‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 214 sur 329 · I. Epiit · texte numérisé non relu

I. Epiit

matiques convenaient eux-mêmes du principe, puisqu'ils recherchèrent à tout prix la communion du pape Corneille. Mais le schisme de Novatien pouvait créer à Rome môme quelque difficulté. Lequel, de Novatien ou de Corneille, était vrai pape? Pour sortir de cet embarras, un seul moyen se présentait : il fallait mettre en évidence la validité de 1 Félection de Corneille, et c'est ce que fit saint Cyprien. tl releva les vertus de ce pontife, l'accord du clergé et du peuple; mais il insista principalement sur le témoignage de tous les évêques du monde, qui, par le fait de leur union avec lui, le reconnaissaient pour le vrai centré de l'Église, le légitime successeur de Pierre ' . Ainsi tout était dit contre les schismatiques de Rome et d'Afrique par le seul fait de la validité de l'élection de Corneille et de celle de Cyprien.

Mais l'illustre évêque de Carthage vit le mal de plus haut. C'était peu pour lui d'avoir confondu les prétentions ambitieuses de deux chefs de parti. Leurs attentats, quoique circonscrits chacun dans une question de fait et purement locale, n'en avaient pas moins pour résultat immédiat de troubler l'Église en rompant son unité. Il était donc besoin, pour donner une juste horreur du schisme, pour rappeler les hommes égarés au sein de l'unité et y maintenir les fidèles, il était besoin d'exposer les vrais caractères de cette unité sacrée et inviolable, et de montrer dans cette unité même la hiérarchie administrative et le gouvernement ecclésiastique. Ce fut là ce que saint Cyprien entreprit contre les hommes rebelles à ce gouvernement : ce fut là sa mission.

2. Tous les membres du corps social qui constitue l'Église s'unissent par deux liens qui semblent se combattre par le fond de leur nature, et dont l'harmonie constitue l'état de la société dans sa perfection. Ces deux liens sont . !• le lien hiérarchique^ qui forme l'unité sociale et canonique, ou, comme on dirait dans le langage moderne. Tu-

i. D. Gypr., £pt>l. 52, cMi AnUm,^ n. 8.

s. CYPRIEN. UNITÉ Ï>É L'ÉGLISE. PRIMAUTE tlOM AINE. 355

nité tégate; 2° le lien fraternel^ qui est la charité même, ou l'amour qui unit les enfants de TÉglise. Le premier lien est la force, le nerf même de la société; le deuxième en est ronclion. Ce dernier, en adoucissant le nerf de Fautorité, convertit Tunité sociale en une étroite union, dont la force toute suave, vrai ciment des cœurs, concordiœ gluten}^ devient elle-même le plus beau comme le plus ferme soutien de Funité, tenacitas ac unttas*. Les schismatiques avaient brisé ces deux liens dans TÉglise. Saint Cyprien écrivit contre ce double attentat sa lettre pastorale de V Unité de r Église, et commença par le lien hiérarchique, qui est le fondement, l'essence même de tout gouvernement. — D'où vient, selon lui, le mal causé par le schisme? — C'est, dit-il, parce que l'on ne remonte pas à l'origine de la vérité : Hoc eo fit^ fratres charissimi, dum ad veritatis originem non redituVy et qu'on ne cherche pas à la tête, nec capui quœri^ tur^. Mais comment y parvenir, à cette origine? — îl y ft une voie, répond Cyprien, qui est courte et facile, et cette voie, c'est celle qui conduit tout directement à la chaire de Pierre que le Seigneur a établie pour montrer l'unité.: Ut

unitatem manifestaret^ unam cathedram constituit:

Primatus Petro donatur^ ut una Chrtsti Ecclesia et cathedta una tnonstretur\ Quiconque sort de celte unité renonce & la foi; quiconque résiste à TÉglise et abandonne la chaire de Pierre, sur laquelle l'Église a été fondée, celui-là se

flatte en vain d'être dans l'Église: Qui cathedram

Pétri super quem fundata est Ecclesia deserit^ in Ecclesia se esse confiait^ ? — Saint Cyprien montre ensuite tous les évoques serrés les premiers autour de ce centre de l'unité, et formant avec lui et par lui un épiscopat un et indivisible : Quam unitatem firmiter tenere et vindicare debemus qui in

t. D. Cypr., Epitt., 67, n. 3, ad SUphan, t. BpitU 76, D. i,ad Magn.

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