‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 238 sur 329 · LEÇON L · texte numérisé non relu

LEÇON L

f . Constantin, dans le partage dé Tempire entre ses trois fils, avait donné l'Occident à Ctjnstantin et a Gon^ stant, et TOrient à Constance. Les deux premiers se diëpù^ tèrent TOecident) qui demeura à Constant paf là mort dé son frère (340) i Ce prinee avait hérite de son pè^e sa soumission sincère aux décisions de Nicée ; mais Constance n'^ eut que la faiblesse, qU'il ne racheta pat^ aucune qualité supériéurëc La faction arienne, qui comprit tout ce qu'elle pouvait espérer du nouvel empereur, s'en empara dès les premiers joufs de son règne, et ne cessa dès lorfe d'en faire llnstrument de ses passions. Elle avait perdu un de ses chefs dans la personne d'Eusèbe de Gésaréei mort en 388* Bsprit vaste, hommô vain et caractère faible, EUsèbe s'immortalisa par son Histoire ecclésiastique^ sa Préparation et sa Démonstration évangéliquei^ et sa CAro* nique; mais il souilla toute sa gloire en prêtant son appui

aux Ariens ^. En compensation de cette perte, Eusëbe de Nicomédie acquit une nouvelle puissance en usurpant le siège de Gonstantinople, dont on chassa de nouveau saint Paul. Le premier usage qu'il en fit fut contre saint Athanase. Rappelé avec tous les exilés (338), le grand évêqae d'Alexandrie ne rentra dans son siège, aux acclamations de son peuple et de toute FËglise, que pour se voir bientôt chargé de nouvelles calomnies et dénoncé aux empereurs et au pape. Athanase, qui en avait appelé lui-même à Rome, y fut mandé par Jules, ainsi que Marcel d'Ancyre et Asclépas de Gaze, également poursuivis par la faction. Les Eusébiens y furent convoqués eux-mêmes pour soutenir leurs griefs; mais, au lieu de s'y rendre, ils se réunirent à l'occasion de la dédicace de la grande église d'Antioche (341) et tinrent un concile en cette ville. Ils y dressèrent plusieurs canons, dont le quatrième déclarait déposé pour toujours tout évêque qui, ayant été déposé par un conçue, aurait repris ses fonctions sans avoir été absous par un autre concile, et le douzième, qui défendait de recourir à l'empereur. Ces deux célèbres canons étaient dirigés contre saint Athanase par les Ariens, qui osèrent s'en prévaloir en leur donnant une force rétroactive*. Les évêques catholiques, en majorité dans le concile, concoururent aux règlements de discipline ; mais ils ne prirent aucune part à tout ce que les Eusébiens y tramèrent contre le saint évêque, et encore moins aux quatre professions de foi semi-ariennes qu'ils y dressèrent avec mille circonlocutions pour éviter le camtAsiantiel de Nicée. Os

I . Sur Busèbe et let écrits, Toir TUUm. , t. VU. — Noël Alex., 4* sbc , cap. n, art. 5, p. S74. —Les grandes biographies. Voy. notre /nlroi«c<tofi, sect. lil, p. 137. — La meiUeure édition de son Histoire êCcUsiaatiqw est celle de Vtlotf avec ses notes, Paris ; Tédition de Gambridga Ta augmentée.

S. Sur ce concile et ces. canons d'Antioche et la eontroTcrse qu'ils ont «ouïe- Tée, Toir Mansi, t. H, col. 1306. — Lab., t. II; Tillem., t. VI, Àritnty uU 30; t. vm, saim Athan,, art. 35. ~ Ballerini, opp. D. Leonis, de Àntiqvie colM't U III, part. I, cap. iv, n. 7. — Noël Alei., 4* s«c., dissert. XXVI, a^rec la note de Mansi — Schebtrate, AtUiq.^ part. II, disMrt. n.

Page 1