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Le pape saint Zozime a-î-il approuvé l'erreur des PéJagiens, au moine sur h péché origineL
Pour Valfirmative : Bossuet, Defensio déclarai. — La plupart des adversaires de l'infaillibilité du pape. — Basnage, etc.
Pour la négative : Tous les ultramontains et plusieurs gallicans. On peut mettre CD première ligne seànt Augustin et Marius llercator, et Zozime lui-même, qui dit formellement qu'il n'avait point approuvé tout ce qui était dans la profession de foi de Célestius. Parmi les modernes, nous citerons : Baronius, SaccareHi, an 118 ; •—Noël Alex., i:œc. 5<*, dissert. UI; — le P. Garnier, in Mercatorem;'^ D. Constant, SS. PP. Epist., t. XX Patr. lot., col. 645, édit. Migne ; — Tanteur des Observations sur F/etiry, t. Il, p. 9Î ; — Palma, t. I, p. 163. — -Tillemont, t. XIII, S. Augustin^ art. 273 et suiv., tout en se tenant dans sa réserve ordinaire, a traité ce point d'tiistoire sous l'iufluence plut marquée du jansénisme.
JULIEN D'ÉCLANE. 513
premières ordonnances contFe ces hérétiques. Le parti de la résistance comptait dix-sept évoques, à la tête desquels se trouvait Julien, évêque d'ÉcIane. Ce nouveau chef était d'une illustre famille de Gampanie, alliée à celle de saint Paulin. Rien ne manquait à son éducation et à son instruction; et si nous ajoutons qu'à tant de qualités et d'avantages naturels Julien joignait une grande facilité de parler et d'écrire, et un caractère également souple et hardi, on s'expliquera facilement le rôle qu'il a joué à la tête d'une secte condamnée par les deux puissances. Son premier acte fut de repousser la constitution du pape Zozime et d'en appeler à un concile général , lui et les dix-sept évêques qu'il avait entraînés. Les appelants répandirent ensuite un corps de doctrine dans lequel, s'adressant à Zozime, ils pallient adroitement les erreurs pélagiennes, et calomnient la doctrine des Catholiques en l'assimilant à celle des Manichéens. îîs supposeui, en effet, que leurs adversaires tenaient la nature pour mauvaise, et le démon pour auteur du. mariage. Ce lut là le tour que Julien donna dès lors à sa polémique, pour rendre odieux les docteurs orthodoxes,
6. Les choses en étaient là lorsque le pape saint Zozime mourut {418), après un pontificat de moins de deux ans^ Son successeur légitime, le prêtre Boniface, vit s'élever contre son élection un parti qui lui opposa l'archidiacre Ëulalius, ce qui causa d'abord un grand trouble dans l'Église romaine, et n'eut pas toutefois de suite. Julien et les appelants, ranimés dans leurs espérances par le schisme, relevèrent la tête et ne gagnèrent qu'à se faire chasser de Rome par le nouveau pape, et de l'Italie par son successeur saint Célestin. Ils se retirèrent en Orient, où ils furent bien accueillis par Nestorius et Théodore de Mopsueste; ce dernier prit alors la plume et écrivit contre saint Jérôme
1. Sur saint Zozime, Toy. Tillem., t. X, p. 678 ; — Labbe et Manii; et t. JX, col. 638, Pair. Ia<., edit. Migne.
et saint Augustin. Vers l'an 420, Pelage, condamné de nouveau dans un concile, alla cacher sa honte et sa mort dans quelque solitude. On ignore également quels furent le lieu, le temps et le genre de mort de Célestius, et Ton croit que Julien mourut en Sicile, exerçant la profession de maître d'école. La secte tomba avec ses chefs et reçut le dernier coup au concile général d'£p1)èse (431)*
LEÇON LXIIL
i . L'affaire des Pélagiens ne fut pas la seule qui sollicita l'attention du pape saint Boniface. Celle du prêtre Appi^rius mérite surtout de nous arrêter un.instant. Il se fit dé^ poser deux fois en Afrique, et deux fois il se fit rétablir, par le pape saint Boniface d'abord, puis par saint Céle$tiii (423). Appiarius n'était cependant que trop coupable; il finit par avouer ses crimes et demeura déposé. Dans cette circonstance, les évêques d'Afrique adressèrent au pape saint Gélestin des plaintes respectueuses qui ne semblaient que trop autorisées par l'exemple malheureux d' Appiarius, et par un autre appel plus malheureux encore, celui d'Antoine, évêque de Fussalo, qui donna tant d'ennui à saint Augustin. lis supplient le pape de ne plu$ recevoir d'appel et de laisser les prêtres et Içs évêques ii leurs pre*miers juges. Ils s'appuient sur l'usage de l'Église d'Afrique, et on pourrait dire sur leur ignorance, puisqu'ils ue connaissaient pas les canons de Sardique. Toutefois ils n>c^ cusent pas le pape d'usurpation; ils inscrivent même au premier rétablissement d'Appiarius» eit certaiuement ils eussent agi et parlé autrement, blessés comme ils étaieut^ si le droit d'appel eût été un droH usurpé ^
i . Sur eelte affaire d'AppîjiriBi et ceU« d'A«toine de Fuswle, vqir SuccareUi, an 419, n. 14, et 423, n. 5, KVIII; — Palm*, U I, part. %, cap, xix et «0,et