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FÊTES ET STATIONS

6. FÊTES ET STATIONS ^. — Los premiers Chrétiens eurent déjà des fêtes proprement dites, mais nécessairement en très-petit nombre. Dès l'origine, ils célébrèrent la grande fêle de Pâques, la fête par excellence, qui semblait se prolonger toute l'année par le dimanche. Pour les autres fêtes, les Constitutions apostoliques marquent d'abord Noël, (lies natalii Domina, le 25 décembre, et TÉpiphânie, le 6 janvier; puis la grande semaine qui précédait le jour de Pâques; quarante jours après Pâques, TAscension, fixée au jeudi, et enfia la Pentecôte. Toutes ces fêtes, qui remontaient aux temps apostoliques, étaient observées dans toutes les églises avec la même fidélité, quoique pas toujours le même jour. Cette diversité pour les jours rf avait d'inconvénient grave que pour la fête de Pâques; aussi nous avons vu que FÉglise ne put la tolérer longtemps. Les Constitvn tions parlent encore des fêtes des Apôtres et des Martyrs dont les Chrétiens célébraient le jour anniversaire auprès de leurs reliques. Nous l'avons vu au commencement et au milieu du deuxième siècle, pour saint Ignace et saint Polycarpe, et nous le verrons plus fol'mellement encore dans le troisième. *— Les fêtes étaient célébrées, comme le dimanche, par la cessation du travail, par des veilles et des prières analogues, et par des agapes.

Terminons par un mot sur les Stations ' ou jeûnes qui s'observaient régulièrement les quatrième et sixième fériés de chaque semaine, et qui sont comme le complément du calendrier primitif. Ces jours-là, ainsi consacrés à la pénitence et aux supplications, ou plutôt tous les jours de jeûne, soit dans le carême, soit dans le cours de l'année, roffice se prolongeait pour la messe jusqu'à None ou à Vêpres, selon que le jeûne était prolongé lui-même. Nous

1. Sttr Im CètM, iMr lé* atrtêun ci-ééUtu tnr le dimanche, et, de plas^ la 22* dissert, fat de l'AulMipine, la 28* pat D. Mabillon, la 24* par Filassier, la 15« par tforatori, «pud taeehar., Diêeipîina pop. Dei, t. II.

2. Sttr les stations, voir les auteurs indiqués sur les jeûnes, plus bas, leçon XXXIV, et de plus, de l'Aubesp., Obtervai., lib. 1, observ. 16.

pensons que l'office préparatoire, ou la messe des catéchumènes, se composait alofô d'un plus grand nombre de psaumes et de prières.

7. Bénédictions \ — D'après les principes fondés sur le dogme chrétien et admis dès Torigine (XXXI, 4, 2, 3j, l'Église ne pouvait se dispenser de bénir une foule de choses et d'avoir en conséquence un grand nombre de formules plus ou moins diverses entre elles. Nous trouvons dans les Constitutions apostoliques la bénédiction dé l'eau et du chrême avec sa formule. Les prières sur les pénitents, les énergumènes et les catéchumènes, étaient des exorcismes ; tandis que celles sur les évêques, les prêtres et autres ministres, étaient une bénédiction proprement dite, qui avait pour objet de tirer les sujets ordonnés d'une condition profane, pour les dévouer aux fonctions sacrées. Nous n'avons pas rencontré de formules pour la bénédiction des églises ; il est toutefois certain que, dès les temps apostoliques, on les consacra au culte par des prières et des rites particuliers. Les Chrétiens pouvaient-ils donner moins d'attention à leurs églises que les Juifs au temple de Jérusalem, et les Gentils eux-mêmes aux temples de leurs idoles? Aussi les Pères du quatrième siècle, qui célébraient avec tant de solennité la dédicace des églises, n'en parlaient que comme d'une institution ancienne et sacrée*»

Il y avait enfin, en dehors du culte public, des bénédictions et des prières particulières et des formules à l'usage des fidèles. Telles étaient les prières avant et après le repas, dont Clément d'Alexandrie fait une mention formelle^, et dont les Constitutions apostoliques ont conservé une formule, celle pour le dîner ou déjeuner, oratio in

1. Sur les bénédictionB, voir les ConiUi, apottoLf lib. VII, cap. xuii et xlit; lib. VIII, cap. V, zYi, etc. — De Hierarch. eedet,, cap. ir, parte S.

2. Voy. Euseb., lib. X, cap. m. — Bona et Sala, lib. I, cap. m. — Ben. XIV, de Sacrif. Missx^ sect. I, § 8.

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