PERSECUTION DES JUIFS. VOCATION DES GENTILS
miers règlements de discipline, ils ne cessaient de l'étendre au dehors par de nouvelles conversions. Les Juifs s'émurent vivement de ces progrès de l'Évangile, et commencèrent la première persécution. Saint Pierre, saint Jean et les autres apôtres furent jetés en prison, cités et battus de verges devant le conseil. Bientôt la persécution devint générale, et saint Etienne fut lapidé. Cédant à cette fureur, les fidèles se dispersèrent, et avec eux la semence de la foi commença à se répandre hors de Jérusalem, dans la Palestine, jusqu'à Antioche et dans les îles (34). Les Juifs, rebelles à la grâce, ne tardèrent pas à les y poursuivre, essayant dès lors ce système de calomnies qu'ils propagèrent partout aussi longtemps qu'ils en eurent les moyens.
3. Les prémices de la parole évangélicjue étaient dus aux Juifs ; mais les Gentils devaient y prendre part, et ce fut Pierre qui leur ouvrit la porte du salut dans la personne du centenier Corneille. Il le baptisa avec toute sa famille, tandis que la grâce, terrassant Paul sur le chemin de Damas, préparait dans sa personne, à ces mêmes Gentils, un puissant et infatigable défenseur. Saint Paul fut baptisé par Ananie dans cette ville âe Damas où il portait des chaînes aux disciples de Jésus, et il y passa trois ans dans les travaux de l'apostolat. La conversion des Gentils fit comprendre plus clairement aux apôtres l'étendue de leur mission : ils songèrent donc à se séparer, et se partagèrent en quelque sorte l'univers pour le conquérir àtl'Évangile\
4. U serait doux à l'historien comme au fidèle de suivre les apôtres dans leur étonnante mission, de connaître en détail leurs voyages, leurs travaux, leurs succès, leurs souflFrances et leur mort. Mais les apôtres et leurs disciples ne laissèrent par écrit que les livres du Nouveau Testament, qui furent l'ouvrage du Saint-Esprit. Les premiers
1. Yoy. les Àctft des apâtrei^ dont nous ne prenons que les grands traits historiques. Bien ne doit dispenser de les lire et relire.
34 LEÇOW VI, SAIWT PIERRE. AN 34 ET %VÎV,
chrétiens n'écrivirent pas ou écrivirent peu, et les actioiiâ des hommes apostoliques se transmettaient de vive voix comme leur enseignement. C'était le génie de TÉglise. La doctrine n'en pouvait «ouffrir d'altération : TEsprit-Saint, les évèques, les églises veillaient à son intégrité; mais il ne pouvait en être de même pour les récits dont nous par* Ions ; le temps devait infailliblement les mutiler, ou les charger de faits et de circonstances apocryphes. Cependant ces récits étaient chers aux fidèles ; auraient-ils pu oublier les précieux détails de la vie et de la mort de leurs pères dans la foi ? 11 est donc raisonnable de croire que les légendes écrites plus tard sur ces récits traditionnels ont un fond de vérité que la critique doit respecter, en le dégageant des traits fabuleux que l'ignorance ou l'imposture y aurait ajoutés*. Ces traditions respectables et édifiantes ont été recueillies avec plus ou moins d'étendue dans les vies des saints; ici, nous ne pouvons qu'en indiquer trèsbrièvement les points les plus essentiels et les plus historiques.
5. Avant de se séparer, les apôtres réduisirent la doctrine qu'ils allaient prêcher aux Gentils h cet abrégé que tous les siècles, fondés sur une tradition constante, leur ont toujours attribué sous le nom de Symbole des apôtres. Il est très-probable qu'ils ne récrivirent point, ce qui peut expliquer les variantes peu importantes que son texte a subies, et la divergence des opinions sur son origine. Ce fut le seul texte formel, quoique oral, que chaque apôtre emporta, comme base première de toute sa prédication*. — ^ Saint André se rendit dans la Scythie, parcourut l'Épirô et la