‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 287 sur 329 · DERNIBRS TRAVAUX KT MORT DB S* AUGUSTIN · texte numérisé non relu

DERNIBRS TRAVAUX KT MORT DB S* AUGUSTIN

plus complet de théologie expositive; des Commentaires admirables sur une partie notable des saintes Écritures; grand nombre d'Honaélies ou Sermons, et une multitude de Lettres où il sç peint si bien sans y penser, et dont plusieurs foraoent des Traités eomplet^. lia lettre 211, à ses religieuses, est devenue la r^gle de saint Augustin, qui a été adoptée depuis par tant de saints instituts.

Les papes^ m plaçant saint Augustin parmi les plus excellents maîtres, inter magistrm optimo$ ^, ti cause de sa science imotônai^, et en vengeant sa doctrine contre ceux qui la calomniaient ou en abusaient sur l'article de la grâce,, ne Font pas déclaré pour cela infaillible. Nous devons donc dire de ce grand docteur, comme de tous les docteurs catholiques, que sa doctrine doit être jugée et corrigée où il peut en être besoin, sur la doctrine immuable de l'Eglise. £t n'eftt-^U pas frémi lui-même si quelqu'un l'eût entendu autrement de son vivant, lui qui a rempli deux livres entiers de ses fiétraetatims, et qui se traitait d'arrogant, s'il avait pu croire qu'il était arrivé à un âge avancé sans avoir écrit d'erreur, sine uUo errore seribendi^?^^ Ajoutons une dernière observation, que les circonstances rendent opportune. Saint Augustin a traité le premier les questions si difficiles, on plutôt si inextricables, de là grôoe et de la liberté, de leur accord et de la prédestination. Invariablement fixé sur ces quatre points qu'il a constamment admis avec l'enseignement traditionnel de TÉglise, il a éprouvé, et il le dit lui-même, une extrême difficulté pour en expliquer la conciliation dans Dieu comme xlans Thomme. Or cette difficulté devait passer comme elle a passé en eiîet dans ses ouvrages eux-mêmes. Les obscurités et les contradictions, au moins apparentes, y sont telles, que les plus habiles s'y trouvent embarrassés. Des écoles entières

i. Bpist. Gœle»t.,t6t(^.

2. LU). 4« Dono perfevtronê., cfp. ixt, q. 55, t* 11^ o»l. 143(1 : ?oir tovt ce numéro — Cf. le Diiciple pacifique de saint Aug., dîssert. prélimin., art. %; " RoQCBgUa, in Nat, i<«#.,fi«c. 50, «. V, p. Ut, ^iU Venet^

520 LÏÇON LXIII. SAINT CiLBSTiK. AK 430^487.

se sont formées autour de ces écrits du saint docteur pour les expliquer, chacune dans son sens. Devant ce fait, peut-on voir, sans être ému d'étonnement et de pitié, des hommes en assez grand nombre, on pourrait dire une école entière de rationalistes ^, qui, loin d'avoir les notions théologiques nécessaires, manquent souvent du sens chrétien et vulgaire de la doctrine catholique, s'emparer néanmoins des ouvrages de saint Augustin et prononcer hardiment qu'il est prédestinatien et fataliste*?

6. Lorsque saint Augustin mourut, sa malheureuse ville d'Hippone était assiégée par les Vandales, qui la prirent et la brûlèrent (430). Depuis deux ans, ces Barbares, passés d'Espagne en Afrique, ravageaient ces riches provinces, qu'ils couvrirent de ruines. Genséric, leur roi, arien comme ses sujets, commença dès lors contre les Catholiques la persécution qui devint plus violente en l'année 437. Il y eut plusieurs martyrs qui ne furent que des prémices*. — En Perse, les Chrétiens souffraient en ce même temps une persécution plus cruelle encore et non moins longue sous Isdegerde et Varane. Cette persécution fut la principale cause de la guerre que Théodose le Jeune déclara aux Perses (421), dans laquelle il eut l'avantage *.

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