APPRÉCIATION DB CONSTANTIN
qu'il défendit à quiconque d'avoir une concubine durant le mariage. Constantin pourvut enccye, ptr d'autres lois concernant les sénateurs et les dignitaires dd l'empire, à la dignité du mariage, de la famille et des mœurs publiques. 4. Nous arrêtons ici ce détail si intéressant des premières lois qui signalèrent Tavénement du Christianisme à la tête de la société. Nous n'avons pas besoin d'en faire ressortir le caractère touchant ; mais, pour l'apprécier tout entier, il faudrait mettre cette nouvelle législation en face de la législation et de la société païennes, où le pauvre, le faible, le malheureux^ étaient constamment opprimés, et souvent de la manière la plus barbare ^ Ne pouvant faire ce rap-
f • L'appréciation de cette lég^lation de Gonatantin, ainsi comparée avec les anciennes lois romaines et païennes, fournit la matière d'une belle dissertation. Elle n'aoraii que l'incouTénient de supposer certaines connaissances générales sur le droit. L'ouvrage de M. Troplong, De l'influence du christianieme sur le droit civil dee Bomaina, serait d'un grand secours.
Sur Constantin, voir Eusèbe, lib. IX et X, de Vita Const,, et de Lcuidib* Conet. Cet historien loue Constantin en courtisan, et dissimule tout ce qui conceine i'Àrianisme. -— Ruffin, Sosom., et surtout Théodoret et saint Atbanase pour les affaires de I'Arianisme. Parmi les modernes : Vie de Consi,, par le P. de Tarennes; — TiU., Emp», t. IV; — • Hiat, ecclee., t. VI^ sur les Ariene; -^ Les historiens de l'Église. — Sur les actes de Constantin, Toir le code Théodosien, et surtout le t. VIll, Pair, toltn., édité par M. Migne. Ce volume renferme tous les écrits de Constantin et ceux qui le concernent, ainsi que les pièces touchant I'Arianisme et les Donatistes . •— Le Beau, Hist, du Bae-Emp,
PaOBLÉmS SDR COMTAimM.
1* Constaniffi a-i^ été baptieé à Rome par le pape saint Sylvestre en l'an sur
Pour Vaffirmative : Baron., afa 324; — Binius, in Notis ad Sylveetrem; — Lab., t. I; — Hansi, t, II ; Ciaconius, Schlestrate, Blanchini, sur saint Sylvestre, et en général les auteurs qui suivent Baronius pour les traditions romaines.
Pour la négative: Pagi ad an. 324; -^ Noël Alei., 4* sœc, dissert. XXIII, et Roncaglia, ibid.; — > Tillem., Saccarelli, et généralement les critiques modernes.
2" Constantin a-t-il professé sincèrement la foi chrétienne?
Pour la négative : Chr. Thomasius, Arnold et autres protestants ou inerédo^et qui aimeraient faire du premier empereur chrétien un tïI hypocrite.
Pour l'affirmative : tous les auteurs catholiques et la plupart des protestât s, entre anfaset Mosbeim, de Rébus christ, ante Const.t 4* s»o., § 7.
3** Constantin a-t-il embrassé la doctrine arienne ?
WLàM, I. 14
4^2 LEÇON tLIX. âÂlNT iVhZB I. 4» 337-341.
I proQhement ici, nous terminons par une coQÛdératioH im- ' portante. Gon^antip signa, dicta peut-être toutes \e^ ordonnances réformatrices dont nous venons de donaer une idée; mais il n'e^ fut pas T auteur. Elles sont si profopdément empreintes de reprit chrétien, de l'esprit de TÉglise, qu'un priace qui avait passé ^es quarante premières années dans le Ps^ganisme, où il avait pris toutes ses habitudes, était évidemment ii^capable de les créer et de les formuler ^insi. Ea devenant chrétien, il ii'avait pu tout à coup se pénétrer h oe poii^t d'un esprit tout nouveau i^i devaair
Poar Yaffîm^iv^ t p. 4#ràD^, Luoif»v de r<«gHftn «t Mp* SérèM } -ar-quelques modernes, fondés sur les textes de ces anciens auteurs.
