‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 142 sur 329 · LOIS ECCLESIASTIQUES · texte numérisé non relu

LOIS ECCLESIASTIQUES

simple bon sens aux auteurs de ces pièces, imposteurs ou non. Or ils eussent été des hommes insensés, absurdes, si, en fabriquant une exposition des rites anciens et primitifs sous les noms des Apôtres ou de leurs disciples, ils ne se fussent appliqués à ne reproduire que ceux qui passaient en leur temps pour anciens et apostoliques. Nous indiquerons en même temps les auteurs modernes qui ont le mieux exploré ces sources anciennes et ont reproduit en conséquence avec le plus de vérité les différentes parties de la discipline des temps primitif;^^.

i . Pour faciliter et abréger nos indications des auteurs, nous prions nos lecteurs de parcourir les auteurs appréciés dans notre Iniroductionj sect. III, n. 69- 87 et suiT., et 103, auxquels nous ajoutons les suivants : 1* Sur les antiquités juivtê. Dissertations de D. Calmet, dans sa Bible, et celles de la Bible de Vence, ia-8 et in-4, la plupart tirées de D. Calmet pour le fond. On doit s'attacher particulièrement à rbistoire des Juifs depuis la captivité. Ce furent les institutions qu'ils reçurent alors qui préparèrent de plus près la discipline primitive de r Église. Ceux qui ont fait l'histoire des Juifs depuis la ruine de leur temple par les Romains remontent naturellement aux derniers temps de leur monarchie. On peut ▼oir surtout les travaux du célèbre Maimonides sur le Tahnud (en général, néanmoins, il faut peu s'en rapporter aux rabbins sur cette époque de leur histoire). — Selden, Basnage, Bacchini et les autres indiqués plus haut, Leçons I et II, p. i, 8 et 10.

2* Sur les origines chrétiennes, — Outre Mamachi et autres indiqués dans VlfUroduetionj n. 8U, etc., nous signalerons Sel vaggio, Antiquitatum Christian. Institutiones, 7 vol. in*12 (Vercelli, 1778), édition que nous citerons. Il a sur Uamacbi l'avantage d'être complet, quoique moins étendu. -— Le cardinal Bona, de Reb, UturgiciSy avec les notes et additions très-importantes de D. Rob. Sala, 3 vol. in-fol. Nous la citerons ordinairement. — Duguet, Conférences ecclésiaS' tiques, 2 vol. in-4. Elles renferment 67 dissert, qui touchent à presque tous les points de la discipline primitive; mais, en une foule d'endroits, l'auteur y méconnaît les vraies notions sur la juridiction ecclésiastique, notamment sur la juridiction suprême des papes. Voyez, par exemple, dissert. X, § 2 ; dissert. 67, ete« Duguet, trop jeune encore lorsqu'il fit ses Conférences, était d'ailleurs un bos esprit, mais altéré par le mauvais esprit janséniste.— Les dissertations choisies sur presque tons les points de la discipline et des mceurs de l'Église primitive, 2 vol. iji-4, que le P. Zaccharias a jointes à la traduction latine des Mteurs des chrétiens de Fleury, intitulée : Disciplina populi l>0t.— Sur Ringham, voy. Introd,^ n. 102. Nous citerons toujours la traduction latine, édit. de Hall, i 75 1 , en i 1 vol. iA.4. — D. Chardon, Hist. des Sacremente.— Pour les Constitutions et Canons afostoliqueSf nous les lisons dans Gotelier, édition d'Anvers, 1598. •» Nous indiquerons les ouvrages spéciaux en traitant chaque question.

