LEÇON TU SAINT GORNIQILLE- AN 250-25A
qui nous révèlent ce fait. Le consulaire Marcieu, qui se piquait de philosophie, interrogea Tévêque chrétien sur quelques points de sa doctrine; mais bientôt, poussé à bout et forcé par le philosophe chrétien de rougir de ses dieux, le juge éuit par cette parole : « Sacrifie ou meurs, aut séterifica, aut morere/r^ Écoutes maintenant l'accablante réponse d'Acaqe : a C'est ainsi dit-il que se comportent les Dalma^ a tes, ces voleurs de grands chemins, qui ne laissent aux a voyageurs surpris que l'alternative de perdre leur 9 bourse ou leur vie... Du reste, je ne crains rien. Les fi lois ne punissent que les malfaiteurs. Si donc je suis a condamné, ce sera non par la loi, mais par la volonté « du juge. » Mais écouter aussi la réplique de Marcien : a Je n'ai pas reçu l'ordre de juger, mais de forcer (à sa- H crifier): £gononst4mjmsu8Jiuiicare,s€d cogère, » Un dernier trait achève de peindre le Paganisme et le caractère fondamental de la guerre brutale et dégradante qu'il fai-^ sait au Christianisme, Dèce» qui avait l'esprit cultivé, adr mira les réponses de l'évoque chrétien; il lui rendit la li^ berté, et continua la persécution! Elle s'affaiblit toutefois delle-même, et cessa en 351 par la mort de i)èce, qui périt en Pannonie dans la guerre contre les Goths.
Dèce dut se convaincre lui-même que tous ses efforts seraient vains contre le Christianisme. Les tortures avaient pu faire des apostats; elles ne firent pas un païen. Les malheureux qui succombèrent ne sacrifièrent qu'à la peur. A peine sortis des temples des dieux, ils couraient en larmes vers les prêtres pour rentrer dans le sein de l'Église par les travaux de la pénitence. Ces Chrétiens, faibles et lâches, préféraient l'humiliation qui les attendait parmi les fidèles ftux joies du siècle dans la société païenne. Ce fut une dernière honte infligée au Paganisme et un témoignage glpHeux rendu h l'évidence chrétienne par la iàoheté même et par l'apostasie.
AFFAIRE DES TOMBÉS. — SCHISMK D? NQVAT. 547