LEÇON LVII
1 . Saint Augustin avait quitté Garthage pour se rendre à Rome dès Tan 383. De Rome il vint à Milan, toujours pour professer la rhétorique. Ce fut dans cette ville que, touché du bon accueil que lui fit saint Ambroise, et éclairé par ses discours et ses entretiens, Augustin céda enfin aux larmes de son incomparable mère et à la grâce qui le poursuivait. Il reçut le baptême de la main de saint Ambroise (387), puis s'embarqua à Ostie et vint se fixer avec ses plus intimes amis dans une campagne près de Tagaste, où ils menèrent la vie monastique (388). Trois années de solitude le préparèrent au sacerdoce, qu'il fuyait et qu'il fut contraint de recevoir à Hippone des mains du saint évêque Valère (391). Le nouveau prêtre fut chargé de prêcher devant le peuple, contrairement à l'usage des églises d'Afrique, et il le fit avec des succès éclatants. Sa réputation s'étendit, et le vieux Valère, craignant de se voir enlever un homme si éminent, le fit sacrer évêque et l'attacha à son église en qualité de son coadjuteur (395). Élevé à cette redoutable dignité, saint Augustin se traça un plan de conduite admirable : il continua la vie monastique avec ses clercs dans la maison épiscopale; il ne recevait même aucun sujet dans son clergé qu'à la condition de n'avoir rien en propre. Sa table était frugale, servie en légumes, auxquels il ajoutait de la viande pour les étrangers et du vin pour tous. Enfin, dans ses habits et tout son extérieur, il tenait le milieu, médium tenebat, dit son biographe Possidius, s' éloignant également de tous les extrêmes et fuyant toute affectation^.