ÉTAT MONASTIQUE
professions nécessaires et non dissipantes, les devoirs du supérieur et du sous-supérieur, la désobéissance aux prescriptions de Tautorité, la soumission de son jugement en obéissant, le conseil formé des principaux directeurs, etc. *.
Tel était le mouvement monastique durant le quatrième siècle en Orient. On peut dire que ce fut sa plus belle période. L'Occident, au contraire, n'avait encore que de faibles commencements. Saint Âthanase fit naître h Rome» d'où il se répandit dans tout l'Occident, le goût de la vie monastique, par la vie de saint Antoine, qu'il avait écrite lui-même et qui fut bientôt connue' partout, et aussi par toutes les choses qu'il eut occasion de raconter des solitaires et des monastères de l'Egypte. Saint Eusèbe de Veroeil, exilé jusque dans la haute Thébaïde, rapporta dd l'Orient lui-même la manière de vivre des moines et de» communautés qu'il avait visitées, et établit sur ce modèle la vie monastique dans son église. Saint Ambroise fonda uff monastère près de Milan. Les îles de la mer d'Italie se peuplèrent surtout et rapidement de solitaires et de communautés. Saint Augustin fonda plusieurs monastères en Afrique. Enfin dans les Gaules, où saint Athanase fut exilé par Constantin avant son voyage à Rome, on voit des solitaires avec la vie de saint Antoine, vers la moitié du quatrième siècle, et des monastères élevés par saint Martin, près de Poitiers, le premier, et près de Tours celui de Harmoutier (371). — Ce furent là les préludes de la vie monastique en Occident. Nous en verrons bientôt les rapides accroissements dans le siècle suivant '.
1. Toy. D. BasUii Regulx fwm tractatsef InterrogtUoii) 8, iO, 13, 96, 3S, 34, 37, 38, 43, 45, 47, 48, 54, etc.
2. Sur la vie monastique au quatrième siècle, Yoir Joan. Cassiani, de ïnstitutione cœnobior.; Collationes, edit. Gaxei, t. XLIX Pair, latin, de M. Migne; — Pailadii, Historia lauiiaca; <- Theodoreti, Hûtoria religiOM} — Duguet, di^i* sert. UCYI, § 2; — 0. Bulteau, ffist, mon, d'Orient , Origines du Christian.^ par Dœinnger, traduit par M. L. Bore, t. U. Voy. Leçon XXXVI, 7.
493 LEÇON LX. ilM! DE L'tOUBK AU QUATRIÈME SIECLE.
4 . 5* Lutte contre le Paganisme et la philosophie païenne, — Il n'y eut pas lutte proprement dite au quatrième siècle contre le polythéisme. Le Christianisme avait vaincu en lassant ses bourreaux; il triomphait avec Constantin, et il n'eut plus dès lors qu'à régler l'usage de sa victoire. Le fit-il avec sagesse et tolérance? Des esprits superficiels ou à préjugés le nient et ne veulent voir dans cette révolution qu'un changement de rôle : le Paganisme opprimé à son tour, et les Chrétiens persécuteurs. — Écoulons maintenant l'histoire et examinons. Constantin donna d'abord la liberté de conscience, puis il prohiba certains sacrifices et fit démolir quelques temples. Jovien et Valentinien firent de même après le règne de Julien, et ce ne fut que sous Gratien, Théodose et ses fils, que les monuments de l'ancien culte furent entièrement proscrits. Or cette manière de procéder était sage et modérée : 1^ Il n'y eut pas une seule violence exercée contre un seul païen pour le rendre chrétien et le forcer à un acte quelcoiftjue de christianisme. Était-ce ainsi que le Paganisme avait traité les Chrétiens? Et encore les lois prohibitives n'étaient point exécutées rigoureusement; on ne cite pas d'exemple d'une seule sentence de mort pour un acte d'idolâtrie. — 2« Est-ce bien sérieusement que l'on taxe d'intolérance et d'oppression les mesures prises pour désabuser les peuples et leur ouvrir les yeux sur les absurdités grossières du Paganisme, sur les supercheries et trop souvent sur les abominations qui s'y commettaient? — Les esprits éclairés et d'un peu de sçns, parmi les païens eux-mêmes, se moquaient du vieux culte, de ses fables et de ses dieux. Il n^ restait donc que le pauvre peuple abusé grossièrement et trompé de toutes parts; le pouvoir le prit en pitié; il 1^ désabusa en mettant à découvert les objets de ses puériles terreurs, ou de sa vénération plus puérile encore. C'est