'origine comme la forme vivante et essentielle de l'Église et de tous ses enseignements. Voilà ce que les premiers Pères nous font entendre en toute sorte de manières, mais surtout lorsqu'ils repoussent les interprétations arbitraires ou individuelles des hérétiques. Ils ont tous insisté sur ce point qui est fondamental, saint ïrénée surtout contre les Gnostiques*, et beaucoup plus encore TertuUien contre tous les hérétiques et toutes les sectes possibles. « H est « également contraire à la vérité, dit-il, d'altérer le sens « ou de mutiler le texte**. » Non-seulement il leur montre « la véritable exposition des Écritures dans l'Église catho