‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 241 sur 329 · XES AUDIENS. PERSECUTION EN PERSE · texte numérisé non relu

XES AUDIENS. PERSECUTION EN PERSE

versel. Il y eut d'innombrables victimes, surtout parmi le clergé, les moines, les ascètes et les vierges, et peu d'apostats. On voit par cette énumération que le Christianisme était florissant en Perse, et que, parmi les Barbares comitie. parmi les Romains, l'Église, toujours la même, savait élever tous les peuples au niveau de la civilisation ^ — Cependant la guerre se poursuivait, et Nisibe, le boulevard de l'empire, fut sauvé par les prières de saint Jacques, son évéque. Grâce aux soucis que cette guerre donnait à Constance et aux menaces de son frère, le protecteur couronné des Ariens se vit forcé de laisser saint Athanase et les autres évêques absous rentrer dans leurs églises. Mais la joie des Catholiques fut courte : l'empereur Constant fut tué l'année suivante (350) par le tyran Magnence, qui prit la pourpre dans les Gaules. Constance accourut pour venger son frère et recueillir son héritage. Le tyran perdit la bataille de Murse, si funeste à l'empire, et n'échappa au vainqueur l'année suivante qu'en se tuant à Lyon ^ (353). Cette révolution mit Constance en possession de l'Occident, et livra l'Église, sans aucun appui humain, à la plus violente comme à la plus dangereuse des épreuves.

1. Les Ariens, voyant tout l'empire entre les mains de Constance, ne mirent plus de bornes k leurs entreprises ni à leurs espérances. Saint Athanase devait être leur grande victime, et, dans l'espoir que sa condamnation entraînerait la ruine de la foi de Nicée, qui semblait personnifiée en

1. Sur cette pertécution, voir Sozomène, lib. II. «- Tillemont, t. VII, Saint Siméon de Perte et saint Àcepeime.

2. Voy. Tillemont, £mp., t. IV, et le Beau, Hiet, du Bas-Empire, t. Il, Ht. VII.

430 tÈCON LI. LIBÈRE. AN 352.35».

lui, ils résolurent dé la fâii'c souscrire à tout prix âîix évéques d'Obcident. Mais il fellait avant tout ruiner les décrets du concile de Sardique, et ce fut dahs te dessein que, s'étant assemblés à Sirmium (352), ils cottdattifiêrettt de nouveau l^hotin, en lui assimilant Marcel d'Ancyre, soii ancien évêque, que les Pères de SardiqUe avaient absbuS. A fcette procédure perfide les Eusébiens ajoutèrent Uttô nouvelle formule, la première de Sirmium, suivie de tîngt* sept ahftthèmes, le tout délayé à leur manière, et assei habilement pbur avoir été interprété bénignement par MM Hilaire, lorsqu'il n'était pas encore au courant de IfeurS subterftiges. t^ar exemple, ils y eondatnnaient ceux qui disaient que le Fils est du néant ou d'une autre ^ubstèittce, et fton de Dieu ; ou qu'il y avait un temps où il n'était pas *. — * En cette même année, le pape saint Jules mourut après un pontificat de quinze années consacrées à la déPônâe généreuse de la fbl de Nicée et du clergé orthodote. Il eut pour successeur Libère, qui ne consentit qu'avec peine à son élection. ^^ La mort de Maghence acheva le triomphe des Ariens, qui purent agir dès lors en toute liberté.

2. Leur premier acte ftit le concile d'Arles (353), dan» lequel les évêques se virent contraints, sous peine d'exil, de signer la condamnation de saint Athanase, auquel ils joignaient Photin et Marcel d'Ancyre. Excepté saint Paulin de Trêves, qui fut relégué en PhrVgiê, tous, même le légat du pape, Vincent de Capoue, cédèrent sur ce point, tout en continuant de détester les doctrines ariennes. Libère déplora hautement la faiblesse de son légat^ et obtint enfin un concile en Italie. Il s'assembla à Milan (355), et les évêques d'Occident s'y trouvèrent en grand nombre* Mais ce fut en vain : il n'y eut ni liberté ni discussion. La volonté de l'empereur fut la seule qU on y suivit. Quod ego volo pro canone sit^i osa-t-il dire lui-même, et en conséquence les

1 . Vot. le 1*' ajft. de lettfs anathèmcs, apud b. Èilat., de l^mÛiSj n. H,

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