MOUVEMENTS DES ARIENS
envoyèrent la quatrième à l'empereur d'Occident et une lettre d'insolentes excuses au pape Jules, qui terminait alors son propre concile. Les trois évéques, et notamment saint Athanase, y avaient été justifiés^ absous et rétablis.
â. Cet acte du pape devait exaspérer les Ëusébiens. Aussi ils lui écrivirent une lettre pleine d'arrogance et de menaces. De son côté, Jules leur répondit avec la fermeté d'un supérieur et la bonté d'un père. Il insiste sur ce qu'ils ont enfreint les canons, la règle ecclésiastique et apostolique, en jugeant comme ils avaient fait, sans lui en avoir écrit auparavant : Cur igitur et in primis de Alexandrina civitate nikil nobis scribere voluistis ? An ignari estis hanc eansuetudinem esse, ut primum nobts scribatur^ ut hinc quod justum est definiripasset^'i Ainsi, ni les Orientaux irrités ne prononcent le mot d'usurpation de pouvoir dans leurs reproches au pape, ni le pape n'hésite à invoquer contre eux la règle traditionnelle, ancienne et apostolique, qui les obligerait à soumettre leur jugement au sien. Ce seul fait ne démontre-t-il pas avec une double évidence que le droit d'appel à l'évêque de Rome était dès lors ancien et regardé comme un droit d'institution apostolique ?
Sur ces entrefaites, le chef le plus audacieux et le plus dangereux du parti arien, le trop fameux Ëusèbe de Nicomédie, mourut (331). Les Catholiques espérèrent un instant revoir paisible sur le siège de Constantinople saint Paul, leur vrai pasteur; mais l'intrigue et la violence des Ariens prévalurent encore ; et un nouvel intrus, le prêtre Macédonius, fut installé. Les Ëusébiens repoussèrent également tous les autres évéques rétablis par le pape, et, comme pour se justifier, ils envoyèrent aux Occidentaux, réunis à Milan, une nouvelle profession de foi plus délayée encore et plus tortueuse que les autres. Les Occidentaux 8e contentèrent de répondre qu'ils s*en tenaient à la foi de