‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 277 sur 329 · DROITS DE L'ÉGLISE SDR LES DISSIDENTS. INSTIT. SOC · texte numérisé non relu

DROITS DE L'ÉGLISE SDR LES DISSIDENTS. INSTIT. SOC

gustin changea d'avis, touché qu'il fut de Texemple de ses collègues, et surtout des bons résultats obtenus par les ordonnances impériales contre les Donatistes ^

Ces observations, qui^ s'appliquent non-seulement au quatrième siècle, où commence leur application, mais encore à toutes les époques de l'histoire de l'Église, nous semblent propres à expliquer la différence des procédés mis en œuvre pour rappeler les dissidents au sein de la véritable Église et h la foi apostolique, dans tous les temps, et sous l'influence de mille circonstances diverses. — Elles s'appliquent non-seulement aux hérétiques, mais encore aux schismatiques, sur lesquels il ne nous reste rien de particulier à dire *.

4. Institutions sociales. — Le Christianisme, durant les trois premiers siècles, n'avait agi sur la société romaine que par des influences morales, comme par voie de rayonnement. La vie céleste des Chrétiens, leurs mœurs pures et austères, leur désintéressement, leur charité, leur courage surhumain, que trois siècles de persécutions sanglantes n'avaient pu abattre, leur doctrine et leurs maximes, enfin leur discipline admirable : tout cet ensemble avait fait une impression profonde sur l'opinion, et préparé la révolution sociale qui s'accomplit au quatrièmesiècle. Pour la rendre tout h la fois prompte, sûre et pacifique, l'Église fit deux

auetore prœruperAt, sed confirmftta, latius propagata est. -> Sulp. Sev., Hiêt., lib. II, cap. u.

1 . D. Aug., ibid. Voir toute cette Lettre 93, et passim dans ses lettres à d'autres Donatistes et dans ses écrits contre ces schismatiques^ surtout contra Parmen. et Pelilian.

2. Sur cette question de la tolérance à l'égard des sectes dissidentes, que nous n'ayons à envisager ici que sous le point de vue historique, on doit lire les premières pages surtout de l'écrit si important de Mgr Parisis, évéque d'Arras : Cas de conscience à propos des libertés. On y trouvera la question de là liberté des cultes considérée dans ses rapports avec l'état actuel de la société. Cette nouirelle justification de l'Église à l'égard des hérétiques et des schismatiques fournit ia matière d'une nouToUe dissertation importante contre les ennemis systématiques de l'église romaine. Voir surtout les lettres de saint Augustin et récrit de Mgr Pari&is.

4PR îjÉÇoi^ tt. ÉTAT î)l^ L'ÉGLISE ATT QUAttllÈME SIECLE.

choses par raclion de rjiutorité civile : 1° elle chercha à ruiner le Paganisme et à soustraire la société h ses influences pernicieuses, c'est-à-dire aux erreurs et superstitions et au sensualisme, qui avaient perdu l'ancienne société; 2*» elle inspira au pouvoir, devenu chrétien, son esprit de justice, de charité, de pureté et de piété. -- Nous avonç vu Constantin aller à cette double fin par ses actes et ses ordonnances, soud l'inspiration des évêques, et ses successeurs marcher fidèlement dans les mômes voies. Pour apprécier cette régénération dans toute son étendue, il faudrait mettre en face de la nouvelle législation qui s'élevait par rinspiration chrétienne, et sous la niain de l'Église, l'état de l'ancienne société, et notamment la misère et la dégradation de l'être faible et malheureux ^

Mais à cette nouvelle société il fallait de nouveaux élé* ments. L'esprit du Paganisme, ses habitudes de luxe et dé mollesse fayonnalent h leur tour sur la multitude des fidèles. Les Chrétiens primitift, hommes retrempés et vrai* ment renouvelés, qui eussent présenté des éléments heureux à une régénération sociale, ne se retrouvaient plus guère que dans les monastères, ou isolés dans les villes, apparaissant plus rares de jour en jour dans la masse des Chjétiens. Ils ne pouvaient donc plus suffire comme base au nouvel édifice social. La société moderne demandait d'autres peuples, de nouvelles masses, des hommes neufs, sails culture, mais préparés à la recevoir et disposés à se courber sous la main de l'Église. — Or ces hommes, là Providence qui veille sur le monde les tenait en réserve au delà des frontières romaines, sur presque tous les points. Et ces hommes étaient les Barbares, dont rhistoit*e devient, dès le siècle suivant, inséparable de l'histoire de l'Église et de la civilisation européenne.

