ORIGÈNE. SES TRAVAUX
nares, puis l'ensemble des vérités recueillies dans les écoles anciennes, puis la foi ou le symbole chrétien, et enfin la philosophie divine, la Gnose, qui se termine à la charité. Amjmonius en exécutait la première partie, Origène lui donnait son complément et en faisait Tapplication.
3. Mais ce n'était là qu'un enseignement oral. Il entrait dans les desseins du maître d'Origène de donner une exposition scientifique des dogmes chrétiens ', et ce fut encore Origène qui exécuta ce projet dans son trop fameux Péri archôn ou livre des Principes, Dans le Prologue de cet ouvrage, Origène, qui {wessentait les difficultés et les abîmes, fait sa profession de foi. Elle n'est autre que le symbole apostolique; il y reconnaît aussi la véritable règle de foi, celle de la tradition, hors de laquelle il n'y a plus de foi, plus de croyance : Illa sola credenda est veritas, quœ in nullo ab ecclesiastica et apostolica discordât traditione^; puis, venant à la méthode des Apôtres : « Ils enseignèrent, « dît-il, les choses nécessaires à tous, même aux esprits a les plus grossiers; mais ils laissèrent aux hommes sages « et éclairés par le Saint-Esprit le soin de donner les rai- « sons et les preuves de cet enseignement. Sur tous les aua très points, les Apôtres se contentèrent d'affirmer leur « existence, afin que les hommes studieux, amateurs de la « sagesse, et qui s'en seraient rendus dignes, pussent «c trouver dans la discussion de ces points un moyen « d'exercer leur intelligence et de féconder leur génie®. »
Voilà assurément toute la doctrine des Pères du deuxième siècle sur la tradition, comme règle fondamentale de la foi, et celle de Clément d'Alexandrie sur le symbole, comme base de la science chrétienne, sur la démonstration de ce symbole qui constitue la théologie, et sur toutes les notions laissées à la disposition du philosophe chrétien ou du
i. Strom.y lib. VII, § 10, p. 867, édit. Pott.