AMMONIUS. ÉCLECTISME CHRÉTIEN. S
et la supériorité incomparable de ce symbole. Ce synchrétisme si rationnel ne pouvait donc que plaire, et aux- philosophes profanes qui en sentaient Tinvincible besoin au milieu de leurs éternelles divisions, et aux docteurs chrétiens, qui s'.en faisaient un moyen puissant pour amener les Gentils les plus éclairés à la sainte doctrine de l'Évangile. Clément Alexandrin avait relevé ce dernier point de vue dans ses Stromates; mais, pour arriver au résultat final qu'on en espérait, il fallait procéder avec une grande circonspection. La philosophie éclectique avait deux faces : Tune profane et séculière, en tant qu'elle reproduisait les vérités semées dans les différents systèmes; l'autre toute chrétienne, en tant que ces vérités rentraient dans le symbole chrétien et y entraînaient logiqueïnent les esprits qu'elles avaient une fois captivés. Or il était évident que, si on ne voulait éveiller les soupçons et les préjugés des Gentils, il fallait dissimuler jusqu'à un certain point, laisser dans l'ombre le côté chrétien de la philosophie éclectique, et ne présenter d'abord que son côté profane et purement philosophique. Mais cette manière de procéder pouvait être pratiquée dans l'école des catéchèses, dont le caractère était essentiellement théologique et chrétien. Il fallait une école spéciale^ une école séculière, sans but au moins apparent de propagande, qui devînt le rendezvous de tous les esprits, de tous les partis, de toutes les religions, comme on prétendait en faire le rendez-vous de toutes les vérités. — Et ce fut là précisément le plan que le disciple de Clément se proposa de réaliser.
En ouvrant sa nouvelle école, Ammonius s'annonça simplement comme le restaurateur de Fancienne philosophie. Pour la reconstruire, il fit appel à tous les systèmes, à toutes les écoles; mais il s'appliqua surtout à concilier Platon et Aristote, donnant encore à Platon une préférence marquée, comme à celui dont la doctrine élevée se rapprochait davantage de l'enseignement chrétien. Le système k\e doctrine que le philosophe éclectique réussit à rècon-
■LAKGi I. iV