I . Il faut Voir ee parallèle daitt VBi^Mré ûè lu neiêté rfomesti^, P*^ M. l'abbé Cautae, et dans «. Troplong, Dé ItnJiHêncé du ChrîHiÊhitmt iwfe droit civil des Romains,

LlïtÉftAtURÉ. 499

5. Littérature, -**• ' La révolution qui s'accomplit, au cpiatrième siècle, dans toutes les parties de l'ordre social, dans la législation comme dans la religion, ne se reproduisit pas en traits moins saillants dans les lettres sacrées et profanés, quoique moins directement ; elle eut comme son dernier reflet dans la littérature. Cette époque^ en effet, est marquée par la chute complète des lettres dans le Paganisme. Elles n'avaient plus le prestige des fables, et rien n'y suppléait, la philosophie moins que le reste. L'idée, la clarté, le naturel, le fond, la forme, tout était tombé. Les lettres chrétiennes, au contraire, triomphent avec le Christianisme. La pensée divine y apparaît dans toute sa splendeur : elle se répand sur l'expression et la transforme en une langue nouvelle. Cette expression néanmoins conserve le défaut de son origine, et porte le double cachet de la décadence païenne et de l'enfance théologique. En Occident, la langue chrétienne, dans l'idiome latin, est plus grave, comme le dogme qu'elle exprime avec prédilection ; mais chez les Pères grecs, qui sont plus moralistes, elle §*élève à la hauteur des mœurs primitives par toutes les richesses de l'éloquence et de la poésie.

Nous parlons ici surtout de la poésie de la pensée, car la poésie proprement dite et les poètes chrétiens du quatrième siècle se ressentirent plus sensiblement de la décadence des lettres. Saint Grégoire de Nazianze se fit remarquer, parmi les Grecs, et les deux ApoUinaires. Chez les Latins, saint Ambroise, saint Hilaire, le pape saint Damase, Juvénius, le premier en date, mais non en mérite poétique, enfin Prudence et saint Paulin. Les deux derniers sont véritablement poètes, surtout Prudence, par leur verve et

I. Sur la littérature cbrétienne du quatrième siècle, v<^ plus haut (XXIX, 7); '— Hist, des lettres latines awo qiMtrième et ôfnquième siècles^ par M. Col* lofflbel; — M. Tillemain, Soufisaux Mélange», de V Éloquence au quaitième êUclSt BOVTeUe édition; — Ampère^ HisL litiér» de la France, eh* ▼ et suiv. A de belles idées sur la littérature il en mêle de très-fausses «ur le Christianisme (XXI, 1).

leur fécondité. *Les sujets traités par nos poètes chrétiens étaient presque tous tirés de la religion; ils mettaient en vers quelques parties des saintes Écritures, la vie de Jésus- Christ; ils composaient des hymnes sacrés, et aimaient surtout célébrer la gloire des martyrs. Les poésies de Prudence renferment encore une foule de témoignages précieux sur les antiquités chrétiennes.

PROBLÈMES HISTORIQUES

]« Sur le concile d' Arles et le jugement de Constantin, p. 404;

2<> Sur Constantin, p. 406 y

3<> Sur le concile de Sardique et le droit d'appel, p. 427 }

A^ Sur saint Félix et sur le pape Libère, p. 436 ;

So Sur l'entreprise manquée de Julien pour le rétablissement da

temple de Jérusalem, p. 445 ; 6<* Sur le Symbole de saint Âthanase, p. 451 ; 1^ Sur l'appel de saint Chrysostome au pape Innocent, p. 477.

SOJETS DE DISSERTAnONS.

lo La fondation de Constantlnople, p. 417 ;

2^ La législation de Constantin, p. 421 ;

30 yinfailUbiiité de l'Église après le concile de Rimini, p. 441;

A^ JustiûcaUon de saint Ctirysostome, p. 477 ;

5^^ Justification de l'Église et même des empereurs chrétiens à 1'^

gard des païens, p. 493 ; 6<> Justification de l'Église à l'égard des hérétiques et des scbiâma- ^ tiques, p. 496.

1. Lorsque Jépus-Christ vint pour régénérer le monde, l'humanité se trouvait en quelque sorte divisée en deux branches principales et comme en deux grands peuples, savoir ; les Romains et les Barbares. La vieille société romaine n'offrait plus qu'une civilisation en décadence et se

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