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EXTRÊME-ONCTION. ORDRE. MARIAGE.— LA MORALE

non-seulement approuvait le mariage en général, mais regardait aussi comme licites les secondes noces, malgré la grande défaveur qu'elle laissait tomber sur une nouvelle union. Le témoignage de TertuUien est positif, irrécusable*.

Tel était l'enseignement de TÉglise au deuxième siècle sur les divers points qui constituent son symbole. Passons maintenant à la loi morale, qu'elle a eu également mission d'enseigner et d'imposer h ses enfants.

1. La Morale. — Personne ne conteste sérieusement la pureté de la morale chrétienne. Forcés de lui rendre hommage, les déistes ont essayé du moins de tourner sa perfection même en objection. Ils ont dit : 1** qu'elle était impraticable et au-dessus des forces humaines, ce qui prouve seulement la nécessité de la grâce, et nous fournira bientôt le moyen d'en prouver historiquement l'existence par le tableau des mœurs chrétiennes ; — 2** qu'elle était le résumé des plus belles maximes de l'antiquité. Mais les Pères du deuxième siècle, plus en état que nous d'apprécier l'origine des idées qu'ils étaient chargés d'enseigner et de promulguer, ont répondu à cette assertion. Loin de les croire venues des Grecs, des philosophes païens, ils reprochèrent hautement à ceux-ci leurs larcins touchant les vérités qu'ils ont empruntées aux sources primitives du Christianisme, et Clément d'Alexandrie le fit notamment pour les vérités morales; ils n'ont pas craint d'être démentis, et ils ne le furent pas. Il doit donc demeurer certain

1. Voy. ad Uxor,, lib. I et n, — cte Exhort.f cap. viii. — De Honogamia, cap, I, etpojMtn.

236 LEÇON XXIX. ÉTAT DE L'ÉOLISS AU IP SlàCLB.

pour nous, comme pour les premiers Pères, que ce furent les Gentils qui copièrent les Chrétiens, et non les Chrétiens qui empruntèrent aux Gentils : Non ergo eâdem nos ac alii opinamur; sed nostra omnes imitati edisserunt^. — D'ailleurs, pour le dire en passant, 1^ simple lecture de TÉvangile ne permet pas au bon sens naturel de méconnaître ce caractère d'originalité qui a passé dans les enseignements des Pères, comme dans la vie des premiers Chrétiens, et qui repousse bien loin toute idée d'un système moral combiné par des emprunts et avec la méthode éclectique. . 2. Ne pouvant entrer ici dans le détail des règles et des maximes de la morale chrétienne, nous devons du moins faire remarquer ses caractères fondamentaux. Le divin Législateur les a résumés lui-même dans l'amour ou la charité, qui est l'article suprême de sa loi, et dans la haine de soi-même, qui en est la partie secondaire et de circonstance. Ces deux affections, si contradictoires en ellesmêmes, forment le double caractère de la loi évangélique et s'unissent harmonieusement dans le code chrétien. L'homme coupable et soumis à la tentation a besoin d'expier et de combattre. La nature une fois immolée, tous les intérêts du prochain trouvent grâce devant l'homme; à l'égoïsme succède l'amour de ses semblables, et à l'intérêt personnel, la charité pour ses frères. Cet état contre nature s'explique et se justifie en se terminant dans l'amour de Dieu, qui est la perfection et la consommation de la charité. C'est là que l'homme se retrouve heureusement en se perdant d'abord, et que l'amour de soi-même reparaît à sa place naturelle dans son cœur, au-dessous de l'amour de Dieu et au-dessus de l'amour du prochain.

Ces considérations, que nous indiquons ici en courant, nous découvrent l'esprit tout entier de la morale chrétienne; elles nous expliquent les maximes et les institutions de l'Église, la vie et les habitudes des Chrétiens. Tout y est

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