DOGMES. TRINITÉ
pondant au reproche d'athéisme fait aux chrétiens par les Gentils; dans saint Théophile d'Antioche*; dans saint Irénée, qui expose d'abord contre les Gnostiques le symbole catholique , et marque en plusieurs endroits les trois personnes divines^; eqfin dans Clément Alexandrin®.
Nous arrivons à TertuUien. Il a traité, lui, ex professa^ du dogme de la Trinité, grâce à Praxéas et aux unitaires qu'il a réfutés en théologien. Après avoir donné le symbole de la foi catholique et confondu le novateur, Thomme d'hier, Praxeam hestemum, comme il rappelle, par l'antiquité de cette foi et la possession de TÉglise, il aborde la discussion théologique. Mais avant de la commencer, il fait bien remarquer que ce n'est pour aucun besoin de la doctrine, et encore moins pour la remettre en question. « C'était, dit-il, pour l'instruction et l'affermissement de « certains esprits^ et aussi afin qu'on ne s'imagine pas que « nous redoutons l'examen, lorsqu'on nous voit condam- « ner l'erreur par la voie d'autorité*. » On ne pouvait mieux commencer un traité de théologie. Nous ne suivrons pas maintenant TertuUien dans son exposition théologique du dogme. Il faut lire tout ce beau traité, étonnant de clarté et de précision dans un premier essai sur un mystère si profond. Il fallait assurément, et- avec tout le génie de TertuUien, que l'enseignement dogmatique de rÉglise fût dès lors bien explicite. Nous y trouvons en effet la distinction des personnes divines avec l'unité de substance, et par conséquent leur consubstantialité et leur divinité nettement exprimées. Le Père est autre que le Fils,
< rant, ac eoram in iinione potentiam, et in ordine distinctionem demonstrant? • - Cf. /6W., § Î4.
I. lib. n, ad AuMie.y g 15, où Ton rencontre encore le mot de Trinité, xi^
î. Toy. Àân. Bseres., lib. I, cap. z ; — lib. IV, cap. zx, et passim^ t. Pmdagog,f lib* I, p. 123 4* Adv, Praxtcun, cap. n.
no LEÇON XXVn. ÉTAT DE L'ÉGLtSE AU II« SIECLE.
le Fils autre que le Père et le Saint-Esprit; mais, répète Tertullien, chacun est autre à la manière que j'ai dite, comme personne, et non comme substance, pour la distinction, et non pour la division :... Personœ^ non êubstoH^ tiœ nomine; ad distinetiomm, non ad divisionem ' . — Sur le^ Processions divines, Tertullien n'est pas moins précis. Le Fils est engendré, et il est seul engendré, seul Fils, Dieu de Dieu, lumière de lumière : Ex Deo Dem^.., de Deo Dem ut lumen de lumine aecensutn^. Le Saint-Esprit est le troisième dans Tordi^e des persoiities divines; il n'est pas engendré, mais il procède du Père et du Fils; du Père par le Fils : Tertius enim eéi SpitUmaDeo et Fîlio^,.. A Pâtre per Filium **. Voilà biert le FUioqm conservé par les Latins, et la procession a Patrt pet^ Filium que les Grecs ont adoptée.
Nous avons entendu Tertullien parlant en théologien, et nous le trouvons exiict, parfait. Il n'en est plus ainsi lorsqu'il revient sur les mêmes mystères en philosophe, et qu'il entreprend d'en donner quelque explication. Nous le verrons bientôt en traitant des imperfections des premiers Pères,
2. IncamatîùHi Divinité de Jésus-Christ. — Là foî au Verbe incarné, ou à la divitiité de Jésus-Christ, est Texpression môme du Ghristianlsnie; et tout dans le Christian nisme doit en être comme empreint et l'attester . Aussi avons-nous trouvé cette divinité dii Sauveur Jésus chantée par léa premiers chrétiens (XII, I), confessée par les martyrs sur les échafauds % et par lès apologistes dans leurs éloquentes suppliques; écrite formellement dans les lettres
1. Adv. Praxeam,, cap. xu.— Cf. cap. m, iv, xtii, xix, etpo^âtm.