‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 197 sur 329 · LUÇON XXXVÎII. SAINT URBAIN. AN · texte numérisé non relu

LUÇON XXXVÎII. SAINT URBAIN. AN

struîre par celte méthode ne pouvait être que faible et incomplet, comparé au symbole catholique; mais il l'emportait infiniment sur tous les systèmes profanes qu'on aurait pu mettre en parallèle. Il remportait par le fond, qui renfermait les solutions premières touchant Dieu, sa providence et le eulte qui lui est dû; Thomme, sa moralité, son immortalité, ses devoirs publics et privés, enfin tout ce qui tenait aux premières bases de la société. Il remportait encore par la manière ferme et lumineuse dont ces questions étaient résolues sous l'influence des idées et de la raison chrétiennes.

Il était impossible de répondre plus heureusement à l'opinion publique, et de satisfaire mieux les esprits que le découragement portait comme instinctivement vers l'éclectisme. Aussi on vit accourir en foule, aux doctes leçons d'Ammonius, des hommes de toutes les opinions comme de toutes les écoles; on y vit des Chrétiens, mais plus encore des païens, des disciples de Platon, d'Aristote, de Zenon, etc.; enfin, la nouvelle école éclipsa toutes les autres par son éclat. Tel fut le premier système éclectique, dont nous verrons plus loin le développement.

5. On objectera peut-être à cet exposé le défaut de preuves historiques. Il est bien vrai que l'histoire nous dit peu de chose sur Ammonius; mais ce peu nous a conduit tout naturellement aux conjectures que nous y avons ajoutées, et qui n'en sont que la conséquence. Voici, en effet, les points que nous croyons prouvés par l'histoire : i* Ammonius est né de parents chrétiens; il fréquenta les caté-' chèses, et il ne put ignorer les principes éclectiques de Clément d'Alexandrie, son maître; 2** Ammonius ouvrit une école mixte entre les écoles païennes et l'école des catéchèses; le premier il essaya avec succès la conciliation des divers systèmes de philosophie par la méthode éclectique, et il eut pour auditeurs le chrétien Origène et le païen Plotin ; 8« Ammonius persévéra jusqu'à sa mort dans la profession publique du Christianisme. — Or, nous le

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(iemandons h nos lecteurs, n'estfil pas moralement certain, par voie de conséquence, qu'Ammoniu* ne put faire une démarche aussi grave^ aussi inouïe que celle de fonder une école mixte et un enseignement qui avait pour objet la philosophie ancienne et ses systèmes, sans en conférer avec les plus habiles de l'école chrétienne, et sans l'assentiment de Tévêque d'Alexandrie? Ce dernier eût-il pu souffrir un tel établissement, s'il n'en eût espéré un grand bien pour l^ religion? Et n'estai pas également certain que ce bien qu on en attendait était précisément celui que Clément signalait cpmme le grand frnit de la méthode éclectique, savoir ; 1^ préparation des esprits au Christianisme par la philosophie. Ainsi tout porte k croire que le célèbre Am* monius, en son école, ne fit que réaliser avec une science immense le plan si habilement conçu de Clément, son maître, et de son évêque, et que la méthode éclectique qu'il n^t en pratique fnt une véritable création chrétienne et un moyen d'attirer les esprits les plus éclairés vers la philosophie de r^vangile*.

6, Un des points que nous donnons pour certains, savoir le troisième, celui de la persévérance' d' Ammonius dans la religion chrétienne, e^t Qontesté, nous le savons. La plu*^ part de3 protestants, surtout depuis Mosheim, soutiennent en efel, dans u^ intérêt de parti, et li leur suite les écri« vaius de l'école rationaliste, qu'Ammonius apostasia at mourut dans 1^ profession du Pagtinisme. Mais cette opi^ nion, qui est libre toutefois, na peut souffrir un sérieux examen. 1** Le témoignage 4o Porphyre, le seul qu'on puisse invoquer ici, est annulé p^r Je tépigignage d'Eusèbe*, qui le dément formellement. 3*^ L'apostasie d'un homme célèbre, tel qu'Ammonius, eût fait un grand éclat dans l'Église, et, loin de fréquenter son école, loin de le

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