Id., ad Uxor,, cap. v
5. Tertull.^ de Orat,y cap. xiv ; de Cultu fcBmim^j. lih. Ily otp» xi«
PÉNITBNCE. 2Sf7
d'offrir, c'est-à-dire de remplir les fonctions sacerdotales^. Or toutes ces choses accusent évidemment Texistence d'un vrai sacrifice et d'un vrai sacerdoce dans l'Église de Jésus- Christ.
Terminons par une réflexion simple comme le bon sens. Au deuxième siècle, l'enseignement de l'Église s'adressait à des adultes sortis la plupart des rangs 4u paganisme, où ils avaient pris leurs premières habitudes. Cet enseignement devait donc être clair, précis, réservé même et discret sur les points qui eussent pu, en réveillant ces habitudes, les exposer à quelque genre d'idolâtrie et de superstition. Supposons maintenant que l'Église primitive n'ait admis que le sens figuré. N'était-ce pas le cas ou jamais d'expliquer ce sens de la manière la plus explicite, et de prémunir les fidèles contre le danger de pousser jusqu'à la superstition, jusqu'à l'idolâtrie, le culte rendu au pain eucharistique? Et néanmoins les premiers Pères, tous prêtres et la plupart évêques, s'expriment, ainsi que nous venons de le voir, en des termes dont le sens naturel et littéral va droit à la présence réelle, sans qu'il vienne à l'esprit d'aucun de ces hommes si éclairés et si zélés pour la pureté de la foi, la pensée si simple de joindre au moins un correctif, une explication nette, capable de prévenir toute fausse interprétation!
3. Pénitence. — Nous ne toucherons ici que deux articles plus graves, dont le second emporte le premier, savoir : le pouvoir que l'Église a eu dès son origine de remettre tous les péchés, par l'exercice d'une juridiction attribuée exclusivement au sacerdoce, et la confession, secrète ou publique, mais détaillée, des péchés. Les autres points suivront naturellement de la discipline exposée plus bas. Nous passons les premiers Pères, trop peu explicites*, pour arri ver de suite à TertuUien.
1. Tertoll., de Exhortât. ^ cap. xi; deMonog.^ cap. x; de Virgin, veland.f cap. IX ; de Prseêcript.f cap. xli.
2. On peut Toir cependant saint Clément pape, Epist. I, n. 51 et 52, passim.
1« Juridiction de l'Église, — Dans son Scorpiace^ TertuUien enseigne formellement que les clefs du royaume des deux ont été confiées à Pierre, et par Pierre à FÉglise : Nam etsi adhuc clausum putas cœlum^ menienio claves ejus hic Dominum Petro, et per eum Ecclesiœ reliquisse\ Tout son beau traité, purement moral, de la Pénitence suppose évidemment une magistrature établie pour accorder le bienfait de la réconciliation ou le refuser. Enfin TertuUien, devenu montaniste, déclare nettement que telle était la doctrine des Psychiques ou Catholiques, doctrine qu'il prétendait avoir abandonnée avec leur société', et qu'il ne put jamais déraciner de son esprit. Après avoir lutté en vain contre cette conviction, dans le déplorable écrit où il fait cet aveu, il finit par convenir que, lui aussi, il croyait encore, et plus que personne, que l'Église avait le pouvoir de remettre les péchés; ce qu'il entendait même des plus graves : ffoc ego magis et agnosco et dispono^; mais ce pouvoir, ajoutait-il, dont l'Église ne voulait pas faire usage, dans la crainte d'encourager les pécheurs, ne et alia délinquant^ avait finalement passé de l'Église des évêques dans celle des spirituels : Ecclesia guidera delicta donabit^ sed Ecclesia spiritus per spiritualem hominem, non Ecclesia numerus episcoporum^. Que de tristes raisonnements Tertullien se serait épargnés s'il avait pu montrer que la doctrine des Psychiques sur cet article n'était pas apostolique.
2** Confession. — Des divers témoignages de TertuUien il résulte qu'en son temps, et par conséquent dans les
-—Saint Irénée, adv, Hseres,, lib. I, cap. ix. — Pour les premiers Pores, Toy. Hiètoria Confessionis auricuîarit , par le docteur Boileau ; et le Trcûté de la Confession f livre excellent, par D. Denis de Sainte-Martbe. Voyez aussi le P. Scbeffmâcher. Lettre d'un docteur catholique à un Protestant, 4* lettre, pour la suite de la tradition depuis Tertullien.
t. TertulL, Scorp., cap. s.
2. Erit igitur et hic adversus Psychicos tilulus, adversus me» <)uoque^ sententiœ rétro pênes illos societatera... De Pudicit,, cap.i.