‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 204 sur 329 · Voy. Raffin, Àpol. pro Orig · texte numérisé non relu

Voy. Raffin, Àpol. pro Orig

Il admettait donc une damnation éternelle. Pour les circonstances secondaires touchant Tétat des âmes après la mort, savoir le nombre des réprouvés, la nature des peines et autres, elles n'étaient point encore alors explicitement définies, etOrigène, ainsi que plusieurs Pères, avant et après lui, ont pu s'écarter de bonne foi de la vraie doctrine. Nous devons dire de même de tous les articles secondaires de la doctrine catholique, non définis alors, tels que la préexistence des âmes et l'incorporation des esprits. Origène et d'autres Pères ont pu les méconnaître de bonne foi , et émettre leurs opinions particulières sans perdre la qualité d'enfants dociles de l'Église, — A plus forte raison ils ont eu le droit de soutenir des opinions particulières sur des points étrangers au dépôt de la foi ou sur lesquels l'Église ne s'est jamais prononcée; par exemple, sur l'animation des astres, l'existence d'autres mondes avant le nôtre, etc.

6. De tout ce qui précède il suit formellement, et par conséquent il est logiquement démontré : 1° qu'Origène, malgré toutes ses erreurs, n'a jamais été hérétique; 2® qu'il n'a pas cessé d'être un vrai témoin de la doctrine traditionnelle, et même l'un des plus irrécusables, car son esprit actif et aventureux ne se fût jamais enfermé dans les limites d'un symbole, si ces limites ne lui eussent pas été imposées par la tradition; et si déjà il dépassa trop souvent ces barrières sacrées sans s'en apercevoir et par entraînement, où se serait-il arrêté s'il les eût méprisées en principe? 3* que les opinions erronées d'Origène ne représentent nullement la doctrine de l'Église en son temps. Lui-même il ne les regardait pas comme telles; autrement eussent-elles tremblé sous sa plume? 4® enfin, que ceux d'entre nos rationalistes, et c'est le plus grand nombre, qui jugent de l'état de cette doctrine par les expressions mêmes d'Origène et par ses opinions, tombent dans une erreur palpable, également démentie par l'histoire et par une saine théologie.

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