I. Periarch., lib. i, cap. ti, n
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ORIGBNE. SA JUSTIFICATION. 335
concilier de telles (Contradictions avec la haute intelligence d'Origène, avec sa vertu si éminente et l'estime constante de ses plus illustres amis ? Évidemment, une telle supposition est impossible. Reste à dire que, parmi ces expressions incriminées, les unes avaient subi quelque altération de la main des hérétiques; que d'autres n'étaient que des opinions non arrêtées, livrées au public par l'indiscrétion d'Ambroise, l'ami généreux d'Origène; que la plupart enfin, quoique inexactes et erronées en elles-mêmes i étaient susceptibles d'un sens orthodoxe. Or toutes ces explications sont justifiées, soit par Origône lui-même, qui se plaint dans son Apologie de ces falsifications et de son ami Ambroise, soit par ses défenseurs, qui n'hésitaient pas à reconnaître un sens favorable à ces expressions fâcheuses, soit enfin par les circonstances, savoir : la réaction naturelle provoquée par l'erreur dominante, l'unitarisme; l'en* fance de la théologie et de son idiome; l'activité intellectuelle d'Origène et son goût décidé pour l'allégorie. — Ajoutons que presque toutes les expressions ou opinions reprochées avec tant d'amertume à Origène se rencontrent dans quelques Pères des premiers siècles, même du quatrième, sans que pour cela on ait suspecté leur orthodoxie. Le point le plus difficile à expliquer favorablement dans Origène est sa doctrine toute platonicienne de la purification progressive des âmes, laquelle doctrine, fondée sur le principe que toutes les peines sont médicinales S et prise dans sa rigueur, ne peut se concilier avec le dogme de l'éternité des peines. — Mais Origène, qui s*en est effrayé le premier, ne la prenait pas dans cette rigueur, puisque, dans sa Lettre apologétique à ses amis d'Alexandrie, il Se défend comme d'un blasphème d'avoir jamais dit, comme quelques-uns le prétendaient, que Satan serait un jour sauvé *.
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