‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 13 sur 329 · LEÇON III. L'ÉGLISE AVANT JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LEÇON III. L'ÉGLISE AVANT JÉSUS-CHRIST

Les Circonstances ne tardèrent pas h y conduire les tribus. Les rivalités, les querelles, les agressions, forcèrent les tribus à s'unir en corps de nation, et l'ambition des chefs contribua encore à l'établissement des monarchies ou des empires. Ce développement social influa d'abord sur le culte. Le père de famille, le patriarche, cessa d'être le prêtre de ses enfants : pour satisfaire au culte national, il fallut un corps sacerdotal, c'est-à-dire une corporation uniquement occupée de la religion, et dès lors dépositaire des enseignements religieux. Ces hommes plus éclairés, et dont l'autorité était sacrée aux yeux des peuples, formèrent une caste à part, une sorte d'ordre monastique qui eut ses privilèges et ses secrets, ou ses mystères, et se recruta par les initiations.. Tels furent les Isiaques en Egypte, les Mages chez les Perses et les Chaldéens; chez les Indiens, les Gymnosophistes et les Brachmanes; les Druides chez les Gaulois et les Bretons; et une foule d'autres moins célèbres. Ces corporations conservèrent avec plus de soin les traditions; elles les altérèrent toutefois à leur manière, mais avec un certain art où l'on voit dominer une imagination plus ou moins exaltée. Il en fu4 de la morale comme de la doctrine. Ces hommes, qui étaient les sages du paganisme, mêlaient aux habitudes d'une vie plus pure, plus austère, plus pieuse en leur sens, des pratiques superstitieuses et quelquefois puériles. Leur système religieux constituait en même temps toute leur philosophie; ils surent l'envelopper dans un langage mystérieux, et le tenir comme une doctrine sacrée et immuable au fond de leurs sanctuaires, loin des profanes. Ce mystère dont^ils s'environnaient divinisait en quelque sorte ces prêtres philosophes, et nourrissait leur orgueil de l'aliment le plus subtil. — Mais le peuple grossier et ignorant avait d'autres passions à satisfaire. Il lui fallait des dieux sensibles; il se fit des idoles, et se jeta dans les superstitions les plus dégradantes en tout sens. Ainsi, depuis l'Egypte jusque dans la Perse et sur les bords de l'Indus, les traditions primitives.

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