4. Hiérarchie ecclésiastique'^. — Il n*est plus question ici de cette hiérarchie de droit divin que Jésus-Christ a donnée pour base à la constitution de son Église, et qui comprend les diacres, les prêtres, les évoques et le Pape. Nous en avons parlé plus haut (XXV, 1.) En ce moment nous voulons traiter de cette hiérarchie de pure discipline, qui comprend les différentes juridictions que nous voyons interposées entre le Pape et les évêques, sous les noms de métropolitains, d'archevêques, de primats, exarques et patriarches. On demande maintenant si ces juridictions ecclésiastiques remontent au deuxième siècle, non pas avec le développement qu'elles ont reçu depuis, mais au moins en principe et pour le fond; et nous n'hésitons pas à répondre affirmativement. Les Juifs, sous les Asmonéens, avaient trois sanhédrins ou cours judiciaires: les petits; les moyens, dont la juridiction était plus étendue; enfin le grand sanhédrin, qui siégeait à Jérusalem avec une juridiction universelle ^. Les Chrétiens, nés au milieu de cet état de choses, ne pouvaient manquer de s'en approcher, et d'autant plus que ces juridictions hiérarchiques entrent tout naturellement dans l'organisation d'une société nombreuse et étendue. Il est donc naturel de penser que les évêques des grands centres de population où affluaient les Juifs, et où les églises se formèrent tout d'abord '«t plus nombreuses, telles qu'Antioche, Alexandrie,- Rome dans l'Occident, durent jouir dès le principe d'une grande prépondérance sur les évêques des sièges moins anciens et moins considérables. L'empire romain avait aussi, dans son organisation, des chefs-lieux, des métropoles avec dea circonscriptions plus ou moins étendues. Ces villes mères^

{ . Sur les juridictions et les proTÎnces eceléiiastiques, Toir Thomassio, Biêci* pline, part. ire. — D. Bacchîni, de Ecclesiast, hiérarchise oriffin, — Cabassot, sœc. 2**, dissert. XIY, de Provinciis eccleeiasiicis. — EUies Dupin, de Àntiq^ Ecclesiae disciplinay dissert. I. Ce livre est à l^Index. — Duguet, fllssepl. LIX.

2. Voir D. Bacchinî, part. H, § 19, p. 154; § 18, 21 et 22, — Cf. Prideaox, liY. V. — Selden, de Syrihedriie, — Basnage, lir. III, ch. i.

HIERARCHIE BGCLESIÀSTIQUË. 251

qui acquéraient ainsi une nouvelle importance comme centre des affaires^ devenaient encore, par la force des choses, des sièges épiscopaux supérieurs à ceux des villes suballernes situées dans les mômes provinces. De là les provinces et les circonscriptions ecclésiastiques ont paru réglées sur les circonscriptions civiles de l'empire; ce qui n'est pas juste toutefois, surtout avec Constantin ^ Si nous arrivons aux preuves directes, nous en trouverons peu dans ces premiers temps. Nous y voyons cependant des conciles ^ et ces conciles sont présidés et représentés pap l'évêque le plus considérable très-probablement, comme il arriva pour la question de la Pâque sous le pape Victor : saint Irénée, évêque de Lyon; Polycrate d'Éphèse, Narcisse de Jérusalem, Théophile de Césarée, y paraissent seuls pour les évoques de leurs provinces. Au commencement du troisième siècle Agrippa, et au milieu du même siècle saint Cyprien, présidaient comme évêques de Carthage, tous les évêques d'Afrique, en qualité de primats; comme saint Denis d'Alexandrie présidait dans le même temps les évêques de la Pentapole et de la Libye. Enfin au concile de Nicée on voit l'élection de chaque évêque confirmée par le métropolitain de sa province*. Le même concile sanctionne par son autorité les droits des métropolitains, les privilèges des provinces et la juridiction des églises ; il consacre les droits du siège patriarcal d'Alexandrie, droits qu'il appelle anciens : Antiqut mores serventur I et mentionne à cette occasion ceux de Rome et d'Antioche *. Si, au commencement du quatrième siècle, ces hautes juridictions parent être proclamées comme anciennes, sans récla* malien de la part des évêques intéressés qui étaient présents, il est certain qu'elles n'étaient point le fruit do quelque usurpation récente, et qu'elles remontaient aux

i. Toy. BaecUo), part. I, cap. m.

t. Voy. Tertall., de Jejun,, cap. xiii. — Can, Apostol.t can» 30 (allas 38).

Page 1