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Terlull., de Pudicitia, cap. vu

IMPERFECTIONS DES PERES. dl9

« pouvoir, car nous sommes conservés par la grâce ^ » On voit ici prédominer la liberté : le philosophe alexandrin était rhomme de la raison chrétienne. Écoutons maintenant rhomme et le champion de F autorité : il ne manquera pas de faire prédominer la grâce. « Telle est donc, dit Tertul- « lien après avoir montré comment la nature faible et « flexible ne produit de bons résultats que par la grâce, « telle est la force de la grâce divine, de cette grâce qui « est plus puissante que la nature, et qui tient sous sa dé- « pendance la puissance même de notre libre arbitre ^. » Par cette dépendance TertuUien entend que c'est pour la nature un devoir d'obéir à la grâce, mais d'obéir librement.

7. Imperfections des Pères. — Sous ce titre nous comprenons les calomnies élevées contre eux, aussi bien que les erreurs et imperfections dans lesquelles ils sont tombés. Ne pouvant nous étendre, nous réduirons tous les chefs d'accusations formulées contre les Pères, par les hérétiques et les philosophes, à ceux de Platonisme, de Milléranisme, de défaut de critique ou de crédulité.

!• Platonisme. — En accusant les Pères de Platonisme, les uns ont prétendu montrer le Christianisme sortant des philosophies grecques et orientales; c'est le point de vue de nos rationalistes modernes, dont la discussion appartient à nos leçons sur le dix-neuvième siècle. Les autres n'ont voulu que dénigrer les Pères et ruiner leur autorité : c'est le point de vue protestant que nous allons examiner. Les Pères, disent-ils avec Mosheim ', épris des idées de Platon et de son école, en adoptèrent une partie plus ou moins considérable. De fà leur théorie touchant la vie mystique et contemplative, touchant les expiations, et de là aussi certaine manière d'expliquer le mystère de la Tri-

I. Oem. Alex., Sfrom., lib. Y, § 1, p. 647. 1. Dû Ànimay cap. zxi.

3. De hwbata per recentiores PlaUmicos Eccletia, t. I, Disserta '^ De Reb» cftHir. anU CoMtanHn,, § XI, «ec. S*, § XZXV.

220 LEÇON XXVII. ÉTAT DE L'iOLISE AU II» SIECLE.

nité et la génération du Verbe, contraires à régalité des Personnes et à la divinité du Verbe et du Saint-Esprit.

Nous répondons au premier grief touchant les idées mystiques, etc., par le tableau même de la doctrine et des institutions primitives de TÉglise, que nous traçons en ce moment. — Sur le deuxième article, tout dogmatique, nous nous contenterons de faire remarquer que les Pères mis en cause, saint Justin, Athénagore, etc., et les autres apologistes grecs, essayaient les premières explications théologiques de ces mystères si profonds; et ils ne pouvaient le faire qu'avec les éléments de la langue existante, parlée par les philosophes profanes : de là un langage, des expressions imparfaites, fausses même, prises littéralement. D'autre part, les Pères aimaient à signaler et à reprendre toutes les idées anciennes qui approchaient des idées évangéliques, les regardant comme des restes plus ou moins tronqués et défigurés des traditions primitives du genre humain, ou comme des emprunts faits aux sources chrétiennes. De là tous les rapports qu'on a pu remarquer entre leurs expositions théologiques et les anciens philosophes, surtout les Platoniciens. Mais quand on examine de plus près ces rapports, on voit de telles différences, que toute idée de vols et d'emprunts faits par les Pèrei^ devient absurde. Ajoutons que, dans les explications systématiques des Pères où l'on a cru voir davantage des erreurs contraires au dogme chrétien, on n'en découvre aucune, en examinant les choses de plus près. C'est ainsi que dans Athénagore, Théophile d'Antioche, TertuUien et quelques autres, les deux naissances qu'ils attribuaient au Verbe, Tune éternelle, l'autre au moment de la création, n'étaient que comme deux aspects sons lesquels ils considéraient le Verbe. Ils voyaient dans sa première naissance sa génération essentielle et divine, sa consubstantialité avec le Père; et dans sa seconde naissance, sa manifestation extérieure par la parole créatrice, une sorte de complément secondaire, contingent, ce qu'ils exprimaient en termes néces-

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