‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 194 sur 329 · PERSÉCUTION DE SÉVÈRE · texte numérisé non relu

PERSÉCUTION DE SÉVÈRE

IréBée et presque tout son peuple à Lyon^. La persécution fut cruelle non-seulement par le nombre des martyrs, mais encore par les tourments horribles qu'on leur fit souffrir, du moins en certaines localités. Elle ne s'arrêta qu'à la mort de Sévère (211), qui eut pour successeurs ses deux fils, Géta et l'indigne Caracalla, qui fit tuer son frère dans les bras mêmes de leur mère. Avant cet attentat, il y eut encore quelques martyrs, par le fait des gouverneurs. Ce fut ainsi que saint Ferréol et saint Ferjeux souffrirent à Besançon, dans les Gaules.

Telle fut la dernière des persécutions populaires. Longue et cruelle, elle consomma ainsi la lutte sanglante du deuxième siècle et la période des martyrs. Elle inspira k Tertullien son admirable Apohgie, et à Minucius Félix, avocat romain, son Octavius^, ouvrage précieux, moins encore par sa forme piquante, celle du dialogue, que par la force du raisonnement. Il se moque spirituellement dei^ superstitions païennes, et venge les Chrétiens, toujours calomniés.

2. La persécution de Sévère servit à signaler les commencements d'Origène*. Il naquit dans la ville d'Alexan-

mème, avec une simplicité et un channe inimitables ; lisei-lei dans D. Rninart. Pour la discussion de ces actes, voy. D. Lumper, t. Vil, p. 473.

PROBLÂIIB.

Sainte Perpétue et tes compagnons étaient^ils Montanistes? Pour {'affirmative : Basnage, Annal, pol, eccies., t. H, et quelques protestants à sa suite. Ils ont voulu décrier les visions. Pour la négative : le card. Orsi, Dissert» Àpologetica pro SS, Perpettut, etc.

— D. Lumper, t. VU, p. 480, etc. Ils ont vengé ces illustres martyrs.

1. Une inscription qu'on Ut dans la vieille église de Saint-Irénée porte leur ■ombre à 19,000.

1. Voy. l'édit Varior. avec les Dissert^y dans le t. III, Patr. toi., édit. Higne

— D. Lumper, t. VII; — Tillemont, t. II!, p. 163.

8. Les auteurs qui se sont occupés d'Origène et de ses écrits forment comme den camps et dem armées constamment en hostilité. Voici les plus remarquables.

] * AUTBUB8 POUB ORIOÂNB.

Parmi les anciens : Eusèbe, liv. VI ; les SS. Grég. Thaum., de Nysse et de Natianze : saint Basile, saint Athanase, Dydime l'aveugle, saint Chryaostome, etc.

S22 LEÇON XXXVin. SAINT ZÉPHTRIN. AN 200-217.

drie, en 185; après la mort dô son père Léonides, qu'O eneouragea au martyre par une lettre admirable, et la confiscation de ses biens, le jeune Origène, déjà habile dans les saintes lettres, fut d'abord recueilli par une dame, puis il ouvrit une école de grammaire et de littérature. Mais ses disciples, les Gentils eux-mêmes, voulurent l'entendre sur la doctrine chrétienne; son école de belleslettres se transforma ainsi en une école de philosophie, et Démétrius, son évéque, averti par ces premiers succès, n'hésita pas à lui confier la chaire des catéchèses, après la retraite de Clément Alexandrin. Origène, livré exclusivement k ses nouvelles fonctions, mena une vie pauvre et austère ; il jeûnait habituellement, dormait peu et marchait nu-pieds; il poussa même le zèle de la perfection évangélique jusqu'à se mutiler; excès blâmable et héroïque que l'évêque Démétrius admira lui-môme en le désapprouvant. — Ce furent là les commencements d'Origène : ils vérifient à la lettre cette parole de saint Jérôme, a qu'il fut un « grand homme dès l'enfance^. »