Pour la négative : presque tous les auteurs anciens et modernes. S. Àthanase l'a reconnu M-méme. Voj. entre autres Baron. ^ an 887 j *- Noël Alex., 4* s«c., éissert. XXIY.
4^ le» iargêêH» prétqw fakulewiê d$ OoMktnHn à taint Syhestre pour fÉgHte romain» et auUreê églises sont-elles ées faits authentiques ?
Pour l'affirmative : Blanchini, m Anastas.y seet. 94 et seqq., où l'on trouve ée» détails ourieux et intéressants, dans les notes Variorumf sur les vases et autres objets donnés aux églises, sur leur Taleùr, leur rapport avec rantiquilé, sur les usages chrétiens, etc. — • Bn général, les auteurs qui admettent les traditions da Liber PonHflcalis.
Pour la nêgaHve : Tillem. et les critiques qui remettent ees mêmes traditions. - K« La célèbre ékmation par laquelle Constantin avait concédé à saint Silvestrsy et en sa personne à tous lespapes, la souveraineté temporelle sur RotiM, et même sur toute l'Italie^ est-elh authentiqite ?
Cette pièce, qu'on trouve dans Labbe, 1. 1, et dans Vansi, t. H, col. 603, acquiert un nouvel intérêt auJQtwr4'M*
Pour ['affirmative : Binivs^ apud Ij^a^si, t* U, «ol« Çi^ ; -r les déf^R^wn les plus dévoués des traditions de l' Église romaine, tels que les censeurs dç VHist* ecclés. dln P> Noël* Alex., qui eiTacèrent toute sa dissertation mr cet article.
Pour la négative : Noël Alex. 4" fœc, dissert. XXY.; daçs une suite de propo* sitions, le savant critique discute non-seulement la donation dç Cgn^tant^i, 4u'i[ rejette, mais encore leç concessions faites réellement auj^ ÇApes» plust|ird, pi^ les princes français ;; -r la plupart des critiques.
Le P. Thomassin, Discipl,f part. 1, liv. I, cb. ▼, § 14, et après Ronc^Ua, in Nat, Alex., p. 451, font cçtte juste observation^ que la crédit q^e ççtte pièca obtenait, tant chez les Grecs que chef les Latins, au temps d'^Ic\û^ et d'Qiçcmar, prouve que déjà les papes avaient alors dans l'opinion universelle de$ titres uo|i contestés au pouvoir temporel. Une suite d'articles du savant M. E* |>MÇi^ont, io' sérés dans YAmi de la Religiont t. CXLI, ç. 4770, etc., mr ce po^nt 4e critique, donnent de nouvelles lumières pour la solution de ce problçme.
EUSÈBE DE (^ésAréë. Mouvements dëb arikns. 4^3
riilterp^té aussi parfait des vues les plus intimes de TÉ»gliïse, dont il recevait lespremifet^es leçons, dette législation, si chrétienne dans tous ses détails, et si sagement conçue danft ion ensemble et dans son développement, fut doUë l'œuvre du Christianisme, non^eulemeht par son influence si puissante sur le législateur, tnais encofe pai* Torgarte même de ses évéques. Constantin, en eflfel, depuis le jouf où il se déclara chrétieUj s*entout*iBi constamment d'évêques dont il fit «es plus mtimes Conéeillers. Ils devint*ent ses véritables précepteurs, et il ^eçttt leurs ehseigkiementis avec une docilité qui supposait en lui un graud auiour de la justice et une parfaite droiture de coeUr. Ce furent ces pt^cieUses qualités, jointes h une grande piétés qui rendireftt Con-^ stantin fidèle à sa sublime mission, et lui firent méritei^ le surnom de Grand que les sièclei^ lui ont décéi'né.