Habits sacrés^. — Il est reconnu généralement
t. Voy. Ub. VIII, cap. ii et xni.
1. Sur les halûts sacrés, voir le P. Honoré de Sainte-Marie, RéfUx. mr la
t66 LBÇON XXXII. i^TAT DB L'ÉGLISB AU II« SIECLE.
que, dang les premiers biècles de TËglise, les habits don on &e servait dans la célébration des saints mystères étaient semblables pour la matière et pour la forme aux vêtements ordinaires. Mais ces mêmes habits, qui servaient dans les cérémonies du culte, étaient-ils réservés uniquement à cet usage sacré? Quelques auteurs le nient ; mais l'opinion affirmative a pour elle la plupart des critiques, la vraisemblance et toutes les raisons de convenance. Les premiers Chrétiens ne durent pas traiter assurément avec moins de respect nos mystères, que les Juifs et même les Gentils leurs propres cérémonies. Or les Juifs et les Gentils avaient des habits de cérémonie pour leurs sacrifices. Ce fut sfins doute pour corriger un abus sur cet article que le pape saint Etienne, d'après le Liber Pontificalis^ défendit aux prêtres et aux lévites de porter hors de Téglise les habits sacrés, vestes sacratas «.
3. 3** Messe des catéchumènes. —Avant le sacrifice proprement dit, il y avait une partie préparatoire, un office composé de lectures tirées de FAncien et du Nouveau Testament, d'exhortations, de la psalmodie et de quelques prières récitées sur les pénitents, les énergumônes et les catéchumènes. Comme ces derniers tenaient le rang le plus
critique f t. II, p. 557.— Vicecom., de Mieex apparatu^^h, l\ — Booa etSala, lib. I, eap* v, § S ; cap. xxiy, g 4. — Kraser, g 136 et Mqq. — Thonsanin, Dmctp{., lib. II, cap. UT, t. I, p. 74 1> Mit» de 17t5, U meilleore, que noua citona toujours. -- SeooU XIV, é^ Sacrif. MW9S, seqt, 1, g 38.— > Booquilltft, TVofVe h%êtOTiqu6 de la liturgie sctcréej liv. I, cb. yii*
i • pRoatàiia.
Lee habite qui eervaient dçme les cérémoniet (^ culte étaient-ile réservée uniquement à êet ueage eatré ?
Pour la négalipp : lea «nteiir* protestante. Ptmii les cttboMques, HeequHlot e| quelque* autres s^ns doute, tels que D. de Vert, ExpHc. (h* àérémon^ de l'Église, qui ne s'explique pas toutefois forifteUeiQeDt sur la question poaé^ coiqoie nous Tenons de le faire.
PûMr VafiirmaUffe t Bohi et Sala, Thonasim, Benott XIV, et surtout Honoré de Sainte* Marie^ qui réfute Boequillot.
Dans la discussion de ce problème, faire bien attention au vrai état de la question, où il ne s'açit nullement de la forme des habits.
MBSSB DES OATÉCHUMÂKES. MESSE DES FIDELES. S67
important parmi tous ceux qui étaient exclus des saints mystères, cet office fut appelé la Messe des catéchumènes. Il est ancien comme le catéchuménat lui-même, et les Constitutionê apostoliques nous en ont donné la description ^
4. 4° Messe des fidèles. — Après la sortie des catéchumènes, le sacrifice ou la messe des fidèles commençait par rOffertoire. Chacun des assistants apportait son offrande en pain et en vin, que les diacres déposaient sur l'autel pour la consécration, tandis qu'on chantait un psaume. Venaient ensuite les prières et les rites qui constituent cette partie du culte chrétien. C'est la liturgie proprement dite*, sur laquelle deux questions se présentent : 1** A-t-elle existé dans les deux premiers siècles avec un certain développement? 2* Quelle était cette liturgie primitive?
A la première question, nous répondrons affirmativement sans hésiter. Pense-t-on que les Apôtres et les premiers Chrétiens, accoutumés aux splendeurs du temple, et en face des solennités du culte païen, auront laissé ce que la religion avait de plus auguste, le sacrifice, réduit à sa plus simple expression et dans une sorte de nudité, sans formule de prières et sans appareil? SI Thisloire est muette, on sait que ce silence lui était imposé par le secret absolu qui enveloppait ces redoutables mystères, Cela est si vrai, que ce silence se prolonge avec le secret encore loin dans le quatrième siècle et plus tard, dans les temps où il existait certainement de belles et majestueuses liturgies. Mais nous ne sommes pas entièrement dénués de preuves. Cette liturgie des quatrième et cinquième sièclps portait avec elle tous les caractères de la tradition apostolique. Saint Cyrille l'expliquait à Jérusalem aux nouveaux baptisés et ea parlait comme d'une inatitution reçue ei m-
1. Ub. Il, cap. JttTu; lib. VIU, cap. vi. — Cf. Hierarch. eccîes., p. î [et 3.
t. Sur les liturgies, Toir pour le texte Kenaudot, Liturgies orientales; — Jos. L. Assemani, Codex litwrgicus Bcclesiae; — iTamelius, Mabillon et Uuratori. Pour 11 diseussloii sur ies liturgies, toy. plus haut la leçon X, n. 4 et la note. •— Voy. aussi, pour la bibliographie, notre Introduct», sect. 3, § 6, p. 180.
cienne^. Saint Augustin, qui l'expliquait en Afrique*, entend de cette liturgie les prières que recommande saint Paul à Timothée*; ce qui suppose qu'il la croyait descendue des Apôtres. Saint Basile, dans l'endroit déjà cité tant de fois, où il énumère une partie des traditions apostoliques non écrites, met de ce nombre les prières qui précèdent et qui suivent la consécration, lesquelles, dit-il, ont un rapport très-important avec le mystère*. Enfin les premières liturgies dont on trouve les églises en possession aux quatrième et cinquième siècles portent le nom de quelque Apôtre, de saint Pierre à Rome, de saint Jacques à Jérusalem, de saint Marc à Alexandrie. La tradition les attribuait donc aux Apôtres, de même que les deux liturgies que l'auteur des Constitutions apostoliques nous a conservées*, et qu'il n'eût pas osé consigner dans son recueil, si elles n'eussent porté ce caractère.
5. A notre deuxième question : Quelk était la liturgie primitive ? nous nous contenterons de répondre par une simple énumération des parties de cette liturgie, ne pouvant entrer dans les détails immenses qu'exigerait la matière. Toutes les liturgies qui apparaissent aux quatrième et cinquième siècles ayant un fond commun avec des divergences plus ou moins considérables dans les articles secondaires, il n'est pas douteux que ce fond commun ne remonte jusqu'aux Apôtres et ne reproduise la substance même de la liturgie primitive. Ce double fait du fond commun et des divergences ne s'explique qu'en disant que les Apôtres, qui fondaient tout d'après les instructions orales de leur divin Maître, eurent à cœur surtout de poser les
1 . Toy. M cinquième catéchèse mystagogique et le P. Lebrun, Explication de la messe, t. U, dissert, I, art. yi.
S. Serai. 227, de Tempore,