INFAILLIBILITÉ DE L'ÉGLISE
exilés, furent exaltés, au contraire, comme confesseurs de la foi, et reçus plus tard en triomphe dans toutes les églises. Est-il possible de ne pas se méprendre et de ne pas reconnaître de suite où se trouvait le véritable enseignement de rÉglise et sa doctrine?
Il y a plus, et loin de trouver ici matière à une objection, jamais peut-être la doctrine catholique ne s'est montrée avec des marques plus éclatantes de vérité que la foi de Nicée dans l'Église à l'époque dont nous parlons. Jamais, en effet, les Ariens n'avaient été si variables, si divisés entre eux, si violents; et jamais la foi de Nicée ne parut plus une, plus ferme, plus majestueuse, c'est-à-dire plus vénérable, plus apostolique et plus divine. Nous demanderions aussi volontiers à nosrationalistes s'ils reconnaissent bien, dans cette foi qui fit tant de confesseurs et même de martyrs, les caractères d'un dogme nouveau élaboré durant trois siècles pour recevoir son dernier complément à Nicée ' .
5, Pour achever l'histoire de ces mouvements de TArianisme, nous suivrons l'empereur Constance à Aiitioche, où, dans un dernier conciliabule (361), les Anoméens triomphants déclarèrent enfin, par une nouvelle et dernière formule, le Fils dissemblable au Père, même pour la volonté. — Cette année fut aussi la dernière de Constance. Étant tombé malade lorsqu'il marchait contre Julien, il se
I . Sur le concile de Rimini et sur la contrOTerse à laquelle il a donné matière, Toir le chanoine Corgne, Disaert, sur le concile de Rimini^ très-bonne, sauf quelques exagérations; — Noël Alex., 4« Obc,, dissert. XV et XXXin, avec les Notes de Mansi ; — le P. Thomassin, dissert. V, in Synod, Arimin, Ces auteurs et tous les critiques catholiques soutiennent l'orthodoxie des Pères de Rimini, et à plus forte raison rinfaillibilité de TÉglise. Les Protestants et les Jansénistes attaquen^ ordinairement cette orthodoxie, et concluent, les Protestants^ à la failiibiiité de l'église, et les Jansénistes à son obscurcissement , ce qui revient au même. On peut iroir^ entre autres, Vabbé Dinouart, dans son édition de Macquer, Abrégé chron. de VHist, ecclésiMi,, t. I, p. 263. — Tillemont a gardé le silence. Quelques passages seulement^ où il exagère le triomphe de l'Arianisme, sont écrits sous la même influence. — Il y a matière ici à une bonne et importante dissertation contre tous les ennemis de l'infaillibilité de Ttiglise.
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lit baptiser par Ëuzoius, Tun des plus i× amis d'Arius, qu'il avait fait mettre sur le siège d'Antioche, et mourut ainsi dans les bras des Ariens. — Il serait difticile de trouver un prince plus méprisable que Constance^ et un règne plus déplorable que le sien pour TÉgUse.
LEÇON LÏU.
1 . A la mort du grand Constantin, ses frères et neveUK avaient été cruellement massacrés par les soldats^ à Yexception de deux neveux, Gallus et son frère Julien, enocfre enfant. Le césar Gallus périt plus tard (354), après avoir gouverné trois ans l'Orient ^. Pour JulleUj il passa ses premières années dans l'étude et l'isolement. Il goûta les leçons et les flatteries de plusieurs philosophes néo-platoniciens, surtout de Maxime d'Éphèse et de Puisque, fit quelque séjour à Athènes et fui envoyé par Constance dans les Gaules avec le titre de césar. Julien se montra bon capitaine, équitable dans son administration; appliqué et réglé dans son intérieur. Proclamé auguste par ses soldats, il se vit bientôt le maître de Tempire par la mort de Gons^ tance (361), arrivée au moment où les deux augustes allaient s'en disputer la possession leë 8l*mes à la maiti. Dès qu'il n'eut plus rien à ménager, Julien se déclara ouvertement contre le Christianisme^ que déjà il avait depuis longtemps abjuré dans son cœilr. Entouré dés phildsophes et dds m^lgiciens qui retnpiissaient son |)alais, le nouvel empereur n'eut plus qu'une chose à cœur : la mine de la religion chrétienne et le t'établissement du Pstganismé. Il
t. Sur Julien l'Apost&t et •On rèfne, après le! Andiens Pftres tes cofitempo* rains, saint Grégoire de Naxîanie et saint Basilfe, Ses eoodiieipleë i Âttièties, «te., voir Tillemont, t. VII, et Etnp.i t. IV. -^ Nos historlëits étendi») Briteker, de Secta eclecticat § 23. ^~ Mosheim, Hisi, eccltêi^ 4^ sœ6i^ c|8i lé pellit $n» une juste sévérité, — M. Prat, Ui$l. dt VÉclectimei t. Il, p. 138^ el««
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rappela les évêques exilés, dans Tespoir que leur présence serait le signal de nouvelles dissensions dans TÉglise. Il révoqua toutes les immunités du clergé et des églises, supprima les distributions faites aux vierges et atix veuves, ruina les églises de mille manières, et obligea les Chrétiens à réparer tous les dommages causés à l'ancien culte. Tandis qull réservait tous les emplois et toutes les faVeats aux païens, julien cherchait à déverser tous lei gâtirès de mépris et d'abjection sur les Chrétiens. Il leur interdit les écoles et renseignement des lettres humaines, des anciehs poètes et même de la médecine, joignant toujours le sat*« casme à la plus insultante oppression; Les livres dg Matthieu, de Luc, etc., doivent leur suffire, disait-il; et s'il les dépouillait de leurs biens, c'était, disait'-il encore, pour leur faire pratiquer la pauvreté évangélique. Pour leur eiilever la gloire du martyre, il ne faisait mourir aucun Chrétien que sous quelque prétexte étranger à la religion; mais sa politique laissait le plus souvent h Ses gouverneurs le soin et l'odieux de ces sortes d'exécutions, et, en encourageant par l'impunité et même par son approbation for* melle tous les excès des païens contre les Chrétiens, il fit revivre en beaucoup d'endroits les plus cruels souvenirs des persécutions passées. Nous ne citerons, parmi les plus illustres victimes connues, que saint Jean et saii# Paul, décapités à Rome, et dont les noms sont insérés dans le canon de la Messe^ et, en Orient, saint Basile, pt*être d'Ancyre. telle fut la guerre perfide que Julien déclara au Christianisme.
2, Rien n'égalait d'autre part le zèlô avec lequel Julien travaillait à relever le Paganisme de ses ruines. Il prêchait partout, de parole et d'exemple, le culte des dieux; il rétablissait leurs temples et ne craipait pas d'y faire luimême l'office de prêtre et de sacrificateur. Trop habile pour changer le culte populaire, il laissait le Paganisme néo-platonicien pour les philosophes et les magiciens qui l'entouraient. Ce que Julien voulut surtout, et ce qu'on n'a