‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 17 sur 329 · HARMONIE PROVIDBNTIELLB. JESUS-CHRIST · texte numérisé non relu

HARMONIE PROVIDBNTIELLB. JESUS-CHRIST

par les philosophes, et qui se soutiennent dans les masses par le fanatisme de Tignorance et l'abrutissement des plus grossières passions; des écoles et des systèmes qui sèment partout le doute et pervertissent les vieilles mœurs; le luxe, la mollesse et la débauche perdant toutes les classes et énervant toutes les générations; et toutefois des restes encore sensibles de la gravité, de la sagesse et des vertus romaines. 3^ Dans le monde barbare, au nord, des mœurs simples et antiques, mais dures jusqu'à la férocité; à Forient, les traditions primitives conservées avec moins d'altération dans les corporations des prêtres philosophes; partout des cultes populaires et en harmonie avec la grossièreté et le génie des peuples. 4** La raison humaine se reconstruisant avec les idées orientales et l'activité grecque dans la conjonction de l'Orient et de l'Occident, et s'égarant en même temps avec plus de puissance et d'orgueil dans les voies nouvelles du Gnosticisme. 5® Enfin dans l'étendue de l'empire romain et dans sa haute prépondérance sur les nations encore libres, la facilité des communications, l'union matérielle des. peuples et la pacification du monde.

5. Ce fut au milieu de ce concours merveilleux de circonstances que le Christianisme parut, c'est-à-dire à ce moment suprême où il pouvait se rattacher à l'ancien monde par des fils sensibles qui devaient lui servir comme d'un point d'appui humain, et qui, sans lui, allaient achever de se rompre. Il a trouvé la nation juive encore debout avec son temple, ses livres et les saines traditions; chez les Romains, il a trouvé assez de vertus et de bon sens pour se faire comprendre et même admirer des esprits où le fond antique était le moins altéré. Il eut précisément le temps de ranimer ces restes de vie, et de s'emparer de l'empire pour y attendre les barbares et en faire comme le nerf de la civilisation nouvelle et chrétienne. Le Christianisme saisit la raison humaine au moment où l'Orient et l'Occident conspiraient ensemble pour en réunir les idées et les

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puissances, et au moment aussi où, par un abus dé ses nouvelles forces, elle allait s'égarer plus profondément et se dégrader sans mesure. Enfin la lumière évangélique va luire pour les peuples, lorsque les peuples, comme les idées, se concentrent sur un point d'union qui est le sceptre romain. Les uns vivent sous ce sceptre, formant un seul empire et comme une immense nation; les autres autour, mais tendant vers lui pour le briser ou le défendre, syncî^étisme universel des hommes et des idées, mais grossier et imparfait, qui n'avait mission, dans le plan de la Providence, que de rapprocher toutes choses pour les remettre entre les mains de l'Église j qui seule pouvait les unir.

1 . Les temps marqués par les prophètes étant accomplis» Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, naquit à Bethléem, de la Vierge Marie, dans une pauvre étable. L'humanité déchue fut ainsi remise dans mi nouveau contact avec l'être parfait; elle fut unie à Dieu par le nœud divin de l'union hypostatique ou personnelle. Pour la rendre digne et capable de cette nouvelle destiuée, Jésus-Christ ne s'est pas contenté de racheter l'homme en donnant son sang et sa vie; il l'a régénéré tout entier. Par sa doctrine et ses maximes, par ses exemples et la puissance de sa grice^ il a triomphé de l'erreur et du péché, et rétabli sur leurs ruines le règne de la vérité et de la vertu. Mais, remarquons-le bien, le divin Réparateur n'a pas voulu accomplir ce grand ouvrage immédiatement et comme par lui-môme. Sa sagesse lui a dicté un autre plan : il a créé au sein de l'humanité ou de la société humaine une société faite à sa propre image^ divine et humaine tout ensemble, c'est-à-dire

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l'Église*. Voulant fîiire de cette i^oçiété la dépositaire permanente de son enseignement et de ses institutions, le canal de ses grâees et l'instrument de sqn action, en un mot l'intermédiaire cQii^tant et universel entre lui et les fidèles, Jésu^hrist comniença sa vie publique par le choix de dQUze fipôtres , qui devaient êtrà se$ principaux ministre^ puis de soixante-douze disciples investis de fonctions inférieures. Il désigna Pierre, l'un des douze, pour être le chei suprême de toute cette hiérarchie; il en fit la pierre fondamentale sur laquelle, comme sur un roc inébranlable, il déclara vouloir bâtir son Eglise .^ Tu e$ Petrm, et êuper hancpetram œdificçLbo JSccle$iam meam; etportm wferi non prcevalebunt adversm eam^

2. Les temps antérieurs avaient préparé l'Évangile] les temps qui suivirent lui donnèrent son développement. Embrassant tous les temps dans le plan d^ cette divine construction, Jésus-Christ la re^ttpcba au passée non-seulement par les prophéties dont l'Église était l'accomplissement et par les institutions préparatoires qui semblaient l'attendre dans la nation juive, mais encore en recueillant tous les débris dispersés de la religion patriarcale et en les uni&t sant de nouveau, c'estrà-dire en les rjippelant à leur primit tive synthèse. Les vérités épwe» ainsi recueillies retrouvèrent dans le symbole évangélique^ non^seulement la doclrine des premiers temps h laquelle elles appartenaient, mais de plus tous les enseignements supérieurs qui élevaient l'antique symbole incomparablement au-dessus de luU même. Il en fut ainsi de la morale et des mœurs : tout ce qui s'en était conservé depuis l'origine parmi les peuples rentra dans la morale divinisée de TÉglise et dans les mœurs célestes des premiers ftdèles. Ainsi Jésus-Christ sau-» vait tous les restes mutilés de l'ancienne religion, en même temps q\\\l rattachait par touto» sortes do lien^ lo monde

1. On peut iroir quelques oontiâéfatiAu tùr Oftte notion de rigtise âftns notre Inifoduciton, sect. V, art. l,n. 118.

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