‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 182 sur 329 · Tertull., ad Uxor,y lib. 1, cap. n · texte numérisé non relu

Tertull., ad Uxor,y lib. 1, cap. n

296 LEÇON XXXV. âjTAT DB L'ÉGLISE AU !!• SIECLE.

on maintenant que ces clercs, ainsi choisis parmi les parfaits, fussent des hommes indifféremment engagés dans le mariage, ou vivant conjugalement avec leurs femmes, des hommes au-dessous des vierges et des veuves? Non, évidemment non; et s'il fallait ajouter à celte preuve du bon sens une nouvelle preuve, nous la trouverions dans les prétendus réformateurs du seizième siècle : n'ont-ils pas été forcés de renier les idées et les mœurs de l'Église primitive, qu'ils prétendaient néanmoins faire revivre?

Une autre preuve, un peu singulière peut-être, mais bien réelle, du célibat des clercs majeurs, c'est l'existence des Agapètes. On appelait ainsi des femmes, vierges ou veuves, qui renonçaient à la vie séculière et au mariage, et demeuraient avec des clercs sous le nom de sœnrs : elles leur rendaient les services propres à leur sexe dans l'intérieur de la maison, en même temps que les clercs devenaient pour elles des frères, des tuteurs et des pères adoptifs. Ces sortes d'associations n'avaient rien que de saint et de louable en soi et dans l'opinion, et Tertullien, qui n'était pas suspect en pareille matière, les conseillait même aux . laïques veufs pour les détourner des secondes noces^ Elles ne cessaient pas pour cela d'être dangereuses, et dès le troisième siècle, au quatrième surtout, lorsque la chute de la première fut plus sensible, les abus qui s'ensui* virent forcèrent les conciles et les évêques à les interdire sévèrement*. Or, nous le demandons, l'existence d'un tel usage se concilie-t-il facilement avec le mariage des clercs? et si les ministres protestants étaient là-dessus d'un autre*avis que nous, nous leur demanderions volontiers pourquoi , dans leur prédilection affectée pour les

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