‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 16 sur 329 · LEÇON IV. L'ÉGLISE AVANT JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LEÇON IV. L'ÉGLISE AVANT JÉSUS-CHRIST

être les apôtres. Les dix tribus captives Commencèrent k répandre dans tout TOrient les oracles divins; les deux autres tribus les portèrent à Babylone, tandis que d'autres Juifs se retiraient en Egypte. Ce fut dans cette dernière contrée, au centre même du mouvement philosophique, que leurs livres sacrés furent traduits en grec, dans la langue même qui allait consacrer par la fusion des idées le système gnostique, 273 ans avant Jésus-Christ. Les Juifs, répandus jusqu'alors dans TOrient, se trouvèrent dès cette époque mêlés constamment avec les Grecs et les Romains. Immédiatement avant Tère chrétienne, on les voit établis avec leurs synagogues dans tous les lieux un peu importants de l'Occident civilisé, dans la Syrie et l'Asie Mineure, dans la Grèce etlltalie, depuis Antioche jusqu'à Rome. Or, partout où les Juifs pénétraient et s'établissaient, l'attente du Messie promis, du Libérateur, le Désiré des nations, se ranimait dans les esprits. Les Juifs, leur temple et leurs livres devenaient plus célèbres, et tous les regards étaient tournés vers la Judée, lorsqu'elle devint le berceau du Sauveur^.

4. Si maintenant, pour nous résumer, nous reprenons les traits principaux de cet état du monde, nous trouverons : i^ chez les Juifs, l'attente formelle et prochaine du Messie, avec des idées fausses sur son caractère; le texte encore pur des livres sacrés, mais prêt à s'altérer avec le sens par les traditions et les interprétations, en un mot par les opinions arbitraires des différentes sectes qui avaient rompu l'unité dogmatique; enfin l'unité nationale, soutenue alors par un patriotisme fanatique contre le joug des étrangers, qui étaient les Romains, unité qui allait disparaître victime des excès de ses aveugles défenseurs. 2<> Dans le monde grécoromain, un culte et des dieux dédaignés de toutes parts

1. Voyei les Césars y par M. de Champagny, t. I, Jules César, p. 211, où il montre comment les institutions, les guerres et les conquêtes de Jules César contribuèi-ent à cette unité matérieile des peuples, consommée par Auguste, et à Taecomplissement des grands desseins de la Providence ; et p. 301, pour le règne d'Auguste allant à la même fin.

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