‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 169 sur 329 · CHANT ECCLESIASTIQUE. 3S · texte numérisé non relu

CHANT ECCLESIASTIQUE. 3S

chant exécuté par toutes les voix, tant des hommes que des femmes et des enfants, c'est-à-dire de tout le peuple, ne formant qu'un seul chœur. C'était là le mode par excellence de la ferveur et de l'enthousiasme; et si nous le trouvons au quatrième siècle, il était, à plus forte raison, usité dans les $iècles primitifs. — Une nouvelle preuve en faveur de ces trois modes, nous la trouvons dans le chant des Thérapeutes d'Alexandrie. « Avant le repas du soir, dit « Philon, ils écoutent le président, ou l'un d'entre eux, « chanter une hymne, et élèvent tous la voix pour termi- « ner chaque strophe ou verset, Après le repas, les « hommes forment un chœur, et les femmes le chœur op- « posé, chantant alternativement ; puis, leur enthousiasme 0 étant arrivé à son comble, et tous ivres du saint amour, c les deux chœurs s'unissent et font un seul concert que le « naélange des voix rend délicieux ^. » Or les auteurs ecclésiastiques des quatrième et cinquième siècles, Eusèbe, saint Éplpbane, $aint Jérôme, Cassien, Sozomène, etc., sont pleins de cette idée, vraie ou fausse, que les Thérapeutes étaient Chrétiens, et que, par conséquent, leurs in» slitutions et leurs usages essentiels étaient précisément ceux des premiers Chrétiens. Eusèbe insiste surtout sur cet argument et lui consacre un chapitre entier '.

Enfin le chant des premiers Chrétiens était simple et peu modulé. L'ensemble des voix et le saint enthousiasme Ae& cœurs en faisaient tout le charme : ils lui donnaient une force d'entraînement que les chants étudiée, après la chute de h fervçar, n'ont pu conserver,

1. Toy. Philon, de Yita contoffiptoftva, yen la fin. t« Euseb., lib. Il, cap. ztii, et ausii h cap. zti. -— Cf. D, Epiptian., Umci^^ eap. XXIX*

1. Pénitence. — Depuis le péché originel suivi de tant de péchés actuels, les hommes sont tous condamnés à faire pénitence, c'est-à-dire, comme nous l'entendons ici, à subir quelque peine qui soit une expiation du passé et un préservatif pour l'avenir. Chargée d'exécuter cette sentence, l'Église a imposé à tous ses enfants certaines œuvres expiatoires comme pénitence générale. Pour les fautes personnelles ordinaires et plus fréquentes, elle a donné à ses ministres, avec le pouvoir d'en absoudre les coupables, celui de leur prescrire quelques pénitences particulières. Mais pour ceux qui commettaient certains crimes plus graves et plus nuisibles à la société chrétienne, l'Église les rejetait de son sein par l'excommunication, et ne les recevait de nouveau qu'après les avoir soumis à une pénitence publique. Nous n'avons point à parler des pénitences secrètes qui rentrent dans ce que nous avons dit de la confession (XXVIII, 3). Parcourons rapidement les autres genres de pénitences.

1" Jeûne. — Abstinence^. — Le jeûne et l'abslinence appartiennent à toutes les époques de l'humwité. Ces pratiques sont comme la chaîne traditionnelle du dogme de la pénitence. Nous les retrouvons chez les Juifs et chez les Gentils ; mais elles n'ont eu leur caractère vraiment expiatoire que dans l'Église. Dès le deuxième siècle, les monuments nous parlent de trois espèces de jeûnes : i*^ de grands jeûnes obligatoires, qu'on ne rompait qu'à l'heure

I. Sar les jeânet et abstinences de TÉglise primHiTe, Toir Noël Alex., s«e. S*, dissert. IV. -^ Baron., an 57. — Cabassat, s»c. 1*, dissert. XX. — Albaspin. (de r Aubépine), lib. I, observât. 13 et seqq. — Selyaggio, lib. H, part. 2,

eap. Tn et tiii Duguet, dissert. VU. — Bingham, lib. XXI. Il est érudil, mais

peu sAr ici. — Jos. Nioolaî, frère prècheor, dt Jejunio $î abstinentia. — D. Jos. de l'Isle, Siit. du jeûne, et le TraHé (anonyme) du diipenêêê du Carême (Toy. Introd.f sect. m, p. 188).

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