ORIGENE. SA CONDAMNATION
appelé encore au secours des églises d'Achaïe infestées par plusieurs hérésies. En passant par Césarée, pour s'y rendre, il fut ordonné prêtre par ses amis et ses admirateurs, les évoques de Césarée et de Jérusalem (228); ordination malheureuse qui devint une source intarissable de chagrins pour le reste de sa vie. L'évêque Démétrius s'en plaignit amèrement comme d'un acte contraire aux règles canoniques; il se souvint alors de l'action indiscrète d'Origène dans sa jeunesse, pour lui en faire un crime, et le dénonça à tous les évêques du monde ^. Ce bruit s'apaisa toutefois, etOrigène put reprendre la direction de l'école d'Alexandrie. Mais le calme ne dura que deux années; l'évêque Démétrius, qu'Eusèbe, saint Jérôme et les circonstances nous représentent comme dévoré par une secrète jalousie, éclata de nouveau. Il fit condamner dans deux conciles et dégrader du sacerdoce l'illustre prêtre dont l'éclat l'offusquait. Contraint de chercher un asile à Césarée , il y fonda une école rivale ou plutôt sœur de celle d'Alexandrie, qu'il semblait diriger encore par Héraclas et saint Denis, ses disciples et ses successeurs (231). Bientôt les évêques se partagèrent comme en deux camps au sujet d'Origène. Ceux de Palestine, d'Arabie, de Phénicie et d'Achaïe, qui le connaissaient par eux-mêmes, lui et sa foi> demeurèrent fidèles à sa cause; tandis que, parmi les autres, ceux qui ne voulurent pas rester neutres adhéraient naturellement à la sentence de l'évêque Démétrius. ' 6. Les écrits d'Origène et ses doctrines durent faire l'objet le plus sérieux de sa condamnation. C'est donc ici le lieu de jeter un coup d'œil sur ces écrits, ou plutôt sur ^ la doctrine et sur l'homme qui ont été dans tous les temps l'objet de tant d'éloges et de tant d'accusations. Ne pouvant nous étendre, nous allons du moins résumer les conclusions auxquelles nous ont conduit nos recherches : i® Il est certain historiquement qu'Origène a toujours eu