I. I(7or.,VI
«Ti, XXIX, XXX, xxxiiiaiii; lib, VU, cap. xxi; lib, VUI, cap, xliy. — Cf, Epiit»
a04 LEÇON XXXVI. ÉTAT DE L'ÉGLISE AU II« SièCLE.
5. Si la foi était le nerf de la société chrétienne , la charité en était le lien, et c'est ici le caractère le plus divin du Christianisme, son triomphe par excellence. Le commandement spécial du Sauveur à ses Apôtres et à tous les Chrétiens fut de s'aimer les uns les autres. « C'est à ce « signe, leur dit-il dans son dernier adieu, que tous vous « reconnaîtront pour mes disciples*. » Et cette parole divine, qui renfermait éminemment le précepte de l'amour de Dieu, fonda la société chrétienne. Gravée profondément dans le cœur des premiers fidèles, elle s'est de là répandue dans toutes leurs pensées, dans leurs paroles et leurs actes, dans leurs habitudes domestiques comme dans leurs rapports et leurs institutions; tout portait l'empreinte du cachet chrétien, la charité. Ils se donnaient entre eux, sans distinction, les noms de fteres et' de sœurs. Avant la communion, après la prière publique et lorsqu'ils se visitaient, ils se saluaient par le saint baiser. Sans troubler les conditions sociales, la charité établissait entre eux une heureuse communauté de biens, qui naissait de la bienfaisance du riche et qui enfantait la reconnaissance du pauvre. Les collectes ou dons volontaires formaient entre les mains de l'évêque un trésor commun destiné à soulager tous les genres de misères. Et ce n'était pas assez pour les Chrétiens de donner de leurs biens, ils voyaient les pauvres et les soulageaient en frères. Les femmes surtout les visitaient dans leurs cabanes', et faisaient pénétrer partout des secours et des consolations. Mais cette charité vraiment fraternelle éclatait principalement dans les agapes,