‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 314 sur 329 · CONCILE DE LA PALME. ENNODIUS. SAINT AVIT · texte numérisé non relu

CONCILE DE LA PALME. ENNODIUS. SAINT AVIT

Attaquer le pape, dit-il encore, ce n'est pas attaquer un évêque, c'est faire chanceler Tépiscopat tout entier : Si papa Urbis vocatur in dubium, episcopatus jam videbitur^ non episcopus vacillare ^. Il se rassure cependant en voyant les évoques du concile romain se déclarer incompétents comme juges, et réserver au tribunal même de Dieu la cause de Symmaque : Divino potit» servavit examini.

Dans un nouveau concile, saint Ennodius, alors diacre et depuis évêque de Pavie, lut un écrit contre les objections des schismatiques, lequel fut approuvé par tous les évêques. Or dans cet écrit il attribuait à Tévêque de Rome une sainteté, une réelle impeccabilité que tous les papes hériteraient de saint Pierre. Cette opinion, qui serait si absurde aujourd'hui, le paraissait moins alors, après une succession non interrompue de plus de cinquante papes saints et vénérés dans l'Église*. Mais ne pourrait-on pas dire que saint Ennodius, en ne prenant pas ses expressions à la lettre, n'a voulu parler surtout que d'une impeccabilité de droit et non de fait, laquelle rentrerait parfaitement dans la pensée des évêques d'Italie et des Gaules?— Quoi qu'il en soit, cet écrit, approuvé par un concile, et la letti*e de saint Avit nous donnent la mesure de l'opinion que l'on avait alors des papes et de leur autorité. On croyait cette autorité inviolable, supérieure à toute autre dans l'Église; ce qui ressort notamment de la conduite des évêques, qui n'eussent pas manqué, dans leur embarras, de renvoyer le pape Symmaque à ses véritables juges, s'ils lui en eussent reconnu sur la terre*.

I. On retrouve ici laint Gyprien, qui Yoit tous les éTèques formant un épiscopat im et indÎTiiible par leur union avec le centre romain de l'unité (XLI, 2).

î. Toy. Burius^ p. 333.

8. Voir les documents et les pièces qui appartiennent à cette affaire de Syra» inaqne dans Mansi^ t. VIII, col. 246 : on y trouve l'écrit d'Eonodius; <— labbe^ t. IT; — H. Palma, t. I, eh. in.

nMBLÈUM,

La éviqueê du condlé de Borne euteent-iU pu juger Upap$ Sfmmaqwm- «MTfM de Uwr prifpre auiwriié?

£.70 LKÇON LXX. SAINT STMMAQUE. AN 505-511.

2. Saint Avit de Vienne était alors le premier des évêques gaulois, moins par l'éminence de son siége^ dont les droits étaient contestés par les archevêques d'Arles, que par sa haute naissance et par sa science et ses vertus. Il parut .surtout dans la conférence que les évêques des États de Gondebaud, roi des Bourguignons, eurent à Lyon avec les évêques ariens (600). Le saint archevêque confondit Boniface, que le parti arien lui avait opposé^ persuada le roi Gondebaud, qui n'eut pas le courage de suivre sa conscience, et procura*en dernier résultat la conversion de plusieurs hérétiques*. — • Saint Rémi, qui avait été l'instigateur secret de cette conférence, méritait de plus en plus le titre d'apôtre des Francs, par le soin qu'il prenait de leur envoyer des évêques, des hommes apostoliques, pour achever leur conversion à la foi chrétienne '.

3. Tandis que la religion adoucissait les mœurs des Francs, le roi Alaric donnait à ses Visigoths le code des lois romaines avec quelques changements, qu'il tit examiner par les évêques d'abord, puis par les gouverneurs des provinces. Ce prince, menacé de la guerre par Clovis, ménageait les Catholiques, et permit aux évêques de tenir un concile à Agde (S06) sur la discipline*. Saint Césaire*, qui présidait ce concile, était de Chalon-sur-Saône. Après avoir professé la vie monastique et gouverné ui\ monastère

Pour Vaflitinattve : La&aoi, BfiH, ad» CL Santoii^m, U n'est probablement pas seul d« ion école, sans compter Mosheim et autres Protestantt*

Pour la négative : Le P. Noël Alex., sœc. é», dissert. Ij, t. VI, p. Ait, Toy. la Notôf de Roncaglia, p. 428, qui conclut dé todtè cette ftffalNi la supêrioritâ du pape sur le concile œcuménique. — La proposition du P. Alexandre est le senti* ment commun.

1. Voy. cette Conférence dans Mansî, t. VIII, col. 241 ; — tongueval, ïiv. Y, t. II, p. 212.

Page 1