TRADITION
« ligue*, » mais il va jusqu'à dire que « c'est par une dispo-
ff sition particulière de Dieu que les Écritures sont compo-
j « sées de telle sorte que les hérétiques pussent toujours y
a trouver la matière de toutes leurs erreurs. Car il est
( « écrit : // faut qu'il y ait des hérésies, et il ne peut y avoir
« des hérésies sans les Écritures, » c'est-à-dire, comme il
ife dit ailleurs ^ « si les Écritures ne pouvaient être tournées
« à des sens faux et pervers. » « Quœ (hœreses esse
« non passent, si non et perperam Scripturœ intelligi pos- « sent^. » Pensée hardie, mais profonde : elle prouve la nécessité de la tradition par l'existence même des Écritures, loin que celles-ci fussent une raison de la repousser*. Enfin TertuUien ramène la tradition à la simple idée de la possession, et de la possession ancienne, antérieure, pour ensuite la montrer inébranlable, invincible dans cette possession même par la prescription. Par cette manière d'argumenter, l'immortel auteur des Prescriptions montrait la tradition dans toute sa puissance : il posait son autorité « comme le fondement principal du Christianisme, ainsi « que parle Bossuet, et comme la plénitude de la connais- « sance ch rétienne '^. »
Quant au mode traditionnel, TertuUien, développant toujours saint Irénée, le place dans la succession non interrompue des évêques, jusqu'au premier évêque de chaque église, et par lui jusqu'aux Apôtres, s'il ne l'était pas luimême. « Qu'ils nous montrent les origines de leurs églises, » disait-il en parlant des hérétiques; « qu'ils déroulent la « suite de leurs évêques, et qu'ils remontent par leurs « successions jusqu'à un premier fondateur qui vienne des