R15FLEXI0NS. COROLLAIRE. PROBLEMES HISTORIQUES
dès son origine, soit contre le Judaïsme opiniâtre, soit surtout contre l'aveugle Paganisme. En la résumant ici, nou* devons faire ressortir, entre autres caractères, celui qui nous paraît le plus remarquable et peut-être le moins remarqué, lequel peut être ramené à cette formule, savoir : que 7e Christianisme n'a jamais dû se mesurer^ et ne s'est jamais mesuré^ en effets qu'avec lui-même. Expliquons-nous. — Il est prouvé historiquement que hors du Christianisme il n'y eut jamais de vie réelle, c'est-à-dire de vie intellectuelle et morale. Les religions et les institutions, la philosophie et ses systèmes, l'hérésie et ses sectes n'ont eu de vie et, par conséquent, de force que par la portion de vérité et de vie chrétienne qu'elles ont possédée avant ou après l'établissement de l'Église. Elles sont tombées toutes le jour où chacune s'est trouvée privée de ce fragment de vie; elles ont succombé à la honte et à la faiblesse. Or, nous le demandons, comment ces religions et ces philosophies eussent-elles osé prendre une attitude sérieusement belliqueuse devant le Christianisme, si elles n'avaient senti en elles quelque mouvement vital, en d'autres termes, quelque chose, une participatioa quelconque du principe chrétien ? Gomment le Christianisme lui-même eût-il pu engager ou accepter la lutte avec dignité là, où ne retrouvant rien de lui, il n'eût pu combattre que la faiblesse ou la honte, le néant de la force et de l'honneur?
Et voilà précisément ce que nous a^ns vii aux premiers siècles. Le Gnosticisme païen rôde autour de l'Eglise, et les évêques ne s'en occupent, dans leurs exhortations, que pour en inspirer de l'horreur aux fidèles et le tenir luimême loin des barrières sacrées qui séparent et protègent FÉglise. Dès qu'il devient spécieusement chrétien, sous Valentin et Marcion, les Pères se lèvent et le réfutent. — La philosophie païenne n'osa se commettre avec le Christianisme, et n'attira sur elle que des sarcasmes, jusqu'au troisième siècle, où, avec le peu de vie qu'elle avait dérobée aux sources chrétiennes, elle essaya de ressusciter dans le
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néo-platonisme. Les superstitions et le sensualisme n'osè- #ent pas davantage approcher des fidèles, et ne purent pénétrer dans les mœurs, même à la faveur de l'ignorance l^u des passions, qu'après avoir dépouillé leur enveloppe païenne et emprunté de nouvelles formes au type chrétien. •- Pour la force matérielle qui ne devait jamais être qu'un accessoire dans le nouvel ordre de choses, les enfants de l'Église surent en triompher par. un autre genre de mépris, en se livrant désarmés et en mourant sous ses coups.
Ainsi se ppésenta le Christianisme naissant dans la lutte. Une société qui naît avec cette puissance et cette grandeur n'est pas assurément une société humaine. Maïs n'anticipons pas sur les corollaires importants qui découlent logiquement de ce tableau de TÉglisô des deux premiers siècles, et qui renferme les origines chrétiennes^. Ces corollaires viendront en leur temps. Nous nous bornerons donc à indiquer le suivant, qui en ressort immédiatement et dont le facile développement peut être le sujet d'une intéressante dissertation.
GOHÔLLAlftB.
Donc Vi^li^ priipit^ve et apostolique et )'£glise rornaj^e du dix-neuvième comiiie 4u seizième sièele sont identiquement la même Église, syant le» méme^ dogme^^ le môme culte et, pour le fand« les mêmes in^tituUons et }e même code de diseipline.*
!• Sur les l«tlres de gaiot Igoace» jn^ 88 »
20 Sur le miracle de la Légion fulminante, p. 14! |
Z^ Sur le livre des Bérésies, de eaintlrénée, p. 150;
t« On peut voir, tfnt lepitader ràtamt de FnMB à0 w(r« frmrfère^ilHIWt les dévelo)ipements beaucoup plut «onsidérable» que imM aveoft d^Wj^ à l'^if^ sitiou de çen Origine* chrétierinetf