Voy. £t>*':'. ad Diogfi., n. b et pastim
3. Voy. Jean Lami» de Be vestiaria hominis chriêtiani primilivi DUterM, C'est la dissert. XVI, apud Zacchar., 1. 1,
300 LEÇON XXXVI. ÉTAT DE L*ÉOLISE AU II* SlàCLE.
luxe d'un côté, et de l'autre un extérieur bas et repoussant*. Ils évitaient toute singularité dans les divers pays qu ils habitaient, et ne se distinguaient que par un air de grandeur et de gravité qui relevait en eux jusqu'à la pauvreté qu'ils aimaient par principe. — Pour la nourriture, les repas, le sommeil, les hains, les feux, ils n'en prenaient qu'autant qu'il était nécessaire pour soutenir le corps et entretenir la santé. — Ils aimaient le travail et fuyaient l'oisiveté. Les riches s'appliquaient à la lecture, à l'étude, aux œuvres de charité, surtout les femmes. Ils avaient parmi eux des artistes, des peintres, des musiciens, des poètes, des avocats, des médecins, mais en petit nombre; car ils préféraient généralement les professions plus simples, et s'interdisaient toutes celles qui n'étaient au service que du luxe et du plaisir. Ils aimaient surtout l'agriculture et les arts mécaniques, toutes les professions utiles et nécessaires, avilies et méprisées depuis longtemps chez les Grecs et les Romains. Elles avaient été relevées et ennoblies par l'exemple de Jésus-Christ lui-même, par celui de la sainte Vierge sa mère, de saint Joseph, des Apôtres et de leurs disciples, qui s'étaient presque tous occupés à divers travaux manuels. Le clergé et les fidèles ne pouvaient rougir de marcher sur ces traces; aussi on voyait parmi eux des laboureurs et des bergers, des orfèvres, des teinturiers, des tailleurs de pierre, des tisserands, des cordon^niers *, etc. Tous ceux qui exerçaient ces professions se trouvaient fréquemment confondus, sous le nom de frères, avec les autres classes, dans les églises et dans les agapes. Et ce fut ainsi que le Christianisme réhabilita le travail et Youvrier, — Il réhabilita aussi Yeschve, c'est-à-dire alors cette moitié du genre humain asservie à l'autre et dégradée jusqu'à la brute. Il commença par en faire un homme, an chrétien, un frère, le frère et l'égal de son mattre; il le
fl. dem. Alei.; P»d,, lib. Il, cap. zn, p. 147. t. Mamachi, t. lU, p. 318.
LES Ft^NlÎRAILLES. 30>l
rendit capable et digne de son entière émancipation, et il put lui dire alors de l'attendre avec patience ^
2. Les funérailles '. — On peut dire que le Christianisme réhabilita la mort elle-même. Lorsque Jésus-Christ parut, la foi à rimmortalité de Tâme, perdue dans les classes élevées*, était devenue une croyance d'instinct chez les autres, lorsqu'elles avaient encore des croyances. La mort n'était plus que l'anéantissement. La foi chrétienne changea tout; elle rouvrit le ciel sur les hommes, et dès lors les Chrétiens ne virent plus dans la vie qu'un pèlerinage, et dans les hommes que des voyageurs, viatores; ils ne virent plus dans la mort que le sommeil du corps, somnus et dormttio; de là le mot de cimetière (xoiitnrhpiov), un dortoir; et pour l'âme, que le terme heureux d'un pénible voyage, le passage à une meilleure vie, la véritable vie, ce qu'ils exprimèrent en appelant le trépas une seconde naissance, la naissance proprement dite, dies nafalis, natalitia *. Devant ces idées, la mort perdit, aux yeux des fidèles, ce qu'elle avait de lugubre et d'effrayant, et leurs funérailles étaient marquées par trois sentiments qui se tempéraient mutuellement, savoir : la douleur, la joie et la charité.
