‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 126 sur 329 · PURGATOIRE, INDULGENCE · texte numérisé non relu

PURGATOIRE, INDULGENCE

4. Purgatoire, — Indulgence, — Pour compléter cette matière de la pénitence, il nous faudrait constater encore la foi de TÉglise au deuxième siècle, sur le Purgatoire, qui n'est lui-même qu'une pénitence complémentaire, et sur les indulgences; mais le défaut d'espace nous réduit à quelques simples indications, ainsi que sur les articles suivants.

Sur le Purgatoire, nous pourrions citer Clément Alexandrin, qui parle en plusieurs endroits de peines purgatives après cette vie, ainsi que le remarque Potter lui-même, son savant éditeur^; mais nous arrivons de suite à Tertullien, qui est très-formel. Non-seulement il dit que Tàme expie ses fautes légères en attendant la résurrection, mais il mentionne l'usage de prier pour les morts, comme un usage traditionnel et dès lors apostolique : Ôblationes pro defunctis^ pro natalitiis annua die facimus^, et en parlant d'une veuve : Pro anima [ejus sui mariti) orat^ et refrige^ rium intérim adpostulat^. Saint Cyprien cite un décret fait avant lui, dans un concile d'Afrique, lequel privait du sacrifice offert pour les morts ceux qui institueraient un clerc tuteur : Si guis hoc fecisset, non offerreiur pro eo née sacrifieium pro dormitione^. Ce décret, dressé avant le milieu du troisième siècle, attestait la loi et l'usage du deuxième.

La prière pour les morts avait pour effet d'obtenir un adoucissement à la sentence divine, c'est-à-dire de Yindulgence. Or le simple bon sens nous dit que l'Église, investie elle-même du pouvoir de juger et de condamner les pécheurs à des peines expiatoires, devait posséder aussi le droit presque inséparable d'adoucir ces peines, et d'exécuter miséricordieusement sa propre sentence. Il fallait, pour

i. Yoy. Strom., lib. VI, § 14, p. 794, note 4, édît. Oxon.

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