Yoy. Baluze et Hardbuin, 1. 1, pour ce concile
SECTES. NOET. SS. BVEQUES. SAINT CTPRIEN. 341
sur la distinction des deux natures et des deux opérations, ^ainsi que sur d'autres points, tels que la perpétuelle virginité de Marie, qu'il appelle àeindpBivoç^.
3. - Dans les dernières années de cette longue trêve accordée à l'Église, on vit de saints et grands évêques occuper les sièges les plus importants. Saint Babylas, célébré par saint Chrysostome, fut élevé à celui d'Antioche dès l'an 237*. Théoctiste de Gésarée en Palestine, saint Alexandre de Jérusalem et Firmilien de Gésarée en Gappadoce étaient les amis et les protecteurs d'Origène. Saint Grégoire lui devait sa conversion au Christianisme; il fut élevé lui-même sur le siège dé Néocésarée, sa patrie, vers l'an 240, et mérita, par ses miracles, le surnom de Thaumaturge. — L'illustre saint Denis, disciple et successeur d'Origène, succéda à Hiéraclas, en 247, dans le gouvernement de l'église d'Alexandrie. — Mais le plus célèbre de tous fut saint Gyprien. Né à Garthage, d'une famille riche et peut-être sénatorienne, distingué lui-même par son éloquence, qui le fit choisir pour donner des leçons publiques de rhétorique, et par des connaissances variées, il se fit chrétien vers l'an 245, dans un âge déjà un peu avancé. Gette conversion, qui réjouit les Chrétiens autant qu'elle affligea et irrita les Gentils, fit de Gyprien un homme nouveau. Il se prépara à son baptême en vouant la continence et en distribuant son bien aux pauvres; tellement que, passant sur les règles ordinaires en faveur d'une vertu si éminente, dans moins de quatre ans on lui conféra les ordres sacrés, et il fut élu par acclamation évêque de Garthage, malgré
1. Sur faint Hippolyte et les controrenes dont il a été l'objet, Toir Tillemont, t. III, p. S38 et 672. — D. Lumper, t. VIII, p. !.. . et 347, où Ton troure la très-loDgue dissertation de Rugger, dé S, Hippolyii E» M. Sede; Saccarelli, an 222, n. 5 ; surtout les savantes dissertations du P. Simon, de MagiatriSf dans ses Aeta Martyr, ad ostia 7ib«Wna, qui jettent un grand jour sur l'histoire de saint Hippolyte. Voy. l'analyse dé ces dissertations dans M. Rohrbacher, Hist, de l'Églite, t. V, p. 320. — La meilleure édition des œuvres de saint Hippolyte est celle de Galland, Biblioth, veUr, Patr. On estime aussi celle de Fabricius.
t. Sur saint Babylas, voy. Tillemont, t. III, p. 400.
sa résistance (248) . — Nous ne ferons pas ici une mention particulière du pape saint Fabien. Son zèle éclairé et généreux pour la foi et pour l'Église était Taptoage de tous ceux qui siégeaient sur la chaire de Pierre.
C'était ainsi que Dieu semblait prendre ses mesures pour mettre son Eglise en état de défense et la préparer h la grande lutte qui allait commencer. Malheureusement les Chrétiens provoquaient eux-mêmes cette lutte comme châtiment, et s'y préparaient mal par le relâchement et la tiédeur. La ferveur primitive tomba, en effet; elle s'endormit, pour un grand nombre, au milieu de la paix et de la sécurité. Origène s'en plaignait dans ses Homélies^ d'autres Pères encore; mais nul ne peignit de couleurs plus vives que saint Cyprien cette chute de mœurs et la déca-» dence de la divine discipline*. — Ainsi tout appelait la persécution, et les progrès si menaçants de l'Église qui irritaient les Gentils, et le relâchement de ses enfants qui irritait le ciel. — Cette persécution éclata enfin.
4. Dèce ne parut avoir usurpé la pourpre sur Philippe que pour commencer cette lutte décisive entre les deux religions et les deux sociétés. Distingué par des qualités naturelles et des vertus à la manière des païens; cruel, non plus d'une cruauté féroce, comme Maximin, mais d'une cruauté froide et raisonnée, Dèce se trouvait le plus habile dépositaire de la force que le Paganisme pût désirer pour écraser la religion nouvelle. Aussi l'édit qu'il fit publier dans tout l'empire, dès qu'il en fut paisible possesseur, eut le caractère d'une guerre d'extermination^. Tous les gouverneurs eurent ordre d'abolir le nom et le culte des Chrétiens; il leur était enjoint de procéder avec une méthode vraiment infernale. Effrayer d'abord par des menaces et le terrible appareil des supplices; jeter ensuite dans