i. Voyez, entre aatret ouTrages, V Histoire de l'eKlavage dans VafUiquité, par M. Wallon.
t. Sur les funéraiUet des Chrétiens, yoir Const. apo«l., lib. YUI, cap. xu et xui; lib. YI, cap. ni. ^— De Bierarch. ecclei.^ cap. m, part. 2 et 3. — Sel- Taggio, Kb. II, part. 2. ^ /n Appendicet t. III, p. 244, etc. ^ Le docteur Filassier (Filesacus), Funus wêpertinust dissert. XXVII, apud Zacchar., t. I. ~ €r. diisert. XXYllI, de BHu humandi mcerdoU^ par HabiUon, et dissert. XXIX, êê VeUtvim ChrisUanor, tepulchris, par Uuratori, apud eumdem Zacchar. — Sur les cimetières des premiers Chrétiens considérés comme, lieu de sépultare, voy. Baron., an 226; — Saccarelli, an 224, et surtout Spondanus, Cœmeteria sacra, in-4, ouvrage curieux et l'un des plus complets. Il insiste également sur les rites des funérailles ehes les Gentils. Voyes en outre tous les auteurs sur les Catacombes (XXXI, 1).
8. Voy. surtout Sénèque, de Consolât, ad Marctam, cap. xix, p. f21, edit. JostiLipsii. — Cf. epist. 63 et 65 ; — de Consolât, ad Polybiwnf cap. xxyui et zxiz, p. 97. — JuTen., sat. 2.
4. Voy. les Actes des murtyrs, saint Polycarpe, ete«, et les Martyrologes. Pour les Romains, au contraire, mourir c'était defuuct.
3. La famille chrétienne. — Dans les premiers temps du monde, les deux êtres faibles, la femme et Fenfant, placés dans une dépendance complète de l'homme, y trouvèrent longtemps appui et protection. Mais lorsque la simplicité des mœurs primitives eut fait place au luxe et à la licence, le chef de la famille en devint le tyran; la femme avilie se dégrada elle-même en proportion, et avec elle la société domestique tomba dans l'état le plus déplorable. La plus belle comme la plus douce mission du Christianisme fut de relever la famille en rétablissant les vrais rapports entre ses liiembres. Prenant le mal à sa source, il déclara le mariage saint et inviolable, et abolit le divorce. Sans ôter à rhomme la prépondérance de l'autorité, il lui ordonna de ne voir dans sa femme qu'une compagne, une coadjutrice, une amie, qu'il devait aimer comme Jésus-Christ aime son Église. La femme reprit dès lors toute sa dignité comme épouse et comme mère; Tuniori, la fidélité et la paix rentrèrent dans Fintérieur domestique, et le mariage chrétien apparut, au milieu d'une société où la famille tombait en ruine, un spectacle ravissant^.
4. La société chrétienne. — Les Chrétiens, répandus dès le deuxième siècle dans tout l'empire et au de là de ses frontières, étaient, en tout ce iqui ne blessait pas la conscience, soumis aux lois et au gouvernement des lieux qu'ils habitaient. Ils payaient l'impôt, servaient dans les armées, remplissaient des emplois, jouissaient enfin et usaient de tous leurs droits de citoyens. Et toutefois ces mêmes Chrétiens formaient entre eux, dans Fintérieur de l'Église, une société à part : non-seulement dans Fordre spirituel, c'était l'Église proprement dite, mais une vraie société civile, qui avait ses règles, ses tribunaux, ses juges^ ses pénalités^ enfin tout ce qui constitue un gouvernement. Les Chrétiens,
4. Voy. Clem. Alex., Pœd., lib. I, cap. it. — TertuU., ad Uxor,, Hb. U, cap. IX. — Parmi les modernes, voy, M. Troplong, de r Influence du ChristiO' nisme tur te droit civil des Bomainsi «* spécialemewt cacorc, M. l'abbé Gaiim«| Histoire de la société domestique.