Ibidi, cap
6. Voy. Acta Martyrum dans D. Ruînart, et notamment le§ Àdteç d^ saîat Ignace d'Antioche, de sainte Félicité et d9 gaiot Polycarpé.
DOGMES. INOARKfATlON. DIVINITÉ DB JlSsUS-CHRIST. 211
des premiers Pères*; enfin constamment supposée et regardée comme la base de la société et des institutions chrétiennes, et de la doctrine et de renseignement, de la morale, de la liturgie et de Tascétisme; tellement que, si on faisait un Instant abstraction de ce point fondamental par excellence, ces écrits, ces institutions, cette société, hé seraient qu'une perpétuelle andmalie, également inexplicable et impossible. C'est là ce que nous pouvons appeler le témoignage social, puisqu'il est rendu par une société tout entière et qu'il s'identifie avec son existence même et sa vie. Pour le compléter, ajoutons le témoignage des adversaires mômes de cette société, celui des Gnostlques. Nous les avons vus depuis Sitnon le Magicien placer constamment le Verbe parmi leurs éons, au-dessus de l'humanité, et reconnaître un Christ divin qui serait venu animer Jésus et s'en serait retiré au moment de la passion. N'était-ce pas là attester que les Apôtres prêchaient hautement la divinité de Jésus-Christ, et quils la prêchaient comme la base du Christianisme? On n'attaque pas, on n'altère pas une doctrine qui n*existe pas; et surtout on ne l'invente pas pour le plaisir de se déshonorer en la combattant. Oui, le Gnosticisme, à le prendre dès le moment
I. On peut TOir leuri oaTragei, lef jnèmcs que.oeux indiquée oi-dessus siir le dogme de la Trinité. Nous ne citerons que saint Ignace d'Antioche, qui termine le premier siècle et commence le deuxième. En une foute d'endroits il appelle Jésus-Christ Qiev, i 0tdç, 4 m6% liiiêv, Fils de Biètt, en lui atlfibuant les perféetionai diTines et humaines, et eela fki)ssi simpleipeQt et aussi naturellement que ooos le faisons aujourd'hui. Voy., entre autres endroits, Epist, ad Ephe9f, c^p. ^y\ui ad Bom., cap. m et vi ; ad Smyrn.f cap. i. Cette dernière épître commence ainsi : Olori/Uso JêèUm ChHst^m Dêwn, — Ad Polycarp., dont toicl les dernières paloles : Opto vos valere temper in liîo Mstro J$$u Okritto in 900 pefiHantatii in unitate Dei et visitatione. Nous rappellerons encore ici les paroles si importantes du prêtre Caîus contre les Théodotiens; voy, ci-dessus (XXÎ, 5), et celles de l'Église de Smyrne dans sa lettre aux Églises après la mort de saint Polyèarpe (XYII, 3). — Sur la tradition des deux premiers siècles touchant la divinité de Jésus-Christ, voir Divinitas D, N. Jesu Christi manifesta in ^criptwrit et tnnr ditione, savant ouvrage in-fol., par D. Maran, qui l'a donné en francs, % toI, in-12.
OÙ il touche le Christianisme, est un fait absurde, impossible, si la divinité de Jésus-Christ ne fut pas l'article fondamental et le plus saillant de la prédication apostolique.
Si nous interrogeons maintenant TertuUien, il nous répondra avec la précision d'un concile. Praxéas et les unitaires, en niant la distinction des personnes divines, préludaient à la confusion des deux natures en Jésus-Christ, et préparaient Eutychès, dans leurs disciples ^. TertuUien les prévint et réfuta dès lors Thérésiarque du cinquième siècle. Il établit, en effet, aussi nettement que possible, la distinction des deux natures. « Le Verbe s'est fait chair, « dit-il, un Dieu homme est né dans une vierge : le Verbe « s'est-il donc transformé en cette chair? Non, il s'en est « revêtu seulement. Autrement, et s'il y avait eu transfor- « mation il n'y aurait donc en Jésus qu'une seule sub- « stance, un certain mélange de la chair et de l'esprit : « Ex came et spiritu mixtura quœdam^ qui ne serait ni « esprit ni chair, mais une troisième nature, autre que « l'une et l'autre substance entrées dans sa composition, et « Jésus ne serait point Dieu. Les Écritures nous enseignent « au contraire que Jésus est Dieu et homme, Fils de Dieu « et fils de l'homme, selon ses deux natures séparées par « leur essence propre, le Verbe étant essentiellement Dieu, « et la chair essentiellement homme. Enfin nous voyons « deux états, non confus, mais unis dans une seule per- « sonne, Jésus Dieu et homme : Videmm duplicem statum « non conftmm, sed conjunctum in una persona^ Devm et « hominem Jesum *. »
Nous ne trouvons ici que ce mot, mais clair et péreaoïptoire, m una persona, sur l'unité de personne. Ce point n'était pas nié par les unitaires; ils l'eussent plutôt exagéré; mais Marcion et d'autres Gnostiques le compromet-