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LITURGIE PRIMITIVE

bases de la liturgie, c'est-à-dire de ce que la religion avait de plus sacré : ils en réglèrent le fond, pour raccommoder au mystère eucharistique et en même temps aux: dogmes chrétiens et à Tesprit qui devait animer TÉglise dans tous les temps; ils laissèrent ensuite les parties accessoires, et Texécution en quelque sorte de leur plan, à la disposition des évêques, qui pouvaient mieux apprécier les circonstances si différentes où ils se trouvaient en ces premiers jours du Christianisme. De là ces modifications faites à la liturgie primitive, le fond apostolique toujours subsistant ; de là ces additions et ces retranchements, qui donnèrent lieu aux liturgies diverses connues plus tard. Cette nécessité temporaire, dont nous ne pouvons déduire ici les raisons, étant passée, les liturgies ne cessèrent de tendre à Tunité, à cette unité vers laquelle TÉglise tournait toutes choses pour les retenir dans son sein.

Maintenant, voici les parties qui nous semblent constituer ce fond commun des liturgies, ou la liturgie primitive. Pour les prières, nous trouvons la Préface^ le Trisagion SanetuSf Y Oraison dominicale, qui manque toutefois dans les Constitutions apostoliques^ par une exception qui nous étonne; enfin les oraisons du Canon, où Ton rappelle le souvenir des mystères de la passion, de la mort, de la résurrection et de l'ascension de Jésus-Christ. On y fait mémoire aussi des apôtres, des martyrs, etc., ainsi que des vivants, en commençant par les supérieurs et les autres membres du clergé; puis venaient les laïques, ce qui s'entend surtout des bienfaiteurs. C'est de là que sont venus les Diptyques^. Pour les rites et les usages, nous citerons le mélange de l'eau avec le vin ; le baiser de paix que les fidèles se donnaient entre eux au moment de l'oblation. Les hommes le donnaient aux hommes, et les femmes aux personnes de leur sexe. — Pour la manière d'assister

f . Sur les Diptyquef, Toir le P. Ro&weide, Onomaaticum ad vitas Patrumt p. 1014.— - Cabaisnt, mbc. So, disserLXV,

aux saints mystères, les premiers Chrétiens priaient à genoux, excepté le temps pascal, où Ton se tenait debout; ils se prosternaient dans les supplications; ils étaient assis pouf entendre les instructions, et debout pour le chant des psaumes. Ils se tournaient d'ordinaire vers Forient pour prier, levaient modérément les mains vers le ciel, quelquefois même tenaient les bras en croix pour figurer la passion du Sauveur, et inclinaient la tête surtout pour recevoir la bénédiction. Ce qu'il y avait de plus remarquable encore, c'était la piété toute céleste qui animait les fervents Chrétiens dans ces différentes postures. Déjà le lieu saint leur inspirait un double sentiment de crainte et d'amour; il est très-vraisemblable qu'ils y entraient les pieds nus, et l'on voit en divers monuments qu'ils en baisaient les portes et en embrassaient les colonnes avec autant de respect que d'affection. — Pour les rites qui pouvaient donner de l'éclat au culte, nous ne remarquerons que l'usage de Vencens et celui d'allumer des lampes ou des cierges.

6. Questions diverses, — 1° Dans quelle langue la liturgie primitive a-t-elle été célébrée ? — Nous répondrons, avec le cardinal Bona, qu'elle fut célébrée dans la langue vivante de chaque grande région où la religion chrétienne avait des autels^. C'était là encore une nécessité des premiers temps; mais, une fois écrite et fixée dans ces langues où l'Évangile fut prêché et expliqué, il y avait toute raison de la conserver en cet état^ sans s'exposer aux graves inconvénients des traductions et aux révolutions que subissent les idiomes, comme les peuples •. 2* La liturgie fut-elle écrite dans les premiers siècles ? Les critiques sont partagés sur cette question, qui se rattache à celle de la tradition orale. Pour nous, nous pensons qu'il n'y eut point

1 . Le p. Honoré soutient qu'on n'a jamais célébré la liturgie que dans les trois langues hébrwque, grecque et latine. Voy. Réflex. sur la critiqw, t. III, lib. V, dissert. IV, p. 258.

2. On peut faire de cette question : Quels sont les inconvénients élis liturgies en langue vulgaire? le sujet d'une dissertation utile contre les protestants.

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