LEÇON LUI. LIBERE. AN
pas assez remarqué, fut de reconstruire une société païenne avec les institutions mêmes de l'Église. Il s humilia jusqu'à recommander à ses pontifes d'imiter ces Galiléem si méprisables à ses yeux, et de reproduire dans la réorganisation de la religion, comme dans la conduite de la vie, leurs mœurs, leurs lois et leurs établissements. Il signale, entre autres détails, la charité des Chrétiens, leur soin des pauvres, des voyageurs, des malades et des morts, leurs hospices et hôpitaux, la fuite des spectacles et des cabarets pour les prêtres, ainsi que le renoncement à toute profession ignoble, la bonne tenue des temples et l'usage des lettres testimoniales, les prières, lectures et exhortations publiques, les œuvres de pénitence pour ceux qui auraient commis des fautes; enfin l'érection de monastères d'hommes et de femmes pour ceux qui voudraient s'élever à une plus haute contemplation^. — C'était ainsi que Julien, voulant donner au système néo-platonicien un complément religieux plus sérieux que n'avait pu faire Jamblique au commencement du siècle, prétendait refaire le Paganisme sur le modèle de l'Église. Et il ne réussit en effet qu'à rendre à l'Église et aux Chrétiens déjà dégénérés du quatrième siècle un témoignage d'autant plus glorieux qu'il était plus forcé. — Nous disons Y Église; car Julien, ^ue sa haine poussait contre le Christianisme, n'attaquait en effet que le Catholicisme. Il traita en amis Aétius et Photin, et accueillit favorablement toutes les demandes des Donatistes. C'était donc le Catholicisme qu'il haïssait, qu'il voulait imiter et ruiner; disons mieux, c'était dans le Catholicisme seul qu'il voyait le vrai Christianisme, lo rival et le vainqueur du Paganisme.
3. Ce n'était pas assez pour Julien de faire la guerre aux Chrétiens en tyran, il voulut encore les combattre en so-
1 . Voy. ces détails curieux dans la LiiWé de Julien à Àrsace, rapportée par Sozomène, lib. V, cap, i«, et dans saint Grég. de Nazianie, Orat, 3, inhir lionum.