‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 261 sur 329 · Voy. Merenda^ Proleg. M Daffios., cap. ii, n · texte numérisé non relu

Voy. Merenda^ Proleg. M Daffios., cap. ii, n

8. Sur saint Damase, Iroir Tiliem., t. VUl; -» Mans), t. Ut; — Surtout Mierenda, qui a donné la mSlleure édition de sei épitres et poésies^ précédée de sa* vanta prolégomènes. Voy. le t. XUI, Patr. lat, de M. Uigue.

4. D. touttée a donné la meilleure édition de ses écrits (LUI, 3).

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tenir une église à Milan pour sa secte, et échoua avec toute sa puissance contre la fermeté de saint Ambroise. Déjà, sous Gratien, le grand évoque avait réfuté Symmaque et empêché le rétablissement de l'autel de la Victoire dans le sénat. Cependant Tingrate Justine fut obligée de fuir ellemême avec son fils devant Maxime. Théodose, dont elle implora le secours, défit l'usurpateur, qui fut tué dans Aquilée (388), et rétablit Valentinien. Maître de fait en Occident, Théodose ne fit servir son autorité qu'à la destruction de l'idolâtrie et de ses honteux monuments, surtout dans la ville de Rome. Déjà Gratien était rentré dans cette voie ouverte par Constantin : uhe dernière crise commençait donc pour le Paganisme. Mais tandis qu'on le chassait de ses temples, il tenta de s'établir dans les mœurs chrétiennes par le sensualisme.

5. Pour apprécier ce nouveau mouvement, reportonsnous à la victoire de Constantin. Elle donna aux Chrétiens la liberté; mais avec elle, l'esprit séculier pénétra dans la société chrétienne et y transporta des habitudes mondaines, c'est-à-dire ce qu'il y avait à! honnête et de modéré, dans le sensualisme païen. Les Chrétiens, encore remplis de Tesprit primitif, ne cessaient de combattre cette grave altération des mœurs, qui ne pouvait que s'affermir et s'étendre avec le temps et les passions, lorsque, vers la fin de ce siècle, des sectaires osèrent élever la voix pour la justifier. — Helvide, disciple d'Auxence, évêque arien de Milan et simple laïque, dogmatisa le premier en ce sens. Il enseigna que Marie, après l'enfantement du Sauveur, avait cessé d'être vierge, et que le mariage était un état aussi parfait que la virginité. Saint Jérôme le réfuta vigoureusement, sous les yeux du pape saint Damase, vers l'an 382. Quelques années plus tard, un moine de Milan, nommé Jovinien, compléta le système d'Helvide, disant que le baptême reçu avec une pleine foi rendait invincible contre le démon; qu'il n'y avait pas plus de mérite à s'abstenir qu'à manger de la viande, à jeûner qu'à ne pas jeûner; que dans

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le ciel il n'y avait qu'une récompense égale pour tous, ce qui supposait l'égalité de mérite dans les actions, et emportait l'égalité des péchés. Tel fut le système sensualiste de l'épicurien chrétien ; il renversait, avec l'esprit de l'Église et le principe fondamental de toute la vie chrétienne, qui est l'abnégation personnelle, la notion même du progrès et de la perfection. — Il est à remarquer que ces hérétiques, de même que l'évêque Bonoze, condamné dans h concile de Capoue (389), et généralement tous les défenseurs du sensualisme, combattirent alors la virginité perpétuelle de Marie, dans laquelle ils voyaient la consécration même du principe de la continence. — L'écrit de Jovinien, dénoncé à Rome, fut condamné par le pape saint Sirice et réfuté par saint Ambroise. Saint Jérôme le combattit aussi, et eut besoin de justifier ensuite quelques expressions exagérées par lesquelles, contre sa pensée, il semblait condamner le mariage. Plusieurs néanmoins continuaient de penser qu'on ne pouvait, sans déprimer le mariage, réfuter lovinien. Ce fut pour détruire ce préjugé et présenter la doctrine catholique dans son vrai jour, que saint Augustin composa ses Traités du Bien conjugal, de la sainte Virginité et du Bien de la viduité. — L'invasion du sensualisme explique, du reste, les nombreux Traités que les Pères de cette époque firent sur cette matière de la continence.

6- Le jeune Valentinien ne jouit que quatre ans de son rétablissement. Il avait destitué le comte Arbogaste et secoué le joug de ce ministre trop puissant; ce fut après cet acte que le malheureux prmce fut trouvé étranglé dans son palais (392). Arbogaste, que l'opinion accusait, n'osa prendre la pourpre; il en revêtit le rhéteur Eugène, qui périt avec lui après la victoire miraculeuse que Théodose remporta sur l'un et l'autre (394). Ce grand prince mourut lui-même Tannée suivante, laissant l'empire à ses deux ^^K VOccident à Honorius et l'Orient h Arcadius. — L'histoire reproche à Théodose le massacre de Thessalonique, qu'aucune raison d'État ne peut excuser. Mais s'il fut assez

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faible pour commettre une telle faute, il eut l'âme assez grande pour la réparer en acceptant humblement là pénitence publique que saint Ambroise lui imposa. Une des coiiditions du pardon, "et Tun des fruits de sa pénitence, fut la loi qui suspendait les exécutions à mort pendant tfente jours. « Belle et admirable loi qui donnait le temps « à la colère dé mourir él à la pitié de naître*. » Bu reste, toute la vie de Théodose montre en lui beaucoup de piété, de bfaroUre, de modération, d'habileté et de justice, c'està-dire un ensemble de veMus qui se tempéraient Tune 1 autre, et qui lui méritèrent le surtlotn de Grand, que plusieurs ne recOilnaisséîît pas assez aujourd'hui".

7. Saint Ambroise survécut près de trois ans à Théodose, devant lequel il avait paru si grand lui-même, étant mort en 397. Il fut le père et le cohselller des empereurs, et se trouva mêlé à tous les événements de l'Église et de l'empiré en Occident. Il écrivit beaucoup sur des sujetè moraux, et quelques traités dogmatiques contre leô Ariens et les Macédoniens. Son style rachète le défaut de fermeté par la douceur et la clarté. Saint Ambroise composa aussi des hymnes, dont douze seulement sont authentiqués '. — Saint Martin mourut étl la même année tjue saint Ambroise, après avoir rappelé dbbatit sa longue carrière les vertus et les miracles defe apôtfés. Sa vie fut é6Hte dès sOn vivant par saint Sulpice Sévèfë, et mise en vers pa^ Paulin de PérigueUx et FdrtUnât; saint Grégoihe de f oUt^s fit l'histoire de ses miracles.

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