3. Les Chrétiens, oubliés sous les règnes éphémères de Macrin (317) et de l'infâme Héliogabale (918), sortirent de leur isolement sous Alexandre (222), et apparurent sous un jour nouveau. Le fils de la sage Mammée secoua entièrement l'ancien préjugé : il jeta sur le Christianisme un regard impartial, il en admira les institutions et ne rougit

Parmi la modernes : le P. Raltoit, Ortgenet âefentus; Huet, Origeniana; D. Cellier, t. ïl ; Tillemont, t. 111 ; D. Lamper, t. IX et X ; D. GerTaise, Vie de Buffin; le P. Prat, Hiet. d$ Véelect, aUxand.; les Bénédictins, éditeurs d'Origène ; Vies de TertulUen et d'Origène, par Thom. du Fossé (Toy. tntrod,^ P* 2 14) ; Dttguet, disftert. XI et XII.

2* AUTBnSS COHTM ORIQilIK.

Parmi les anciens : Saint M^thodios de Tjt ; Théophile d'Aleundriej aaiat Jér6me et saint Épiphaae.

Parmi les modernes; I«es PP. Douein, Bist, de l'Origénisme; PetM et Tha* massin, Dogmata ; D. Martianay, Vie de saint Jérôme; le P. Noël A.lexandre, sœc. 3o, dissert. XY, XTI, XYII.

1. Magnus vir ah infantia. D. Hieron., epist. 84, 1. 1, opp., edit. Vallarsi. Sur ces commeDoementa d'Origène, voir Buseb., Ub. VI, cap. i et seqq.

0«^MMENCEMBNTS D'ORiaÈNE. ALEXANDRE. • 323

pas d'imiter d^ns la nomination des grands dignitaires de Terapire les précautions que prenait TÉglise dans le choix de ses ministres. Il honorait parmi ses dieux domestiques, dans son oratoire particulier, les images de Jésus-Christ et d'Abraham. Il voulut même faire élever un temple à Jésus-Christ et le mettre au rang des dieux. Déjà, continue Lampride, d'après une opinion répandue alors, Adrien avait eu un dessein semblable; mais il en avait été empêché par ceux qui consultaient les oracles; car ces oracles répondirent que , si on exécutait un tel projet, tous se feraient chrétiens, et les autres temples deviendraient déserts. Telle était l'opinion vulgaire, et il est probable que ce fut cette même crainte qui aura mis obstacle au dessein d'Alexandre^.

Plusieurs papes se succédèrent aussi sur la chaire de saint Pierre. Saint Zéphyrin, durant son pontificat de vingt ans, remédia à divers abus et ordonna notamment que les ordinations se fissent en présence du clergé et du peuple. Il mourut en l'année 2i7, et l'Église l'honore comme martyr. — Saint Calixte, qui lui succéda, « pres- « crivit le jeûne du samedi trois fois dans l'année, en rai- « son des récoltes du blé, du vin et de l'huile. » C'était au moins une allusion au jeûne des Quatre-Temps, ou un acheminement vers cette institution. Il construisit, dit toujours le Liber Pontificalis, le cimetière célèbre qui porte son nom, et mourut martyr après cinq ans de pontificat. — Saint Urbain, son successeur, convertit grand nombre de païens, et gouverna l'Église huit ans. Le glorieux martyre de sainte Cécile et de ses compagnons illustra son pontificat. Ces deux papes sont honorés comme martyrs, quoique leurs actes ne soient pas certains. Urbain eut pour successeur saint Pontien^. Sous ces divers pontificats, plu-

1. Yoy. Lamprid., Vita Âlexand,^ n. 29 et 43, edit. Yarior., qu'il faut yoif peur les notes.

2. Sur ces papes, voy. Blanchiai, m Anast.; — Scbelstrate, Àntiq, eccles,^ — ^illemont, t. UI, p. 250-258, 679-685,

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